Alors donc ce n'est pas une flamme olympique... Ce n'est pas une flamme olympique, non... C'est un mistigri... Michel Lépinay, dans Paris-Normandie, explique qu'en effet "on la refile aux voisins avec soulagement"... Et l'éditorialiste s'interroge sur "l'entêtement à vouloir à tout prix faire défiler la torche comme prévu"... Alors un seul mot pour qualifier le parcours parisien de la flamme olympique hier : "fiasco"... Le mot fait l'unanimité... Vous le retrouverez dans quasiment tous vos journaux... Il fait la Une par exemple du Parisien-Aujourd'hui en France, du Figaro, de Ouest-France ou de L'Est Républicain... Fiasco, confusion... "Paris éteint la flamme", titre L'Equipe... Combien de fois la flamme s'est-elle éteinte hier ?... Une chose est sûre : ce n'est pas en lisant la presse du jour que vous le saurez... 3 fois dans L'Equipe... "La flamme olympique s'éteint 4 fois à Paris", selon le Daily Telegraph... "La flamme olympique 3 fois éteinte", pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung... Mais au fond, peu importe... Bienvenue à Pékin-sur-Seine... Beaucoup de commentateurs comparent en effet Paris avec Pékin... Ainsi Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne : "On a eu le sentiment étrange que les officiels chinois étaient les seuls à diriger cette danse macabre autour de la flamme"... Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard a vu "les gardes du corps du comité d'organisation de Pékin imposer son extinction, ordonner la suppression des relais et les replis à l'intérieur du bus"... Pour l'éditorialiste, pas de doute : "La Chine a déjà confisqué ces Jeux aux athlètes... Le piège se referme"... "La police parisienne chasse le Tibétain pour Pékin"... C'est Libération, qui rapporte que "à Paris, les policiers ont multiplié les fouilles pour débusquer les porteurs de drapeau tibétain... ce drapeau interdit en Chine, où sa possession peut entraîner un an de prison"... Libé qui a croisé Jacques sur un trottoir... "C'est incroyable, dit-il : ils m'ont confisqué mon petit drapeau tibétain... Ce n'est quand même pas une arme, ce drapeau, non ?"... Alors vous le savez : 3.000 policiers étaient déployés sur le passage de la flamme hier dans la capitale française... "Combien a coûté ce déploiement de force ?", demande le député socialiste Jean-Louis Bianco dans France Soir... Réponse dans Le Figaro, qui a calculé, d'après les barèmes officiels, la facture du dispositif... "Cette journée mouvementée aura coûté plus de 400.000 euros"... Alors "Image choquante de ces sportifs portant le symbole protégés comme des chefs d'Etat... Vision effarante que ces arrestations à tour de bras... Symbole déroutant que ces drapeaux tibétains arrachés de la circulation"... François Marin, dans Le Midi Libre, continue : "Et pour finir, un Douillet, champion parmi les champions, portant la torche comme d'autres leur peine"... Des sportifs qui ont tout de même fait de la résistance... Dans L'Equipe, vous lirez : "15h30, le téléphone sonne à Pékin"... 15h30 à Pékin, 9h30 à Paris... Le téléphonne qui sonne, c'est celui d'Henri Sérandour, le président du Comité national olympique et sportif français... C'est son directeur de cabinet, resté à Paris, qui vient de recevoir un coup de fil de l'ambassadeur de Chine... Il refuse le badge des athlètes français... Mais L'Equipe rapporte que Sérandour tient bon... Il arrive à joindre Stéphane Diagana, sous la Tour Eiffel... Le premier relayeur de la flamme est sur le point de s'élancer... Il portera le badge quoi qu'il arrive... Et d'ailleurs, note le quotidien sportif, la grande majorité des relayeurs ont arboré le badge hier... Et ce ne fut pas sans mal... Là, c'est Le Parisien-Aujourd'hui en France qui raconte "l'ambiance surréaliste dans le bus des relayeurs"... un bus où Marie-Jo Perrec, Mary Pierce et la cinquantaine de sportifs choisis ont tenu tête aux Chinois, qui ne voulaient pas les voir porter le badge "Pour un monde meilleur"... Alors nos sportifs l'ont retiré pour descendre du car avec la torche, et le raccrocher aussitôt sortis... Faut-il se réjouir de ce que certains appellent "une mascarade" ?... Alors vous trouverez toutes les réponses possibles à cette question dans vos journaux... Pas sûr, pour Pierre Laurent dans L'Humanité... "Le passage de la flamme nous laisse un goût amer... parce que nous croyons tout autant à l'esprit des Jeux, que nous savons menacé, qu'au combat universel pour les droits de l'homme... Ne piétinons pas l'un pour faire avancer l'autre"... Oui, c'est tant mieux, pour Jacques Guyon, dans La Charente Libre... "C'est tant mieux qu'à Paris, où a été ravivé l'esprit olympique, à Paris, capitale autoproclamée des droits de l'homme, il en ait été ainsi"... avec toutefois cette question de l'éditorialiste : "Ce cri des coeurs est-il de nature à faire vaciller le moins du monde le pouvoir chinois ?"... "Au moins l'incroyable journée réussira-t-elle à faire que l'on n'attribue plus jamais les Jeux pour des raisons politiques et économiques", veut croire Daniel Ruiz, dans La Montagne... Dans Ouest-France, Joseph Limagne s'inquiète : "Désormais, tout risque d'aller de mal en pis sur le trajet de ce lumignon vacillant autour du monde... au point que les chefs d'Etat et de gouvernement ne pourront plus éluder la question de leur participation ou non à la cérémonie d'ouverture des Jeux, le 8 août"... Laurent Joffrin estime, lui, dans Libération, que "cette révolte parisienne montre qu'il n'y a plus qu'une seule issue pour le CIO : convaincre la Chine de faire un geste au Tibet, et plus largement dans tout le pays, en faveur des citoyens opprimés"... Au contraire, pour Yves Thréard, dans Le Figaro, "le régime de Pékin va se servir de ce tohu-bohu pour resserrer encore les fils de son impitoyable dictature"... Il aurait donc fallu "7 ans de réflexion pour que les citoyens des démocraties occidentales découvrent que, finalement, le déroulement des Jeux Olympiques à Pékin, c'est pas du joli-joli", commente Hedi Dahmani dans La Provence... Et il poursuit : "Nous étions partagés, hier, entre deux sentiments ambigus... celui de la fierté de voir porter haut l'étendard des droits de l'homme... et celui, plus étrange, de voir attaquer le symbole universel de l'olympisme par des citoyens engagés et responsables qui, chaque jour, davantage, s'habillent et consomment made in China"... Pour Jacques Gantié, dans Nice Matin, c'est là toute "la mesure du désordre dans lequel avancent les pays occidentaux... attachés aux grands principes, mais en posture de soumission économique à la Chine, parfois jusqu'à l'indécence"... Sur ce plan économique, vous lirez, dans Les Echos, que "les entreprises françaises en Chine sont inquiètes"... "C'est bien plus sérieux que ne le comprend l'Elysée", souffle un expert effrayé... Plus rassurant, dans La Croix, le point de vue d'un patron de PME, qui possède une filiale en Chine... Pour lui, les Chinois savent faire la part entre l'économique et le diplomatique... Et puis, explique Frédéric Grimaud, "les Chinois perdraient à des représailles économiques... Ils nous vendent plus qu'ils nous achètent"... Il faut toujours se souvenir que le client est roi... Et sinon dans la presse ce matin, que peut-on lire d'autre ?... Ce dossier du Monde... "Immigration, régularisations : une législation dans l'impasse"... Le quotidien explique que l'objectif des 25.000 expulsions annuelles de sans-papiers compromet l'intégration par le travail... "Ils ont tout pour être régularisés, mais..."... Avec le portrait de trois travailleurs, appréciés de leur employeur, et qui répondent aux critères de l'immigration choisie... Un Malien, un Mexicain, un Cambodgien... Et pourtant, note Le Monde, sur leur dossier, l'administration reste sourde... "En Iran, on vend son rein pour 3.000 euros"... La Croix est allé enquêter dans ce pays, où le commerce d'organes est organisé, et où les donneurs sont rémunérés... un pays où le don d'un rein par un Iranien à un étranger est interdit, pour ne pas engendrer un tourisme de transplantation... Un tourisme de transplantation qui, selon La Croix, semble diminuer à travers le monde, le Pakistan et la Chine ayant pris des mesures... "Paris occupé, Paris photographié"... Dans Libération, controverse autour des clichés d'André Zucca... des photos réalisées entre 1940 et 1944 par cet employé d'un magazine nazi... des photos exposées à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris... Et ce qui déclenche la polémique, c'est que ces images sont exposées sans contrepoint pédagogique... des images optimistes... où l'on flane sur les boulevards... où l'on bois un demi à la Madeleine... le Gai Paris de la Foire du Trône et des courses à Longchamps... Pas de photos de rafles, ni d'exécutions... Pas non plus de photos de la vie difficile, de files d'attentes devant les magasins... De quoi comprendre ce que veut dire le mot "propagande"...

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