"Un ami, c'est celui qui devine toujours quand on a besoin de lui"... C'est Jules Renard qui disait cela... Et c'est la citation du jour... Partout, ce matin, dans les journaux, des histoires d'amitié... D'abord dans la presse magazine... Dans le mensuel Enfant : paroles de tout-petits... "Margot, c'est ma copine, parce qu'on joue à chat, et parce qu'elle me donne des bonbons"... Signé Maureen, 4 ans... "Jasmine, c'est ma copine, parce qu'elle est sage en classe, et parce qu'elle a un beau cartable"... Signé Lucie, 6 ans... "Mon copain, c'est mon copain, parce qu'au foot il me choisit toujours pour jouer dans son équipe... Et puis il me protège, et puis il me défend"... Signé Nicolas, 8 ans... Vous sauriez, vous, Monsieur Besson, dire ce que c'est qu'un bon copain ? (...) Sur le sujet, il y a aussi un grand dossier dans Psychologies Magazine... qui nous apprend notamment "comment repérer et comment fuir des relations toxiques"... Et puis il y a une interview du sociologue et philosophe Gilles Lipovetsky, qui affirme que l'amitié donne plus que jamais le sentiment d'exister... Quant à Charles Pépin, dans Philosophie Magazine, lui nous explique comment reconnaître un véritable ami... Et voilà ce qu'il conseille : "Ne vous demandez pas : 'est-ce que je peux compter sur lui ?', mais plutôt : 'si je peux compter sur moi, n'est-ce pas en partie grâce à lui ?'"... En somme, demandez-vous si cette relation que vous avez avec lui est une relation qui vous rend meilleur... Et donc, si c'est le cas, c'est que c'est un véritable ami... Voilà pour la philosophie... Mais allons voir maintenant dans la pratique... avec d'abord tout plein de nouveaux amis pour Ségolène Royal... Tous les journaux reviennent en effet sur la déclaration de Ségolène Royal à Dakar... Elle a demandé pardon pour les propos de Nicolas Sarkozy sur "l'homme africain pas encore entré dans l'Histoire"... Une demande de pardon qui, comme le dit Le Figaro, "déclenche une nouvelle polémique"... François Fillon a invité l'ancienne candidate à la Présidentielle à "plus de retenue et de dignité"... Et d'autres voix, à droite, se sont élevées pour condamner, tel Jean-François Copé, fustigeant "une déclaration à la fois scandaleuse et écoeurante"... Mais au sein du PS, c'est soutien général... Que des amis... Tout le monde fait bloc... Et même Martine Aubry s'est dite "heureuse" des propos de Ségolène Royal... D'où, ce matin, des éditorialistes dans l'ensemble assez amusés... "Qu'elle soit parvenue à susciter l'adhésion de Martine Aubry : la reine de la 'pardonitude' n'en demandait sans doute pas plus", écrit ainsi Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré... "Et dire que certains doutaient du sens politique de Madame Royal !", s'étonne de son côté Francis Brochet dans Le Progrès... en notant "qu'il lui suffit d'un mot : 'pardon', pour couvrir le bruit des autres et capter toute la lumière"... "Un culot d'acier, un goût certain pour l'effronterie, et un réel talent à créer l'événement, qui n'est pas sans rappeler Nicolas Sarkozy", commente pour sa part Bruno Dive dans Sud-Ouest... "Comme Sarkozy, elle est partout, accaparant micros et caméras", abonde Patrick Fluckiger dans L'Alsace... Tandis que Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, estime, lui, que "le discours de fond de Ségolène Royal au Sénégal avait l'envergure de celui d'un chef d'Etat... C'est, dit-il, ce discours qu'aurait dû tenir Nicolas Sarkozy lors de sa récente visite-éclair de deux jours en Afrique"... Autre humeur, autre humour, sous la plume de Michel Schifres, dans son billet du Figaro... qui lui aussi, ce matin, demande pardon... Il pastiche Ségolène Royal : "Un jour, écrit-il, quelqu'une est allée en Chine dire que 'qui vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude'... Elle était vêtue de blanc, couleur de deuil dans cette partie du monde... Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et cette tenue provocante"... Un petit peu d'ironie par ci, quelques applaudissements par là... Et au final, ce constat : tous les journaux, ce matin, parlent de Ségolène Royal... D'où ce titre du Parisien-Aujourd'hui en France : "Royal donne le tempo"... Le Parisien qui nous explique par ailleurs qu'en ce moment, ça grogne sérieusement du côté des salariés du Parti Socialiste... Et là, ce n'est plus, à proprement parler, de la politique, mais un conflit social qui couve au sein d'un parti politique... Et c'est Eric Hacquemand qui raconte... "Scène surréaliste hier soir au PS, lors de la réunion de direction : alors que Martine Aubry explique qu'elle comprend les salariés qui séquestrent leur patron, les dirigeants ont entre leurs mains un texte exprimant le malaise du personnel du PS... Dans un tract, tous les syndicats du parti (qui salarie au total une centaine de personnes) dressent un constat sans concession des relations sociales rue de Solferino : violations de la convention collective, non-remplacement de plus de vingt postes vacants, réorganisation sans évaluation préalable des besoins... 'La démocratie sociale, pratiquons-la d'abord à l'intérieur avant d'en parler à l'extérieur', concluent les syndicats représentant les salariés du Parti Socialiste... Le tract, évidemment, fait un petit peu désordre... Mais il amuse beaucoup certains des dirigeants... 'Il ne manquerait plus que Besancenot vienne soutenir les salariés du PS !', lance l'un d'eux... Tandis qu'un autre s'interroge : 'Va-t-il bientôt falloir séquestrer Martine Aubry ?'"... Séquestration : un mot qui continue de faire l'actualité... Et il fait même la Une du Figaro, qui revient sur le discours hier du Président de la République : "Patrons séquestrés : Sarkozy ne laissera pas faire"... Le chef de l'Etat a rappelé que la loi devait être respectée par tous... De son côté, La Marseillaise a retenu tout autre chose du discours présidentiel d'hier... "Cadeaux fiscaux aux nantis"... Il s'agit de la nouvelle disposition envisagée pour ceux qui sont assujettis à l'ISF... Ce qui donne dans Libération : "Sarkozy souhaite un coup de pouce pour l'ISF"... Libération qui fait toutefois sa Une sur un tout autre sujet... le sujet qu'on vient d'évoquer avec Eric Besson : à savoir la journée de mobilisation des associations qui viennent en aide aux sans-papier... "La solidarité hors la loi" : voilà le titre à la Une du journal... qui propose différents témoignages de ceux qui aident et veulent aider encore des clandestins... Témoignage notamment d'Isabelle Benoît... Elle est gérante de société, militante du Réseau Education sans Frontières, dont elle assure une permanence à Paris... Elle monte des dossiers de demande de régularisation, elle trouve des avocats... Et elle explique au journal qu'elle a tissé des liens d'amitié avec certaines familles... L'amitié, tiens : on y revient... Le sujet fait également la Une de L'Humanité, avec quatre photos : un médecin, une avocate, une retraitée, une bénévole d'Emmaüs... qui tous apportent leur aide aux migrants et qui, comme 5.500 autres personnes, vont aujourd'hui se constituer symboliquement prisonniers pour dénoncer la politique d'immigration du gouvernement... "Ils veulent continuer à aider les sans-papier", titre de son côté La Croix... avec, là encore, des témoignages, qui dénoncent les poursuites engagées contre ceux qui viennent au secours des clandestins... Les clandestins : on en parle également en ce moment en Espagne... C'est Diane Cambon qui raconte, dans Le Figaro... L'Eglise espagnole vient d'enrôler des clandestins pour la Semaine Sainte... En panne de bras, les autorités religieuses ont fait appel aux immigrés en situation irrégulière pour porter les autels pendant les processions... Et puis allez... retour sur l'amitié, pour finir... On en parle également ce matin dans le domaine du sport... A l'occasion du quart de finale, ce soir, entre Barcelone et le Bayern de Munich... l'occasion d'une confrontation entre Thierry Henry et Franck Ribéry... "Henry-Ribéry, choc entre amis", titre ainsi Le Parisien... Et puis l'amitié, on en parle aussi dans les médias, avec les suites des négociations sur la nouvelle direction de Radio France et de France Inter... Dans Charlie Hebdo, Philippe Val explique que la rumeur qui le donne futur patron de France Inter n'est qu'une rumeur, liée seulement à l'amitié qu'il entretient avec Jean-Luc Hees... Siné Hebdo, l'ennemi de Charlie Hebdo, lance pour sa part, à sa Une, "Val tragique à l'Elysée : 1 mort"... Du pastiche, là encore... Quant à Jean-Luc Hees, auditionné hier devant le CSA, il a dit que Philippe Val était certes son ami, mais que l'amitié n'était pas un critère de sélection... Il a dit aussi que l'impertinence n'était sans doute pas le meilleur slogan de France Inter... Bonne journée, les amis...

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