Emmanuel Macron se dissimule sur l'euthanasie, l'Opinion, il a refusé d'exposer au Louvre le Salvator Mundi qui n'est pas de Léonard, l'Obs, et a été victime d'un goujat qu'il avait convié à table à l'Elysée et qui raconte le repas à son désavantage, le Point. La belle contrition d'Alain Juppé sur le Rwanda, le Monde.

On parle d'une main...  

Une main décharnée à la peau translucide qui s'abandonne sur un drap à la Une de Libération, une main d'un corps qu'on devine bientôt mort mais le vernis rouge aux ongles témoigne d'une vitalité; on la retrouve cette main, une autre peut-être, elles se ressemblent flétries par le temps à la une de la Provence mais là elle n'est plus seule, une main plus jeune la caresse, à la Une de la Croix une autre main jeune réconforte une vieille main dans une douce lumière, à la Une de Paris-Normandie c'est un avant-bras et une main parcheminées qui saisissent avec force le bras d'une infirmière, dans une chambre d'hôpital où l'on voit aussi de vieux livres... Ainsi nous dit-on ce débat aujourd'hui à l'Assemblée sur la proposition de loi du député Falorni sur le suicide assisté... Faut-il les retenir ces mains ou nous supplient-elles de les repousser, chacun sur ces images peut plaquer sa conscience ou sa propre douleur. 

Le Maine libre nous raconte Agnès dont les mains gonflées fabriquent des bijoux, mais au prix de quelle douleur, une maladie dégénérative soude littéralement ses os et si elle aime la vie, elle dit qu'un jour viendra où elle ne tiendra plus... Alors au nom d'Agnès et d'autres Libération insiste, il est temps que la France ose, alors la Provence rencontre le docteur Bernard Senet, de Velleron dans le vaucluse, qui aide les gens à mourir depuis trente-neuf ans: la première fois, c'était en 1982  une enfant de douze ans,  elle s'appelait Valérie, prise par un cancer qui avait conduit à une amputation, elle était sous chimio sous oxygène en fauteuil et lui avait dit un jour, "il faut que cela s'arrête" et en avait convaincu sa mère et sa soeur... Et Bernard Senet l'avait aidé, il ne se cache de rien, "cela fait 25 ans que je dis ouvertement que j'aide les gens à mourir", dit-il, nul ne l'a inquiété pour cela, mais la justice le soupçonne de tremper dans un trafic de penthotal, ce produit toxique qui permet d'en finir, en attendant une loi...   

Ce n'est pas aujourd'hui qu'elle viendra cette loi... Puisque la proposition Falorni est confinée dans une niche parlementaire qui ne dure qu'une journée et que viennent encombrer 3000 amendements dont 2300 rédigés par 5 députés LR dont l'Opinion raconte l'engagement. Faut-il regretter cette occasion manquée? Dans l'Opinion et dans Libération qui accepte de se contredire, on entend un médecin, Didier Sicard, ancien président du comité national d'éthique, qui met en pièce la proposition Falorni, "pathétique", "indigne," "légère" -Sicard est d'accord avec Michel Houellebecq qui dans le Figaro disait qu'une société qui se donnerait à l'euthanasie  devait être détruite... Il dénonce le commerce de la mort qui s'installe dans les pays d'euthanasie légale, on y cherche des client, mais surtout où il récuse le mot "dignité" avancé par les partisans de l'euthanasie.. Un corps qui commence à souffrir, dit-il, n'est il plus acceptable, est-il alors une indignité? "Si l’on suit ce raisonnement, quel aurait pu être le regard sur les déportés découverts dans les camps d’extermination nazis ?"  

Il voudrait Sicard, que la France avant de changer prenne au sérieux sa propre loi et son engagement envers les soins palliatifs, qui trop souvent ressemblent chez nous à des couloirs de la mort... 

On évoque aussi l'enjeu politique du débat...

Et le patron de l'Opinion, Nicolas Beytout, affirme que le texte d'Olivier Falorni ne serait qu'une ruse de la majorité pour s'afficher progressiste sur un sujet de société, est-ce bien le moment quand dans des hôpitaux on se pat pour faire survivre les patients du Covid- lisez à ce propos l'enquête du Figaro sur les services de réanimation... Mais la lecture de Beytout interpelle... Est-il cynique, le journaliste, ou reflète-t-il la vérité d'un pouvoir qui ne serait que tactique? L'Opinion soupèse l'opacité du président Macron dont on ignore ce qu'il pense au fond du débat sur l'euthanasie, est-il imprégné d'un christianisme scrupuleux, ou soucieux de ne pas se découvrir à droite? Et comme toujours dans les rubriques politiques, le mystère des neurones du Président devient notre ardent souci... 

On le retrouve le Président Macron en ses hésitations, à la Une de l'Obs  et aussi dans la saga d'un étonnant tableau qui n'est pas de Léonard de Vinci, le Salvator Mundi auquel un documentaire est consacré dont vous avez reçu, Léa, l'auteur, Antoine Vitkine...C'est Emmanuel Macron qui aurait scellé le sort du tableau, en refusant de l'admettre -c'eut été une validation- à l'exposition Leonard du Louvre, comme le souhaitait son propriétaire le prince héritier d'Arabie saoudite Mohamed ben Salmane...   

On le voit encore, le Président Macron, dans le Point, en victime d'un goujat, qu'il avait honoré de son amitié et invité à manger à l'Elysée en mode intime... Philippe de Villiers, c'est le goujat, raconte ou réinvente ce repas dans son dernier livre, il décrit Emmanuel Macron en jeune homme pas fini, en ludion progressiste, qui ne tient pas le débat et perd aussi son calme, quand lui Villers l'admoneste, et Brigitte Macron aurait pris le parti de Villiers contre son mari. On se sent voyeur, pardon, on se dit que le Point beaucoup d'honneur à De Villiers au prétexte de sa verve. On pense aussi à l'imprudence de François Hollande se dévoilant devant des journalistes,  on retiendra qu'un Président ne devrait pas manger avec n'importe qui...  

Pour se guérir de ces bêtises, lisez dans le Monde le beau texte d'Alain Juppé sur les manques et les demi-mesures de la France à l'époque du génocide des Tutsis au Rwanda, qui le hantent depuis... Lisez dans le Télégramme comment des familles bretonnantes observent la proposition de loi du débuté breton Paul Molac sur l'enseignement des langues régionales, il y a de beaux débats à l'Assemblée...   

Et on parle enfin de grandes dames... 

Dans le le Figaro littéraire, voué aujourd'hui à la beauté des femmes du monde, du monde d'autrefois, dans un temps de yachts de fêtes à Saint-Moritz et d'oisivetés charmantes, une biographie est consacrée à une de ces élégantes, Jacqueline de Ribes, coqueluche du Tout-Paris il y a un demi-siècle, dans un monde de banques de lettres d'adultère... Etienne de Montety, patron du Figaro littéraire s'extasie d'un temps qui ne connaissait pas MeeToo et qui n'avait pas été renversé par "les rafales" de "l'égalitarisme", et dit ceci de Jacqueline de Ribes: "Triomphe du génie féminin. Elle n’a pourtant pas écrit, ni peint, ni sculpté. Son œuvre est une attitude."  

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