"Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité"... La petite phrase est de François Mitterrand. Jacques Guyon l'exhume, ce matin, dans La Charente Libre pour nourrir la controverse sur l'enseignement d'histoire-géo en terminale S. Rappel des faits... Si le projet de réforme du lycée est appliqué, les élèves des filières scientifiques auront davantage d'histoire-géo en première (une heure et demie de plus), mais elle deviendra facultative en terminale. C'est "l'histoire en phase terminale" pour Libération, qui relève qu'une cinquantaine de personnalités, historiens, artistes ou politiques ont lancé une pétition pour obtenir l'annulation de cette mesure. Le Parisien-Aujourd'hui donne la parole à Max Gallo, pas suspect d'anti-sarkozysme primaire. Et pourtant, il juge indispensable de maintenir l'enseignement obligatoire. "L'histoire, dit Max Gallo, doit être conçue comme une formation civique, une discipline donnant accès à la citoyenneté. Elle doit nous permettre de comprendre la mutation de l'identité nationale au cours des siècles. On n'en a jamais eu autant besoin, car nous vivons une époque où les images se succèdent et où les événements nous sont présentés sans perspective. L'histoire permet, par exemple, de comprendre que l'immigration a toujours suscité des problèmes, mais qu'on les a surmontés". Contre cette réforme également, un autre historien : Pierre Milza, dans Ouest-France... "Perdre la mémoire, c'est être mutilé. Et c'est en terminale, et nulle part ailleurs, que l'on peut réaliser une synthèse des savoirs devant des élèves qui ont atteint une certaine maturité". Mais tout le monde n'est pas aussi remonté... Libération rappelle que cette réforme trouve des défenseurs : à la FCPE (première fédération de parents d'élèves), l'Union nationale lycéenne ou encore au SGEN-CFDT... Pour eux, la polémique est disproportionnée. Ils retiennent surtout la volonté de rééquilibrer les filières et de revaloriser la terminale L. D'ailleurs, atténuer la suprématie de la série S faisait l'unanimité au départ. Conclusion provisoire au professeur Milza, qui mettra peut-être d'accord les "pour" et les "contre" avec cet argument : "Les programmes d'histoire-géo de première et de terminale sont déjà trop copieux. Alors les comprimer en une seule année, c'est impensable". (Eric Delvaux : "Une fois de plus, les journaux s'interrogent sur la stratégie de Ségolène Royal")... En 732, Charles Martel arrêtait les Arabes à Poitiers. Mais aujourd'hui, la star du Poitou-Charentes, c'est Ségolène Royal. C'est encore dans La Charente Libre, à la Une. L'ancienne candidate à la Présidentielle sort vainqueur, et de loin, du sondage LH2 pour France Bleu et la presse régionale sur la notoriété des présidents de région. Il faut dire qu'on parle d'elle tous les jours dans la presse. Ce matin encore. Pourquoi propose-t-elle une alliance dès le premier tour au MoDem dans sa région ? Elle savait très bien que François Bayrou rejetterait son offre, et qu'au PS on n'apprécierait pas l'initiative. Décryptage dans Le Parisien... Elle prend une nouvelle fois ses distances avec son parti. D'ailleurs, samedi prochain, elle ne sera pas sur la photo de famille de tous les présidents de région socialistes qui sera prise à Tours. "Pour Royal, continue Matthieu Ecoiffier dans Libération, il s'agit de poursuivre sa stratégie de débordement, jouer la base contre les appareils. Diviseuse de l'appareil mais rassembleuse des Français de gauche et du centre : tel est l'emploi qu'elle s'est choisi jusqu'en 2012". Est-elle prête à aller à la bataille sans l'appui de l'écurie socialiste ? Le Figaro reprend les commentaires ironiques sur cette démarche solitaire. "Ce qu'elle fait est souvent rigolo", ajoute François Bayrou. (ED : "Quelques brèves glanées dans la presse, Bruno")... Restons à la rubrique Politique. Sale ambiance au cabinet de Frédéric Mitterrand, au ministère de la Culture... Sur LePoint.fr, Emmanuel Berretta, toujours bien informé, parle d'une homérique bataille de bureaux entre conseillers. L'un des deux directeurs adjoints du cabinet, Olivier Henrard, a démissionné. Perspectives moroses pour les cadres, à l'approche de Noël... Selon Les Echos, leur rémunération devrait progresser très chichement l'an prochain : 2,4%. C'est le niveau le plus bas depuis quinze ans. Des trous dans les comptes de la Banque du Vatican également... Enquête ouverte là aussi. La Garde des Finances soupçonne l'Institut pour les oeuvres de religion d'avoir violé la loi sur le blanchiment d'argent. C'est à lire dans Le Figaro. (ED : "Et puis c'est la ruée vers l'or en Colombie")... Ca se passe dans le fleuve Dagua, près de la côte pacifique. En février dernier, un paysan a dégoté les premières pépites, et la rumeur s'est aussitôt propagée, des fermes aux bidonvilles de Buenaventura, la ville la plus proche : il y a de l'or dans le Dagua. Aujourd'hui, raconte Michel Taille, le correspondant de Libération à Bogotà, ils seraient presque 8000 à fouiller les rives et le lit du cours d'eau, qui, du coup, est saccagé sur plus de 30 km. Des adultes, des ados, des grands-pères, des femmes enceintes : toutes ces petites gens font la course avec les pelleteuses des mineurs professionnels. Un gramme d'or rapporte plus de deux journées de salaire minimum. Alors que le cours de l'or atteint des records, la Colombie possède des réserves longtemps inexploitées. Elle pourrait être le lieu de la nouvelle ruée vers l'or. Sa production devrait augmenter d'un tiers cette année. Mais cette conquête se fait au détriment de l'environnement. Et la Colombie, c'est l'un des rares pays encore à droite en Amérique Latine. Car la gauche s'enracine sur le continent. La Croix et L'Humanité en font leur Une après la réélection triomphale d'Evo Morales en Bolivie : 61% des voix. Dans La Croix, Gilles Biassette décrit une scène symbolique. Dimanche, des milliers d'Indiens se sont rassemblés, poing gauche levé et main sur le coeur, sur une place qui leur a longtemps été interdite : celle du palais présidentiel, à La Paz. Alors quel est le programme de ce Président indigène ? Réponse d'un des membres de son parti, dans L'Huma... "Notre nouvelle priorité est l'industrialisation, notamment des immenses réserves de lithium". Le lithium, pour mémoire, c'est ce minerai utilisé dans les batteries de téléphones portables. Morales donc en Bolivie, après Chavez au Venezuela et Lula au Brésil... Ces hommes ont été élus et se maintiennent au pouvoir. Ce sont des gauches très différentes. Mais pour La Croix, plusieurs tendances communes apparaissent : - l'inclusion dans le système politique de populations marginalisées : les Indiens des Andes et les plus pauvres ; - la réappropriation des richesses naturelles. Dans L'Humanité, Bernard Durand relève que les pays où la rupture est la plus marquée sont les plus riches en hydrocarbures : Bolivie, Equateur et Venezuela. (ED : "Quelques curiosités, relevées dans les colonnes des journaux et sur les sites Internet")... Un discours qui tranche avec l'unanimisme des médias autour du Sommet de Copenhague... C'est à lire sur Marianne2.fr. Régis Soubrouillard a été choqué par l'éditorial commun publié hier par 56 journaux du monde entier, sur le thème de l'urgence climatique. "Curieux réflexe, quand même, que celui de ces journaux qui se regroupent pour parler d'une seule voix. On en appelle au jugement de l'Histoire pour réduire à néant le pluralisme de la presse. Le principe de l'éditorial planétaire fait frémir". Et puis, à la rubrique Sciences du Figaro, cette information étonnante : des souris femelles conçues sans père vivent beaucoup plus longtemps. Des chercheurs japonais ont conçu ces bestioles à l'ADN 100% féminin en utilisant les chromosomes de deux "mères" (entre guillemets). Et elles ont une meilleure espérance de vie. Y aurait-il un élément génétique qui impliquerait une baisse de la longévité dans le sperme des mâles ? Encore une femme, pour finir... Et elle devrait vivre longtemps, puisqu'elle est encore toute jeune : à peine plus de 30 ans. Elle s'appelle Adeline Grattard, et c'est la nouvelle petite star de la cuisine française. Elle a été nommée "Grand de demain" par le Gault & Millau, "Meilleure cuisinière de l'année" par le Guide du fooding. Et François Fillon, Gérard Depardieu ou encore Valérie Lemercier vont manger chez elle. Chez elle, c'est le Yam'Tcha, dans le 1er arrondissement de Paris. On y déguste un mélange de saveurs françaises et asiatiques... par exemple, un foie gras poêlé acoquiné avec du sésame blanc et une émulsion de sésame noir. Adeline Grattard et sa cuisine attentionnée, délicate et palpitante ont les honneurs du Portrait en dernière page de Libé. On y apprend qu'elle est tombée toute petite dans la marmite : ses parents étaient de bons vivants bourguignons. Puis un oncle hongkongais lui a fait découvrir les saveurs asiatiques. Après un passage chez le grand chef Pascal Barbot, elle a ouvert le Yam'Tcha. C'est un tout petit restaurant de 70 m², cuisine comprise. C'est tellement petit qu'en mangeant, on voit Adeline aux fournaux dans sa cuisine ouverte à l'américaine. Sabrina Champenois, qui dresse ce portrait comme on dresse une jolie table, a noté que, quand Adeline agite son wok, elle bouge les orteils en même temps. Voilà une preuve de plus que la bonne cuisine, c'est le pied... Bonne journée...

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