La revue XXI rapporte un scandale aux Philippines, où des centaines d'enfants seraient morts d'avoir été vacciné contre la dengue: le vaccin, du français Sanofi, les aurait rendus vulnérables. Le Monde raconte la surveillance intrusive contre la Covid en Corée. Leçon de féminisme signée Martine Storti dans Libération.

On parle de poison...

Que l'on vend aux enfants devant des collèges des lycées en leur faisant croire que cela n'est rien, juste de quoi te détendre, du CBD, cette substance issue du cannabis mais qui ne provoque pas de dépendance, du cannabis sans addiction que tu vas inhaler dans ta cigarette électronique, gamin...

Sauf que cela n'est pas du CBD mais un mélange explosif qui se dissimule dans les fioles que les dealers proposent aux gosses à dix euros l'unité.

L'Union nous dit qu'au CBD de synthèse s'ajoutent plus de 500 produits, de l'héroïne, de l'ecstasy, mais aussi des excréments d'animaux, des crottes de chèvres... Et après cette chimie sordide, il y a une lycéenne de Reims devenue dépendante intoxiquée, que  ses parents doivent récupérer au lycée, dans la rue, aux urgences, parfois inanimée, parfois prise de vomissements, mais elle continue pourtant la môme, elle et ses copains qui font tourner la cigarette électronique comme on se passe un joint, et qui tombent alors, yeux rouges, maux de ventre, parole ralentie... 

La maman de notre lycéenne a suivi sa fille sans se faire voir, elle a découvert devant le lycée un vrai drive de CBD trafiqué; un produit sans odeur, sans couleur, indétectable, et qui depuis un an a pris son enfant...

Ce n'est pas seulement à Reims, cette histoire, mais dans l'Aisne aussi, en octobre l'Union déjà racontait un lycéen de Soissons victime d'un accident à vélo après avoir inhalé le CBD trafiqué. 

Un an plus tôt, octobre 2019, Libération rapportait l'alerte de lycées du calvados, dont les élèves devenaient accro au Buddah Blue, une synthèse de cannabis surnommé PTC comme pète ton crâne, qu'on avait déjà été repéré en 2017 dans le Finistère...

Ainsi va la vie des gosses et les alertes vaines des agences régionales de santé, jusqu'à ce que ce soit le notre de môme qui tombe de vélo... 

Il en est d'autres de mômes qui tombent en ce bas monde, et ce ne sont pas toujours des dealers de bahut qu'on peut blâmer.

Dans le magazine XXI, je lis le calvaire d'une enfant de douze ans, Riceza Salgo, morte en 2018 dans les bras de sa soeur avoir tellement saigné du ventre... C'est arrivé aux Philippines, et Riceza est possiblement morte parce qu'elle a été vaccinée contre la dengue, son corps trop faible, loin d'être protégé, a développé la maladie. 

Plusieurs centaines d'enfants sont morts comme Riceza de dengue hémorragique après avoir été vaccinés; des milliers sont tombés malades. c'est un scandale sanitaire et judiciaire aux Philippines, mais chez nous une histoire peu racontée, XXI y remédie. C'est l'histoire de Sanofi, fleuron de la pharmacie française, qui avait cru tenir la panacée pour enrayer la dengue, avait poussé les feux pour larguer  la concurrence.

Sanofi n'avait pas tenu compte des avertissements d'un professeur, Scott Halstead, qui connait bien la dengue, un virus intelligent qui transforme les anticorps en agents doubles; vacciner quelqu'un qui n'a jamais été exposé au virus le rend plus susceptible d'en développer une forme grave. 

Quand le vaccin de Sanofi a rencontré un Etat, la catastrophe est arrivée. En 2015 un président philippin en fin de mandat a cru redorer sa cote de popularité en décrétant une vaccination de masse, mais dans la masse il y avait ces enfants pauvres, mal suivis, et qui sont morts ou mourront.   

Elle est étrange à lire, cette histoire de vaccins et de Sanofi, quand je je lis dans Ouest France un portrait intense de Marine Martin, qui mène la révolte des victimes de la Depakine et qui elle aussi veut faire condamner et  payer Sanofi. Il est étrange aussi de lire cette histoire quand on attend contre une autre maladie un autre vaccin conçu dans l'urgence, mais toutes les histoires ne se ressemblent pas. 

On parle donc de la Covid 19...

Dont la résistance angoisse nos journaux, et le Télégramme interroge, "quelles libertés à Noel"... Et ce titre sincère résonne étrangement quand on lit le grand reportage du Monde en Corée, où contre la covid une société accepte un traçage, une surveillance intrusive.

Il faut voir les enquêteurs Choi Han-sul et Lim Dong-hyun scruter les images de vidéosurveillance d’un restaurant où l'on mange du bouillon de porc et où s'est rendu un jeune homme infecté, chaque client chaque serveur est scruté à la loupe, qui s'est approché du malade, quel masque portait-on,  qui faudra-t-il chercher interroger, isoler, proclamer malade?  La Corée a choisi de ne laisser aucune place au hasard après avoir été prise en défaut par d'autres catastrophes: il n'y a eu que 549 morts depuis le début de la crise sanitaire dans un pays de 52 millions d’habitants

L'efficacité coréenne laisse rêveur quand on lit nos désordres, nos inquiétudes.

Le long chemin que racontent les Echos de Flamanville, la centrale EPR, le projet maudit, sera-t-il un jour un modèle nucléaire. En Alsace, on le lit dans les DNA, la préfète arrête définitivement la centrale géothermique de Vendenheim, après des secousses sismiques qu'elle aurait provoqué. 

On parle enfin d'une librairie...

Au nom mythique, Maspero, au quartier latin à Paris, où jadis, dans les années 70, le temps de l'émancipation, on volait les livres on apprenait la révolution, les idéologies, et deux futures grandes dames y piochaient le savoir... 

Et on trouve ainsi Maspero dans la longue interview que publie la revue Zadig de Christiane Taubira, qui raconte son parcours de jeune guyanaise qui allait se dresser contre tant d'oppressions, et nourrissait sa révolte dans les livres... 

Et on retrouve trouver Maspero dans une autre belle interview que publie libération, de Martine Storti, qui elle en 1970 était prof de philosophie dans un lycée technique, quand dans la libraire du gauchisme elle rencontra un texte qui la rendit politiquement féministe: comprenez, une militante qui sait que le combat des femmes ne peut pas être subordonné à d'autres engagements, antiracistes notamment, même s'il ne les exclut pas. Elle se moque joliment Mme Storti de nos indignations sans mémoire, ce n'est pas d'aujourd'hui que des femmes pour lutter préfèrent lire des femmes, et de son temps on disait que des femmes devaient s'armer, au sens propre du terme, contre la violences des hommes... Les débats qui nous fracassent n'ont rien de nouveau, c'est un splendide antidote contre nos fébrilités qu'elle nous livre et elle nous ramène à l'essentiel... Lisez je vous prie, elle parle d'un chouette mot, "universel".

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