Dans la presse ce matin : chaussée glissante

Comme l'écrit Didier Pobel sur son blog, on a relevé « un pic d'électricité ces derniers jours dans la vie politique. »

La polémique autour des propos de Claude sur les civilisations qui ne se valent pas est repartie de plus belle hier à l'assemblée.

La plupart des éditoriaux sont consacrés au sujet ce matin. Est-il un as du dérapage vers l'extrême droite ? Le député apparenté Serge Letchimy est-il tombé dans un piège en le renvoyant au nazisme ?

On pourrait y passer l'intégralité de cette revue de presse. On retiendra deux textes, l'un est un édito politique, l'autre l'analyse d'un universitaire.

L'édito c'est celui de Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro .

"Tout homme de gauche qui se respecte aurait dû saluer les propos de Claude Guéant. Parce que les révolutionnaires de 1789 parlaient comme lui. Défendre la liberté, l'égalité et la fraternité contre la tyrannie, c'était très précisément leur idéal (…)

Le relativisme, voilà bien l'ennemi et Claude Guéant a raison d'en souligner les dangers. Il est au cœur du grand défi sociétal que doit affronter la France aujourd'hui. Si l'on considère que les valeurs républicaines ont fait leur temps, il suffit de le dire et on saura à quoi s'en tenir. (…)

Il ressort que dans certains quartiers le religieux prend le pas sur la République. Des centaines de rapport alarmistes ont été écrits sur ce sujet."

Voici ce qu'écrit le sociologue Edgar Morin dans les colonnes du Monde .

"Chaque culture a ses vertus, ses vices, ses savoirs, ses arts de vivre, ses erreurs et ses illusions.

La France doit être considérée dans son histoire non seulement selon les idéaux de Liberté-Egalité-Fraternité (...), mais aussi selon le comportement d'une puissance qui a pratiqué pendant des siècles l'esclavage de masse et dans sa colonisation, opprimé des peuples (...). Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis et communistes.

Edgar Morin fait appel à Montaigne pour dire la barbarie d'une pensée qui "appelle barbares les peuples d'autres civilisations". Il ne s'agit pas d'un relativisme culturel mais de dépasser un occidentalo-centrisme et de reconnaître les richesses de la variété des cultures humaines."

Puisque ces sujets reviennent à la Une, en kiosque vous trouverez un hors série de Philosophie Magazine sur les philosophes face au nazisme.

Et puis L'Humanité consacre aujourd'hui un cahier spécial aux neuf morts du métro Charonne. La répression d'une manifestation à Paris sous les ordres du préfet Papon pendant la guerre d'Algérie. « Le massacre reste impuni », écrit L'Humanité.

Chaussée glissante : deux autres affaires dans la presse ce matin. Pour Mediapart , la mise en examen d'Eric Woerth devient inéluctable dans l'affaire de l'hippodrome de Compiègne. Le rapport sur la vente de l'hippodrome l'accable selon le site qui s'est procuré le texte.

Et puis dans Charlie Hebdo , la trace écrit d'un coup de pression. Une lettre du premier président de la cour d'appel de Paris au Conseil supérieur de la magistrature. Ce magistrat notoirement acquis au pouvoir, selon Charlie, reproche au CSM d'avoir rendu des avis de nomination qui ne lui plaisaient pas.

Chaussées glissantes, à Nantes, également

Ca se passe sur le trottoir, plus précisément. C'est à lire dans Presse Océan . Des riverains s'offrent une campagne de pub pour le retour des maisons closes. Ils habitent le quartier Bellamy. Et ils sont excédés par la présence quotidienne de prostitués sous leurs fenêtres. "Marre d'expliquer à nos petits enfants qui sont ces dames, dit une grand mère. Marre d'enjamber les préservatifs usagés. A partir d'une certaine heure, on ne sait jamais trop sur qui on va tomber"

Alors les riverains ont édité 2000 tracts qu'ils distribuent dans les boîtes aux lettres des quartiers chauds la nuit à Nantes. Et ils demandent le retrour des maisons closes. "Pas les maisons de tolérance de la vieille époque, précise un riverain, mais des établissements au cadre législatif structuré garantissant la sécurité et la santé".

Bonne idée ou pas, ce n'est pas la solution dit la responsable d'une association qui vient en aide aux prostituées : une fois de plus, on ne leur demande pas leur avis.

Dans L'Express , qui consacre sa Une aux call-girls cette semaine, le procureur de Nice Eric de Montgolfier suggère d'autres pistes : pénaliser les clients pourquoi pas (on en a débattu à l'assemblée à la fin de l'année dernière) mais surtout « faire porter l'effort sur les réseaux. Mais les policiers, ajoute le procureur sont soumis à la dictature des chiffres, ils privilégient la répression du racolage plutôt qu'un travail d'enquête approfondi. Cela vaut dans les statistiques policières la même chose. »

Chaussée glissante, à cause du froid, aussi

Les petites routes de campagne sont des patinoires olympiques. Dans Sud-ouest , reportage au Lardin St-Lazare, 2000 habitants dans le Périgord. Ecoliers, ouvriers, chauffeurs de car, facteurs, infirmières, éboueurs, coiffeuses à domicile sont guettés par le chômage technique.

Dans ces petites campagne, la vie s'arrête quand il fait ce temps : « nous n'avons évidemment pas les moyens de nous payer un chasse neige pour quelque chose d'aussi inhabituel, dit le maire du village. Alors il faut faire avec les moyens du bord, des pelles et un peu de sel. »

Et dans ce contexte, on redécouvre, si c'était nécessaire, l'importance des médecins de campagne, qui sortent coûte que coûte et rendent visite aux personnes âgée. Le Lardin St-Lazare est plutôt bien loti : 3 généralistes dont le dicteur Baudoin qui affiche une magnifique barbe sur la photo de Sud-Ouest .

Solidarité par temps de gel. Le site Rue89 examine la proposition de deux anciens de la rue. Développer un fichier du 115 mais pour les particulier. Comme le Samu social, des gens comme vous et mois diraient s'ils acceptent d'accueillir une SDF chez eux. Vraie ou fausse bonne idée, c'est à lire sur Rue89 .

Quoi d'autre dans la presse ?

France Inter à la Une de Télérama à l'heure des bons sondages d'audience. Dans une interview, Philippe Val le directeur d'Inter revient sur les polémiques qui ont marqué ces dernières années et notamment sa nomination et celle de Jean-Luc Hees, PDG de Radio France, directement par l'Elysée. « C’est sans doute une erreur d’avoir changé le processus (de nomination). Mais cette maison n'a jamais été aussi libre, assure Philippe Val. Croyez moi ou pas, j'ai la paix. »

Pour une progressivité des droits d'inscription à l'université. Proposition de la conférence des présidents des universités, c'est à lire dans Les Echos .

Il y a de tout ce matin dans la presse, des prostituées, des victimes du froid et aussi une soirée Hermès au jardin des plantes. Bertrand de St Vincent, chargé de la chronique du tout Paris dans Le Figaro raconte :

"A l'entrée du jardin des plantes, des calèches attendent les invités. On leur a remis une lampe de poche en guise de collier. C'est la nuit, elle est glacée. "T'es bien plus couverte que la dernière fois que je t'ai vue", lance un gandin à une femme en fourrure. (…)

La directrice de la Rédaction de Point de Vue, parmi les invités, cite Verlaine ‘’Dans le vieux parc solitaire et glacé’’ »

Dans le muséum d'histoire naturelle, au bout du jardin des plantes, une table de 70 mètres de long a été dressée. « Des acteurs tournent autour en chevauchant des balais. Un musicien joue de la flute dans une carotte percée. Je vous laisse découvrir le reste... "

C'était cette semaine à Paris. Attention chaussée glissante, même pour les calèches.

A demain…

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