A chacun sa famille politique

Laetitia Gayet.

Une photo en page 12 du FIGARO. Dans sa main droite, un porte-voix en berne. L'autre est dans la poche. Et un regard qui en dit long, un peu perdu, un peu seul. On ne sait pas vers quoi Philippe Poutou regarde. Poing levé ou « poing » final à la lutte révolutionnaire ? Loin de l'affaire Fillon, LE FIGARO résume ce matin, ce qu'il appelle la lente agonie de l'extrême gauche française.

NPA et Lutte Ouvrière pourraient ne pas avoir de candidat pour la présidentielle.

Faute de parrainages suffisant. C'est peut-être la fin d'un cycle. Pourtant au début des années 70, nous étions une véritable armée privée dit Henri Weber. L'ancien sénateur socialiste fut le compagnon de route d'Alain Krivine à la LCR. Le " Travailleuses, travailleurs" d'Arlette Laguiller ne prend plus.

Le passage de la LCR de Besancenot au NPA n'a pas pris non plus. Au bout de 3 ans, leur sectarisme, les a tués note la communiste Marie-Pierre Vieu.

A chacun sa famille politique. De l'extrême gauche, à la gauche tout court.

Comme une supplique. Le titre en Une de LIBERATION ce matin. Si la gauche voulait, avec les trois petits points. Hamon, Mélenchon, Jadot, Macron, à eux 4, ils tiennent un bout de la gauche. Benoît Hamon s'est proposé de fédérer ces gauches. Mais à 73 jours du premier tour de la présidentielle, pas si simple. Mélenchon ?

D'un côté Hamon fait mine de tendre la main pour mieux démontrer aux électeurs de gauche que ce dernier refuse l'union.

Parti de poker menteur. Macron ? Pas de main tendue. Il ne rentre pas pour l'instant dans le cadre du rassemblement, que propose Benoît Hamon. Il n'y a guère qu'avec Yannick Jadot que les choses sont bien avancées. L'affaire est presque pliée croit savoir LIBé. Les écologistes galèrent pour trouver les parrainages et comptent le moindre sou. Ils se rangeront derrière un candidat qui place l'écologie au centre du jeu. Et de toute façon, Cécile Duflot, ancienne ministre de François Hollande et ancienne candidate à la primaire d'Europe-Ecologie-Les Verts le dit : "Si nous ratons ce rendez-vous, ce sera une faute collective."

A chacun sa famille politique. Côté Macron.

Où en est-il dans sa campagne ? Et bien il tord le cou à la rumeur sur sa vie privée. Pourquoi l'a t'il fait se demande LE PARISIEN-AUJOURD'HUI-EN FRANCE ?

C'est sans doute l'évolution de la courbe sur Google Trends qui l'y a obligé. Cet instrument est très utilisé paraît-il, par les états-majors des candidats à la présidentielle. Car il donne des informations sur les questionnements des internautes.

Ainsi, il y a un an, quand on cherchait une association Mathieu Gallet - Emmanuel Macron, l'indice n'était que de 22. Il est passé à 100 dimanche. Que s'est-il passé ?

Un député Les Républicains Nicolas Dhuicq, pro-russe, fidèle de François Fillon a parlé à l'agence russe Sputnik. Et il n'hésite pas à dire qu'Emmanuel Macron est soutenu par un très riche lobby gay.

En réalité on a compris que c'était une campagne contre-feu de l'entourage de Fillon explique un proche d'Emmanuel Macron. A-t'il eu raison de réagir ? Un député socialiste doute. Est-ce que ça ne trahit pas un stress ? On ne pouvait pas partir dans la campagne avec ce fil à la patte rétorque le député socialiste Arnaud Leroy.

A chacun sa famille politique. On passe au camp Fillon.

Et ce fil à la patte qui continue de coller à la patte du candidat. Force est de constater que la nouvelle campagne voulue par François Fillon n'a pas eu lieu hier, peut-on lire sur le site de L'OBS. Il n'a pas pu échapper aux invectives et aux nouvelles révélations du Canard Enchaîné sur les indemnités de licenciement de Pénélope Fillon. C'est raté. Témoin, une salariée de l'équipementier Le Coq sportif, entreprise visitée à Troyes, par François Fillon, relayée par LE FIGARO et LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE : "C'est malvenu de venir nous voir, nous, des ouvrières qui nous levons tôt... et qui gagnons un peu plus de 1.000 euros." Et pourtant, François Fillon continue son chemin. A la technopole de l'Aube, le candidat déroule ses propositions sur les start-up et les PME. Mon espoir dit-il, presque mon rêve, c'est une France libre.

Mais libre, François Fillon ne semble pas l'être tout à fait encore. Sa lettre parue dans la presse régionale en témoigne. A lire notamment sur le site de OUEST-FRANCE, les mêmes mots ou presque que ceux de sa conférence de presse lundi. "Je le sais, les accusations qui ont été portées contre moi vous ont profondément troublés. Ce trouble, je le comprends parfaitement. J’ai donc souhaité clarifier les choses lundi dernier car je n’ai rien à vous cacher."

L'interview de Jeanne Robin-Behre, dans LE COURRIER DE L'OUEST en témoigne aussi. L'ancienne assistante parlementaire de Marc Joulaud qui fut employeur de Pénélope Fillon et suppléant de Monsieur, dit exprimer son respect pour Madame. Je n'ai pas travaillé avec elle. Mais ça ne veut pas dire qu'elle ne travaillait pas.

A 73 jours du premier tour de la présidentielle, il y a dans cette affaire plusieurs messages pour la presse.

Pour LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE, l'affaire Fillon fait disparaître les derniers freins qui pouvaient subsister après le scandale Cahuzac. Argent et politique, la transparence s'impose.

Pour L'HUMANITE, il faut un statut pour les petites mains de la République. A savoir les assistants parlementaires. Une 60aine d'entre eux a manifesté hier, devant le Palais du Luxembourg. Marre d'entendre dire qu'on est des planqués surpayés. Nous rédigeons des discours, des notes de synthèse, nous gérons les agendas. Et parfois c'est l'enfer quand on tombe sur un tyran qui vous appelle en pleine nuit pour qu'on répare sa connexion internet. Quand je reste jusqu'à une heure et demi du matin, à l'Assemblée, le taxi, c'est pour ma pomme dit l'un d'entre eux. Nous sommes quasiment tous à Bac+5, et nous n'avons ni convention collective, ni compensation de précarité. Cette année, entre les législatives et les sénatoriales, plus d'un millier d'entre nous perdrons leur travail.

Oui, il faut en finir avec les privilèges des élus selon L'EXPRESS. 4.200 euros chaque année pour financer jusqu'à 5 abonnements mobiles. Carte SNCF illimités en première classe. 40 vols aller-retour entre Paris et leur circonscription. 6 aller-retour où ils veulent en France que les conjoints peuvent utiliser. Et puis, on peut puiser dans le fond courrier, 12.000 euros annuels, pour doubler les frais de taxi.

Guillaume Goubert dans LA CROIX résume.

La noble profession politique apparaît aujourd'hui, comme un drôle de métier. Le but dit-il, n'est pas de bien gagner sa vie ou de satisfaire son narcissime. Mieux vaut pour cela choisir l'entreprise ou les métiers du spectacle. La politique doit rester avant tout un service.

A chacun sa famille on vous dit ! Alors pour terminer, on se délectera de deux familles, les Bouley et les Le Pic. Ils sont les héros de la série Fais pas ci fais pas ça, dont la dernière saison sera diffusée à partir de ce soir, sur France 2. Ils ne font pas de la politique quoique... LA MATINALE DU MONDE affirme ce matin, que pour finir en beauté, ils ont fait un bon dans le temps. 2027, avec Nicolas Hulot en président. Usage du cannabis autorisé dans le cadre familial. Diésel interdit. Les névroses familiales sont paraît-il, toujours aussi nombreuses. Alors ce matin à bon entendeur...

A taaabbble !

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