Nicolas : Et dans le presse ce matin, une certaine idée de la grogne... Très joli titre trouvé dans La Tribune ce matin pour rendre hommage à Philippe Séguin... on va y venir... Mais d'abord une autre grogne à la Une du Parisien : "Guadeloupe, la poudrière"... Un an après, l'île est de nouveau sous tension... Les prix de l'essence ont augmenté au 1er janvier, pareil pour les prix dans les magasins en général... L'an dernier, Le Parisien avait fait ses emplettes dans une grande surface de Pointe-à-Pître : le panier de 15 produits de base coûtait un peu plus de 64€... En un an, il a augmenté de 3%... Autre clignotant au rouge, le chômage : +10% en un an... La moitié des villes sont sous la tutelle du préfet faute de finances... Et la population a le sentiment que l'augmentation des salaires de 200€ n'est pas vraiment appliquée, beaucoup de gens sont exclus... Alors, le LKP d'Elie Domota appelle à manifester demain à Pointe-à-Pître et il appelle à une grève générale pour une durée indéterminée à partir du 20 janvier... Toujours aussi radical, Domota estime que les Guadeloupéens sont face à des patrons qui passent leur temps à mépriser les nègres... Tout le monde est sur le pied de guerre... Selon Le Parisien, 400 gendarmes seraient arrivés en renfort sur l'île et des centaines de chambres d'hôtel ont été réservées pour héberger les militaires... A propos d'hôtel, parmi ceux que le climat délétère en Guadeloupe inquiète fortement, il y a les professionnels du tourisme... Les réservations pour cet hiver ont baissé de 30%... Les DOM-TOM à la Une de l'actualité ce week-end puisque la Martinique et la Guyane se prononcent par référendum, sur l'évolution de leurs institutions vers plus ou moins d'autonomie... Nicolas : Et puis, évidemment, énormément d'hommages à Philippe Séguin, ce matin dans la presse... On souligne, depuis hier, que ces hommages viennent de droite et de gauche et qu'ils dépassent les simples mots de circonstance... Eh bien, c'est la même chose ce matin dans la presse... Même L'Equipe salue le grand amateur de football devant l'éternel... Devant l'éternel, c'est comme ça que Chenez, le dessinateur, croque Philippe Séguin... Il est debout sur un nuage, il vient d'arriver au ciel et il est forcément de mauvaise humeur... "Je vous préviens, dit-il à Dieu, si je ne peux pas regarder la Coupe du monde à la télé, je redescends !"... Les colères de Séguin... énormes comme le personnage... Libération en brosse ce matin un remarquable portrait qui fait la part de ses qualités, de ses échecs et qui surtout lui redonne vie... Les coups de sang... Antoine Guiral raconte les cendriers qui volent, les chaises brisées, les téléphones fracassés... Il laissait des traces partout où il passait... "Comment pouvait-elle tenir ?" disait-on à propos de sa fidèle collaboratrice... Séguin et ses bordées d'injures : "grand con" pour Chirac... "grand connard" pour Villepin après la dissolution... "salopard" pour Juppé qui avait transformé le RPR en UMP... ou encore "minus" pour Bayrou... Séguin et les parts de pizza XXL qu'il pliait en deux avant de les engouffrer... Au restaurant, si la commande tardait, il piquait dans votre assiette... Cet homme qui pesait 5 kg à la naissance, un bon quintal 66 ans plus tard... cet homme gardait en lui quelque chose du petit garçon de Tunis, décoré de la Croix de guerre à 6 ans au nom de son père mort au combat... La photo sépia est dans Le Figaro... Ce jour-là, sa mère lui avait remis un canif, deux plaques d'identité militaire et un casque troué... "Voilà ton héritage, sois brave, courageux, bon et honnête"... Il a fait toute sa vie avec ce barda... Toute sa vie dans la peau d'un gamin qui devait beaucoup à la République, qui lui rendait bien et qui avait toujours le sentiment de ne pas être à sa place... Dans Le Parisien, Béatrice Houchard reprend ses propos lorsqu'il a été élu au perchoir : "Regardez, moi le "petit chose" sans appui, sans antécédent, rien, quand même, je suis président de l'Assemblée"... Voilà pour la personnalité torturée de cet homme qui a toujours refusé la psychanalyse... "ça me fait peur et c'est trop cher"... Côté politique, question : était-il de droite ou de gauche ? Pour L'Humanité, il représentait une droite pas totalement convertie au capitalisme sauvage... Il était le dernier porteur d'un petit bout de la Croix de Lorraine gaulliste... "Il se comportait comme un homme de gauche avec les gens de droite, et comme un homme de droite avec les gens de gauche" dit de lui le chef d'entreprise Marc Ladreit de Lacharrière... Libération rappelle tout de même que ce gaulliste réputé social a mené une politique de libéralisation du marché du travail sous le gouvernement Chirac, dans les années 80... La République, le gaullisme... L'autre morceau de choix ce matin dans la presse concerne bien sûr son combat pour le "Non" à Maastricht... Dans l'album d'images du Figaro, photo du fameux débat face à un Mitterrand au tein de cire en 1992... Avant, il y avait eu le discours à l'Assemblée nationale sur le même sujet... Extrait : "La logique de Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais faussement démocratique, l'Europe proposée n'est ni juste, ni libre, ni efficace, c'est littéralement l'anti 1789"... La carrière de Séguin, ce sont aussi pas mal de couleuvres avalées relève Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées... en particulier, la campagne pour la mairie de Paris, son pire souvenir... Chirac n'ayant pas exigé le départ de Tibéri, il fait campagne comme le Christ qui monte au Golgota.. "Cela m'a paru interminable, qu'est-ce que je m'emmerdais !"... Voilà pourquoi Bouguereau trouve l'hommage de la classe politique, depuis hier, bien hypocrite... Il rappelle que le président de la Cour des Comptes n'a guère ménagé Nicolas Sarkozy ; sondages de l'Elysée, coût de la présidence de l'Europe, inutilité de la baisse de la TVA dans la restauration... Sur tous ces dossiers, "l'emmerdeur flamboyant", comme l'appelle Olivier Picard dans les DNA, aura bien enquiquiné le président... Quant à l'autre président, Jacques Chirac, il avait une peur quasi physique de son cadet, rappelle Antoine Guiral dans Libé... Alors conclusion à Anne Fulda dans Le Figaro à côté d'une photo de l'ancien maire d'Epinal fumant comme un Gainsbarre de la politique : "On imagine sa réaction s'il pouvait commenter ce concert de louanges... On imagine son rire énorme et silencieux... Il aurait ri sûrement Philippe Séguin, ou pleuré car son heure n'est jamais venue". Nicolas : Voilà pour ce personnage de la vie politique française... Des personnages, la politique n'en manque pas d'ailleurs et ils sont plus ou moins en cour... Les mystères de la Cour... C'est le dossier du Point cette semaine et il est beaucoup question de vous, Henri Guaino, notamment dans l'article de Saïd Mahrane, sur la guerre entre conseillers à l'Elysée... "Un drôle d'enfer"... Les conseillers font assaut de virilité, s'approprient les idées d'un autre, médisent souvent, parfois même à l'oreille du président, ou alors feignent la camaraderie... Mais au fond d'eux, ils se détestent... Ils le détestent, lui, Henri Guaino... Claude Guéant le secrétaire général de l'Elysée, Raymond Soubi le conseiller social, ont affronté au moins une fois la fureur du Chevalier Guaino... Le Point raconte notamment une passe d'armes à Washington entre vous et Jean-David Levitte, conseiller pour la politique étrangère... Vous en êtes presque venus aux mains, selon un témoin... - Vous avez le sentiment que les autres grands conseillers de l'Elysée vous détestent ? Allez pour finir, les autres Unes de la presse ce matin... - La compagnie low-cost RyanAir est en passe de dépasser Air France en terme de passagers... 13% de croissance malgré la crise... 65 millions de passagers contre 71 pour Air France-KLM... RyanAir devrait passer devant cette année... C'est à lire dans Les Echos. - Dans La Croix, les chrétiens coptes se sentent menacés en Egypte... 6 ont été tués mercredi à la sortie de la messe de Noël qu'ils célébraient donc le 6 janvier... Cela confirme la montée des tensions entre coptes et musulmans. - Le coup de gueule de Laurent Blanc à la Une de L'Equipe... L'entraîneur de Bordeaux en a marre des rumeurs sur les suites de sa carrière... Rumeurs qui le placent à la tête de l'équipe de France de football après la Coupe du monde... Du coup, il ne parlera plus des Bleus jusqu'au 15 mai. - Et puis, à la Une du Wall Street Journal, une photo étonnante... Imaginez une affiche publicitaire pour une marque de vêtements, en 4x3, avec Nicolas Sarkozy en photo au beau milieu des Champs Elysées... L'équivalent existe à New-York... Photo de Barack Obama à Time-Square... Elle est utilisée sans autorisation par une marque de blouson... La Maison Blanche demande qu'elle soit retirée... A la place, on peut imaginer un slogan pour l'homme qui a suscité beaucoup d'espoir et en déçoit une partie... "Et maintenant, just do it". Bon week-end !

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.