Une vieille dame de 80 ans qui se porterait comme un charme si elle ne devait pas faire circuler des trains, et si elle n'avait pas un actionnaire, l'Etat qui s’affiche mécontent.

« L’exécutif met la SNCF sous la pression » titre le Figaro, qui publie la lettre de convocation des dirigeants de l'entreprise par la ministre des transports Elisabeth Borne et donne la coulisse, c'est de son séjour au ski à la Mongie qu'Emmanuel Macron a demandé ces convocations tranchantes... 

Ah la coulisse ! Est ce qu'on parle des trains qu'emprunte le commun des mortels ou est ce qu'on parle d'un mortel hors du commun... Guillaume Pepy, 10 ans de présidence, 20 ans à la direction de la SNCF... "Ce qui fait tenir Pepy" titre l'Opinion... Et on nous raconte un homme « insubmersible » (le Figaro). Pepy que Muriel Penicaud, la ministre des affaires sociales défend, ils se sont connus au cabinet de Martiner Aubry, Pepy qui embaucha jadis Elisabeth Borne, en galère après la chute du cabinet Jospin... Capital complète... " Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb n’oublie pas ce qu’il lui doit : notamment l’installation dans sa bonne ville de Lyon de la direction générale des TER...."

On lit aussi dans le Figaro que patron de la SNCF c'est un job mal payé... qui en voudrait?

Voilà donc le domaine des dieux... Le voyageur se sent un peu quantité négligeable... Les échos racontent que la SNCF a passé une très bonne année financière. La Croix raconte le bonheur de la SNCF dans la diversification et la mondialisation... Le métro automatique à Hyderabad, le train de banlieue à Boston, le ferry à Newcastle, c'est une filiale de la SNCF. L'esprit ferroviaire disparait dénoncent des syndicalistes...

Mais le rail se venge.... La Provence fait sa une sur un réseau "au point de rupture" dans le Sud-Est... Le journal raconte comment le trafic a été perturbé pendant 6 jours du 29 novembre au 15 décembre parce qu'un fil électrique s'était dénudé en gare de Miramas, il a fallu vérifier 3000 fils, et bloquer les aiguillages avec des cadenas...

Le Courrier picard en fait sa Une.... La SNCf va ouvrir à Amiens un atelier de maintenance... Ce n'était pas arrivé dans la région depuis un siècle...  On va y entretenir les rames Paris-Amiens-Boulogne, des trains normaux jusqu'ici négligées au pendant que l'on bichonnait les Eurostars, TGV-Nord et autres Thalys...

On a tout compris. 

Les journaux prennent le deuil de France Gall

Et c'est Libération qui le fait avec le plus d'élégance... « France Gall évidemment » sourit-elle à la Une, en noir et blanc... Elle sourit encore à la Une du parisien mais on a l'impression que ses yeux sont humides. Le Parisien qui cite la chanteuse... "Si on me proposait de revivre la même vie, je dirais non. La prochaine fois, je demanderai à avoir une vie plus douce"... Mais Libération se souvient d'une autre phrase, "j'ai été la femme et la chanteuse la plus heureuse du monde"... 

Cette vie heureuse qui ne fut pas douce, avec la mort d'un mari Michel berger et la mort d'une fille Pauline, fut une partie de nos existences...

C'était "notre France" titre le Parisien.

Des journaux cherchent un lien particulier. Nice-Matin qui titre « Douce France »  raconte Ramatuelle et les cours de tennis des enfants, Ouest France raconte Honfleur...

Mais c'est dans l'Yonne républicaine que l'on retrouve Isabelle Gall qui deviendrait France, et qui passait des vacances  à Pourrais et qui donna son premier concert à 15 ans, à Auxerre dans une belle demeure bourgeoise, Place de la Cathédrale, pour sa famille et ses amis...

Elle était jeune, France Gall, que des journaux renvoient souvent à ses premières années, ce qui ne lui rend pas justice, puisque ces mots la figent dans un mode acidulé, adolescente pour toujours et passive...

Elle était au contraire forte et vivante. On apprend dans Libération qu'elle se passionnait pour le rap et le RnB, Youssou N’Dour, sur le site du parisien, raconte son lien avec le Sénégal….

Elle donnait.

"Une muse française", titre le Figaro pour parler d'une femme déterminée... et en lisant aussi les réactions que que nos journaux rassemblent, on réalise que France Gall  adonné du talent aux autres, même à ceux qu'on n'attendait pas...

"Ils ont de la chance les anges, ils viennent d'être rejoints par une étoile, s'ils pouvaient lui dire quelques mots d'amour de ma part, ce serait chouette..." dit Christophe Castaner, habituellement adepte de la langue politique rugueuse... C'est une des grâces qu'elle nous laisse...

Et pour finir, une enquête de Mediapart sur les suicides en prison

On sait bien peu de chose des destins de Bilal, Christelle, Dias, Franck, Jérémy, Jordy, Kim, Laurent, Martial, Mathéo, Nathan, Sébastien, Stéphane ou encore Zbigniew, tous morts cette année dans un établissement pénitentiaire français....

écrit Mediapart qui publie une enquête glaçante et méticuleuse... 

Mediapart a recensé 72 suicides en 2017...  "Une addition probablement bien en deçà de la réalité", le plus jeune avait 16 ans...

Et le journal précise...  "Fresnes et Marseille, avec leurs taux d’occupation de 175 % et 125,5 %, où les rats et les insectes nuisibles pullulent, sont celles où l’on s'est le plus tué en 2017."

L'enquête accuse moins qu'elle n'interroge, une institution pénitentiaire qui essaie de limiter les dégâts humains, mais est dépassée... Elle a sollicité des détenus de soutien, des volontaires qui accompagnent leurs codétenus suicidaires dans une cellule... Et Mediapart rapporte le témoignage d'un de ses volontaires, confronté à sa solitude, jamais remercié, apprenant qu'un homme qu'il avait accompagné a fini par se pendre après avoir été changé de cellule..... 

Pour ceux-là, nul de parle de paradis blanc...

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