Emmanuel Macron attire le commentaire politique dans Libération, l'Humanité, l'Opinion, le Monde en allant ur la tombe de François Mitterrand dont Sud-Ouest, la Provence, le Journal du Centre, disent les traces. La revue Artension dit des peintres jeunes qui nous voient superbement flous.

On parle  d'une femme seule... 

Mais elle est portée par une juste cause sur l'immense océan, la navigatrice Samantha Davis, dont la Croix nous dit l'Odyssée. Le Vendée Globe dont elle était une des vedettes s'est dérobé à elle le 2 décembre dernier quand son monocoque a heurté un objet flottant, elle s'est vue mourir, elle a réussi à ramener son bateau à terre pour se réparer, mais la course était finie, elle irait chercher son fils a la sortie de l'école la baguette sous le bras... Et puis la pensée lui est venue de Mireille, une petite fille venue d'Afrique pour se faire opérer du cœur en France... Et Samantha Davis a repris la mer, hors compétition, elle ne figure plus au classement de l'épreuve et elle est dit la Croix "la plus que solitaire", oui mais elle est fidèle. Fidèle à sa vocation de marin et à la tradition de la mer et fidèle à Mireille et aux gosses gosses malades. Samantha Davies porte les couleurs d'une association, "Mécénat chirurgie cardiaque", qui va chercher des enfants en danger dans des pays moins riches, son bateau s'appelle initiative-coeur.fr, en voilà un beau nom de bateau et une invite à cliquer pour donner, Samantha est libérée de l'obsession de la vitesse et elle écoute la mer et les oiseaux...   

Le magazine du Parisien raconte l'attente des enfants des navigateurs solitaires. L'Humanité raconte un homme qui dans le Vendée Globe jouit de sa belle solitude, il est handicapé Damien Seguin, il est né avec une main en moins, mais ne se met pas de limite, l'Humanité dit sa force tranquille, d'un slogan qui fut socialiste, sans doute est-ce la bonne journée.   

 Car on parle de François Mitterrand...  

 Un homme solitaire mort il y a juste vingt cinq ans. Il y a deux manières de se connecter à François Mitterrand ce matin, l'une est politique sur les traces de d'Emmanuel Macron, qui va aujourd'hui sur la tombe de son prédécesseur, Libération et l'Opinion font le même jeu de mot, "le coup de Jarnac" -qui était qu'on s'en souvienne une ruse d'escrime.   

Est-il légitime à revendiquer Mitterrand, notre Président qui pratique -l'Opinion cite l'écrivaine Yasmina Reza- un "fétichisme de la mémoire"? L'Humanité fronce les sourcils et le Monde, beau décryptage de références, démontre qu'Emmanuel Macron emprunte avant tout au mythe gaulliste, bien obligé, le Général est tout ce qui nous reste pour incarner la Nation assure l'historien Pierre Nora, spécialiste en sentiment national dit le Monde. Nora lâche cette pique. "Le problème avec Macron, c’est qu’il donne toujours l’impression de jouer un rôle, et non de l’habiter. L’inverse de De Gaulle. Le Général était fait pour les tempêtes. Macron est un homme supérieurement doué, mais dont la nature heureuse et réformatrice est faite pour les temps tranquilles".   

Mazarine Pingeot,  ne viendra pas avec Emmanuel Macron sur la tombe de son père, constate la Charente libre, François Hollande lui viendra et dans dans Sud Ouest borne son héritage. "François Mitterrand avait cette capacité à endurer et à espérer." Le mot est joli et jolis sont dans la Provence les souvenirs de Franz-Olivier Gisbert qui fut le biographe de Mitterrand, un homme qui savait "prendre le temps de musarder dans Paris en parlant de Dieu ou de football"...    Et ces mémoires nous invitent à quitter la politique pour le simple souvenir, ce sont des tendresses sur Jarnac sa ville dans Sud-Ouest, et des souvenirs du Morvan dans le Journal du Centre, François Mitterrand avait amené le train électrique à Nevers, et  à Château-Chinon dont il fut maire, des touristes parfois demandent la chambre 15 à l'hôtel du Vieux Morvan,, ce fut la sienne, ils ne sont plus très jeunes, moi non plus.   

Nos journaux dont les grandes Unes s'attardent sur l'Amérique et la Covid, nous invitent à de nobles fuites dans le passé. La Croix L'Hebdo est magistral en contant la saga de Patrice Lumumba, figure de l'indépendance du Congo Kinshasa qui fut assassiné et l'on dit que son pays souffre car il n'y est pas enterré.

 Le Magazine du Monde n'est pas moins pénétré du devoir de mémoire en allant ressusciter un homme qui nous marqua dans les années Mitterrand, il  écrivait si bien prenait des photos rares et il était beau surtout, mais cruellement, et  "fasciné par le pourrissement des corps et la décomposition des êtres", se souvient Isabelle Adjani, qu'il attirait et qu'il attira, homosexuel pourtant. Hervé Guibert incarna par ses confessions et sa mort la pandémie du Sida, il redevient écrivain pour nos contemporains.  

L'Obs nous invite à des fantômes et aux cauchemars d'hommes et de femmes qui vivent en France et ont fui l'Algérie au temps de la terreur islamiste, quand un pays laïque et tolérant dans sa société basculait dans l'horreur, une enseignante trouvait dans une poubelle la tète d'une de ses élèves trop libre... Et depuis la décapitation de Samuel Paty, dans leur solitude, ces réfugiés pensent que les monstres les ont rattrapés ici.    

 On parle enfin d'un guide... 

  Que le magazine des Echos célèbre pour ses 65 ans, "j'attends un enfant" de Laurence Pernoud qui, au fil des ses éditions, raconte comment nous avons changé: au commencement, notre maitresse en grossesse autorisait la cigarette aux femmes enceintes et même deux verres de vin au quotidien... Etait-ce imprudent? 

Dans le Figaro magazine, un maitre de vie, le cancérologue David Khayat, nous invite à ne plus chipoter les plaisirs de la table, nous nous rongeons de prudence, c'est mauvais pour la santé. C'est plutôt sympathique en somme, sympathique aussi dans le Figaro quotidien une redécouverte du savon au soufre, souverain on le savait contre l'acné. 

Dans Libération, je découvre la tarentelle, rituel musical  du Sud de l'Italie qui soigne les possédés du venin d'araignée, et que des musiciens électroniques remixent au gout du jour, il est temps de sortir du simple passé, cela rend fou.  

 Lisez dans Marianne,  au présent des flics géniaux qui viennent au secours des SDF, c'est une brigade spécialisée à Paris, la BAPSA.  Et lisez pour vous venger de la fermeture prolongée des lieux de culture la belle revue Artension, qui dans un dossier consacré aux représentations du corps, me fait découvrir de jeunes peintres ébouriffants,  qui dans des brouillages des kaléidoscopes des déformations fidèles nous montrent comme nous sommes aujourd'hui, superbement flous.

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