On se dit ça, parfois, en observant ce que font et ce que possèdent les autres. La revue de presse du samedi 8 juillet 2017, par Frédéric Pommier.

En regardant leurs voitures, en regardant leurs chaussures ou leurs photos de voyage. « Ah, si j'étais riche. »

On se dit ça, parfois, en observant le tirage du loto le samedi soir. Ou bien en feuilletant les annonces immobilières dans les hebdos. Si j'étais riche, je m'achèterais ce duplex avec terrasse sur l'île de la Cité, cette maison au Touquet, ce manoir dans la Sarthe ou bien ce cabanon de 142 pièces dans le bassin d'Arcachon.

« Ah, si j'étais riche. »

C'est une formule de rêveur. Mais les riches, de quoi rêvent-ils donc ? Les super-riches, les hyper-riches, de quoi rêvent-ils puisqu’ils ont tout, ou qu’ils peuvent tout s’offrir ?

Eh bien, certains ne rêvent pas. Bien plutôt : ils cauchemardent, ainsi que le révèle la passionnante enquête publiée dans la passionnante REVUE DU CRIEUR : « Quand les ultra-riches se préparent au pire ». C’est un long récit signé Evan Osnos qui, pendant plusieurs mois, est allé rencontrer des Américains argentés – ou plutôt ultra-argentés – persuadés que la fin du monde se rapproche à grand pas. Du moins, la fin de leur propre monde, la fin de leur monde de privilégiés.

Ayant fait fortune dans des start-ups new-yorkaises, ou dans des « fonds spéculatifs » californiens, ou dans la Silicon Valley – ce ne sont donc pas de simples dingues – ils disent craindre que les exclus de la modernité ne prennent bientôt leur revanche – autrement dit, ils craignent que les pauvres ne prennent bientôt leur revanche. A quoi s'ajoutent la peur d'un conflit nucléaire avec la Corée du Nord et la peur d’éventuelles catastrophes naturelles – pandémies ou tremblement de terre.

Bunkers de luxe

Mais ces ultra-riches légèrement paranos ont décidé d'anticiper : ils se font opérer des yeux – des fois qu'ils casseraient leurs lunettes au moment de l’apocalypse – ils stockent tout à la fois des vivres et des masques à gaz, des armes, des munitions, des pièces d'or, des motos ou bien des hélicos permettant de rejoindre au plus vite les endroits reculés sur lesquels ils se font bâtir des bunkers.

Bunkers de luxe évidemment : des appartements souterrains pour quelques millions de dollars, avec partout de fausses fenêtres diffusant des vidéos des prairies alentours. Le must, c'est la Nouvelle-Zélande : de plus en plus d'Américains s'achètent là-bas des terrains. Des Américains qui, du reste, selon une récente étude, sont quatre sur dix à penser que de se faire construire un abri antiaérien est un meilleur investissement qu'un plan épargne-retraite ! « Ah, si j’étais riche. » Eh bien, je ne suis pas sûr que je me ferais construire un abri antiaérien.

Le G20

Et l’on retrouve le mot « bunker » dans la presse ce matin, mais c’est pour désigner le centre des congrès de Hambourg en Allemagne : là où, depuis hier, se tient le sommet du G20, sommet des 20 pays les plus riches de la planète.

Tous les journaux reviennent sur la poignée de main entre le président américain et le président russe.« Entre Trump et Poutine, le premier face-à-face », titre ainsi OUEST FRANCE, tandis que LA PRESSE DE LA MANCHE évoque « La rencontre des ogres ». Une rencontre qui ne devait durer que 30 minutes et qui a finalement duré près de deux heures. Selon Rex Tillerson, le Secrétaire d'État des États-Unis, il y a eu, je cite, une « alchimie positive » entre Trump et Poutine. « Alchimie positive » ? « Pas vraiment de quoi rassurer », estime Florence Chédotal dans l’édito de LA MONTAGNE, en rappelant qu’en coulisses, « les conseillers de la Maison Blanche avaient prié très fort pour que le fantasque Donald Trump ne copine pas en public avec le tsar – voire, se fasse manipuler, au vu de son impréparation ». Et, de fait, on ne les a pas vus copiner. Simplement se serrer la main.

Sachant que pour le reste, le dirigeant américain semble avoir « du mal à trouver sa place parmi ses pairs», analyse Nathalie Versieux dans les colonnes de LIBERATION. « Trump a surtout brillé par la brièveté de sa présence au cours des séances de travail, témoigne même un diplomate, précisant qu’il a quitté la réunion sur le climat au bout de vingt minutes seulement, alors que cette dernière a duré une heure. Mais bon, c’était pour aller voir Vladimir Poutine.

LE FIGARO revient sur une autre poignée de main

Première poignée de main là encore, et premier rendez-vous de Donald Trump avec Enrique Pena Niéto, son homologue mexicain. Officiellement, selon le ministre mexicain des Affaires Etrangères, il n’a pas été question du mur de la discorde – ce mur de plus de 3.000 kilomètres que le président américain veut ériger à la frontière afin, promet-il, d’endiguer l’immigration clandestine. Un mur dont Trump entend toujours faire payer la construction par le Mexique, ce que, bien sûr, le Mexique refuse.

Des histoires d’argent, également, dans le reportage d’Eric de Lavarène dans LIBERATION

Reportage en Egypte, où l’augmentation de 50% des tarifs de l’essence décidée la semaine dernière par les autorités a encore fait grimper les prix. Décision pour répondre aux exigences du FMI, en échange d’un prêt de 12 milliards de dollars destiné à relancer l’économie. Mais les égyptiens rencontrés par mon confrère confient qu’ils ne s’en sortent plus.

« On nous piétine, lance Maria, une mère de quatre enfants qui, ce jour-là, n’a pu se payer qu’un unique sac de tomates. Même sentiment chez Ihab, un boulanger du Caire : « Parfois, dit-il, les gens nous demandent le prix du pain, réfléchissent un moment, puis repartent sans rien acheter. Les prix sont devenus fous. Et nous, on essaye simplement de survivre. »

Elle, en revanche, elle vit très bien

Un grand dossier sur Céline Dion dans le supplément des ECHOS : « Céline Dion, du show au business ». Où l’on peut lire qu’en 2016, la chanteuse canadienne a empoché plus de 42 millions de dollars, devenant ainsi la 43ème femme la plus riche des Etats-Unis. Sachant que le pactole engrangé l’an dernier s’ajoute à une solide fortune de 400 millions de dollars amassés via sa société fondée en 1982.

Céline et son défunt René ont en outre investi dans un restaurant, dans un golf et dans une importante société immobilière. A quoi s’ajouteront bientôt les bénéfices de nouveaux produits dérivés qui vont être lancés cet automne – bagages, sac à main, pochettes et lunettes de soleil.

Cela dit, Céline Dion fait aussi gagner de l’argent à certains, et notamment à Las Vegas, où elle a fait plus d’un millier de concerts depuis quinze ans. Ceci a contribué à créer près de 7.000 emplois indirects, et à l’augmentation de 3% du tourisme. En 2011, Air Canada a même multiplié ses liaisons entre Québec et Las Vegas – et ce grâce à la richissime diva !

« L'affaire Las Vegas »

Las Vegas, il en est aussi question pour un autre dossier ce matin – la désormais fameuse « affaire Las Vegas ». Une information judiciaire a été ouverte hier, afin de faire la lumière sur l’organisation d’un déplacement d’Emmanuel Macron en 2016. Déplacement organisé par Business France, dont la directrice de l’époque est l’actuelle ministre du Travail.

« Ça se complique pour Muriel Pénicaud », titre AUJOURD’HUI LE PARISIEN, tandis que LE FIGARO reprend les propos de ladite ministre, laquelle assure qu’elle n’a rien à se reprocher. « N’empêche, estime Yann Marec dans MIDI LIBRE : tous les germes de la suspicion sont là. » Et en l’occurrence, il y a suspicion de favoritisme.

Un peu de méditation

Et puis, pour finir, un tout autre édito : celui de Laurence Folléa dans le mensuel PSYCHOLOGIE, qui nous invite à profiter du mois de juillet pour retrouver les joies de notre enfance. Manger avec les doigts. Regarder les nuages. Parler aux animaux. Faire la sieste. Grimper aux arbres. Se promener tout nu. Ou encore construire des châteaux sur la plage. On malaxe le sable humide et on cherche les coquillages qui feront jolis sur les tours. Il paraît que, pour se détendre, c'est aussi efficace que la méditation. Et, en plus, ça ne coûte rien du tout !

« Ah, si j’étais riche. » Je ferais toujours des châteaux de sable.

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