Et c'est d'abord une photo... Celle d'un homme désespéré... Hurlant de douleur... Djibril Cissé, terrassé par un joueur chinois hier soir... "Le drame", comme le titre "Le Parisien"... Oui, le drame, pour ce garçon qui, comme tous les footballeurs professionnels, fait de la Coupe du Monde LE plus grand moment de sa carrière... Eh bien, il n'ira pas... Mais au-delà de cette infortune professionnelle, il y a surtout cette photo, publiée par "L'Equipe", où l'on voit Cissé juste au moment où il tombe... Sa jambe est à angle droit... Vraiment très impressionnant... Episode qui montre que le football est aussi un sport extrêmement violent. Un coup dur pour Cissé, à la veille de cette Coupe du Monde qui commence demain... Et bien sûr un coup dur aussi pour la Coupe de France, qui a gagné devant les Chinois hier, certes, mais qui s'est montrée poussive... De quoi peut-être nourrir quelques inquiétudes... Sentiment exprimé notamment par Jacques Camus... L'éditorialiste de "La République du Centre", dont on connaît le goût pour la politique, semble être aussi un fin connaisseur du football... Voilà ce qu'il écrit : "Les Bleus ont boité pendant tout le match... Même notre artilleur d'élite, Zidane, s'est incroyablement affalé en tirant un penalty... Et si la France a gagné, c'est surtout parce que la Chine l'y a aidée... Alors, franchement, on n'arrive pas à croire à l'esprit de conquête de cette troupe, qui traîne déjà trop de blessures physiques et morales, et qui voudrait être aimée sans se rendre vraiment aimable... Oui, cette équipe de France est à l'image de Zidane, conclut Camus... A force de multiplier les adieux, on n'arrive pas à croire à son avenir". Il ne vous a pas échappé que la Coupe du Monde commence demain... Et cela fait quelques jours que nous vivons sur la planète foot, comme le titre le supplément télé du "Nouvel Obs"... Planète foot... Monde magique, pour certains... Peste émotionnelle, pour d'autres. "La peste émotionnelle", c'est le titre du livre publié par Jean-Marie Brohm, professeur de sociologie, et Marc Perelman, architecte, prof d'esthétique... Ouvrage dont "Libération" se fait l'écho ce matin, dans un dossier intitulé : "Penser avec ses pieds"... à partir de ce constat : le football est une chose trop sérieuse pour être confié aux professionnels... Alors laissons les intellectuels refaire le match. Ceux qui n'aiment pas le foot le qualifient souvent "d'opium du peuple", c'est connu... "Opium", c'est-à-dire agglutination, confucioniste autour d'un paradis artificiel, avec ses idoles dérisoires, ses slogans débiles, son vacarme de foules et ses violences mimétiques... Je cite Brohm et Perelman, qui n'y vont pas de pied mort, et qui donc dénoncent le caractère absolument capitaliste de l'économie du foot, ce soi-disant jeu dont l'une des finalités serait d'anesthésier l'esprit de révolte... Esprit qu'ils résument à la perfection, en ces temps de mondialisation. Telle est donc la thèse des auteurs, qui n'ont pas de mots assez durs pour brocarder au passage les écrits du géopolitologue Pascal Boniface, par exemple, quand il fait du football la métaphore de la modernité... Quand d'autres en font celle de la démocratie, voire de l'humanité elle-même, alors que le monde du football serait celui de la tricherie, la violence, le fanatisme, le racisme, le dopage, et tous genres de passions mortifères. Mais comme le souligne "Libération", c'est le populisme sportif de gauche que les auteurs de "La peste émotionnelle" supportent le moins, et ne l'envoient pas dire à Daniel Bensaïd ou Olivier Besancenot, toujours révolutionnaires... Sauf devant un match. Moins polémique, mais toujours autour du foot, c'est "L'Express" qui, lui aussi, se fait l'écho d'un livre... En l'occurrence, "Libre arbitre", écrit par Dominique Paganelli... Un savoureux travail sur l'Histoire et le foot, sans conteste le sport le plus instrumentalisé par la politique... Et c'est ainsi, par exemple, que le 21 novembre 73, s'est jouée la plus grande mascarade footballistique du siècle. Nous sommes au Chili, quelques semaines après le renversement d'Allende... A 18h10, l'équipe nationale foule la pelouse du stade de Santiago, pour un match décisif de barrage, en vue de la Coupe du Monde en Allemagne... Celle de 74... Or, l'équipe adverse ne vient pas... Et l'équipe adverse, c'est l'URSS, qui refuse de pénétrer dans une enceinte où des milliers de militants ont été torturés. Alors commence la partie : un joueur chilien passe la balle à un autre, qui la repasse à un autre... Et ainsi de suite, en trottinant... Personne bien sûr ne venant contrarier ce formidable jeu collectif... Et forcément, face à des buts vides, la balle franchit tranquillement la ligne blanche... Le public exulte, mais oui !... Le Chili se qualifie. Comme le disait Sartre, dans cette phrase définitive : "Au football, tout est compliqué par la présence de l'équipe adverse". Des histoires comme ça, "L'Express" en publie quelques-unes sur deux pages saisissantes, sous le titre "Stade suprême". Bon, on peut aussi s'intéresser au foot en le regardant tout bêtement à la télé, et en vibrant devant une belle passe, un beau but... Avec ce sport qui se joue à 11 contre 11, et à la fin, ce sont les Brésiliens qui gagnent... Alors, c'est demain que la fête commence... Et c'est aujourd'hui que "L'Equipe" sort son numéro spécial... Son guide... Et disons-le franchement : de tous ceux que la presse a sortis depuis plusieurs semaines maintenant, il est probablement le mieux fait... A tout seigneur tout honneur. Le geste de Nicolas Sarkozy pour des enfants d'immigrés sans-papiers... Et dans le même temps, les mesures musclées proposées par Ségolène Royal sur le terrain de la sécurité... Ils étaient nombreux hier, dans la presse, les commentaires du genre "On ne sait plus qui est à gauche et qui est à droite"... Eh bien, si l'on se penche sur le sondage publié par "Le Figaro" ce matin, on s'aperçoit que les repères traditionnels perdurent, puisque selon 56% des personnes interrogées par BVA vendredi et samedi derniers, Nicolas Sarkozy fait les bons choix contre l'insécurité. Et c'est d'ailleurs aujourd'hui que le ministre de l'Intérieur dresse le bilan de sa politique contre la délinquance... Et qu'il le met en scène, son bilan, comme le titre "Le Figaro", avec, en toile de fond, la question : "Partir ou ne pas partir ?"... Autrement dit : "Rester ou ne pas rester au gouvernement ?"... On verra... En attendant, Nicolas Sarkozy va donc sortir ses chiffres... Oui, mais quels chiffres ? "Des faux !", affirme "L'Humanité"... Plus précisément, des chiffres trafiqués, parce que trafiquables à loisir, affirme ce journal, qui estime qu'au bout du compte, le bilan de ses quatre années passées au ministère de l'Intérieur n'est guère glorieux... D'où ce titre, en Une : "Le bilan Sarkozy, ou l'échec du tout-répressif". "Et puis, que signifie ce tennis en forme de flash-ball, entre les deux favoris des sondages, concernant les problèmes de sécurité ?", proteste Maurice Ulrich, toujours dans "L'Humanité"... "C'est détestable, et on devine quel terreau les restes de ces surenchères vont aller nourrir... Quand on vient sur le terrain du Front National, écrit notre confrère, il sait toujours en profiter". Eh oui... "Tranquille comme Baptiste, Jean-Marie Le Pen", écrit de son côté "Libération". Le leader du Front National jubile et se fait discret, convaincu que les thèmes adoptés par ses adversaires le servent... Analyse résumée par ce titre, dans "Libé" : "Le Pen la ferme... le FN engrange". Requinqué après une croisière sur le Danube, une petite visite en Serbie, et sa traditionnelle cure de jouvence en Suisse, Jean-Marie Le Pen s'avance en campagne les mains dans les poches, avec manifestement la certitude de pouvoir refaire le coup de 2002, et donc d'être présent au second tour l'an prochain. Et ce qui l'enchante, précisément, nous explique "Libération", ce sont les prises de position, a priori à contre-emploi, de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal... Et signe de cette confiance en soi : Le Pen parle de lui à la troisième personne désormais, et surtout, note "Libé", il considère qu'il n'a plus besoin de faire parler de lui, persuadé que sa diabolisation se termine. Mais pourtant "Libération" raconte cette scène, et prête à Jean-Marie Le Pen les propos suivants... "Récemment, j'ai dîné avec un Hindou vivant depuis longtemps en France, et qui occupe une position importante... Il me disait avoir souffert de discrimination en France". Et le président du Front National précise que, d'après sa définition, "un Hindou, c'est un Aryen un peu bronzé". Conclusion de "Libération" : confiance en soi ou non, Le Pen, lui, ne change pas. Egocentriques et Narcisse de tout poil... Vous avez trouvé votre maître... Un certain Mao, dont nous parle "Le Figaro Littéraire" aujourd'hui, à la lumière d'une biographie écrite par le Chinois Jung Chang et le Britannique John Hallyday... Mais oui... Une énième biographie du dictateur chinois, dont on croyait ne plus rien ignorer, mais dont on cerne mieux encore les contours de l'égocentrisme cruel qui le caractérisait... Un dirigeant prêt à sacrifier 300 millions de Chinois pour la réalisation de ses projets... Autrement dit, le pouvoir pour lui tout seul, et une volonté obsessionnelle de dominer le monde. Une désinvolture criminelle, écrit "Le Figaro Littéraire", qui structure la pensée de Mao, qui disait effectivement : "Le pouvoir politique, c'est le pouvoir d'opprimer les autres, ou alors : "Plus vous lisez de livres, plus vous devenez idiot... La politique qu'il nous faut, c'est que le peuple reste ignorant". Alors Mao a pu régner, et la Chine vivre PAR lui, POUR lui, comme nous l'explique cet article bien documenté... 700 millions de Chinois... Et moi, et moi, et moi. Bonne journée. A demain.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.