Pour l'heure, l'information n'est pas encore confirmée... Elle a même été démentie par les autorités gabonaises. "Non, le Président n'est pas mort", a ainsi expliqué le chef du gouvernement gabonais sur la chaîne nationale. Démenti également du Quai d'Orsay, à Paris : "Les autorités françaises démentent être à l'origine de la nouvelle, dont elles ne sont pas informées", a indiqué hier soir le ministère français des Affaires étrangères. La nouvelle en question, c'est donc la mort d'Omar Bongo... une nouvelle dont, ce matin sur France Inter, du fait des démentis, nous avons décidé de ne parler qu'au conditionnel. Mais dans les journaux, pas de conditionnel : le fait est considéré comme acquis. C'est le site Internet du Point qui, le premier, l'a annoncé hier soir : "Le Président gabonais Omar Bongo est mort". Information relayée ensuite par le site Internet de L'Express... par celui du Nouvel Observateur... ainsi que dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui en France, de La Tribune, Libération, France-Soir... tous évoquant "une source proche du gouvernement français"... et tous proposant, du coup, le portrait de celui qui était le doyen des dirigeants africains : plus de 40 ans au pouvoir. Et avec lui, "c'est un bout de la Françafrique qui disparaît", commente Thomas Hofnung dans Libération... qui rappelle l'un des propos d'Omar Bongo : "L'Afrique sans la France, c'est une voiture sans chauffeur... La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant"... une belle image, qui résume les rapports très particuliers qu'il a entretenus avec les dirigeants de l'Hexagone, ainsi que l'explique le journaliste. "Le vieux sage a toujours été soupçonné d'avoir financé une palanquée de campagnes électorales... Mais son rôle occulte n'a jamais été éclairci par la justice... Lors du procès Elf, dans les années 90, son nom a d'ailleurs beaucoup été cité... Mais il a finalement été épargné". Amitiés politiques, intérêts financiers, mélange des genres... Omar Bongo, soupçonné par ailleurs de corruption, mais "considéré ces dernières années comme un sage de l'Afrique", note ce matin Henri Vernet dans Le Parisien, qui souligne que "le Président gabonais a joué les médiateurs dans plusieurs crises africaines"... Sur le plan intérieur, bilan toutefois beaucoup moins rose : un tiers de la population du Gabon vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté... "Cette nuit, à Libreville, les rues étaient quasi désertes", rapporte David Lewis, de l'agence Reuters... "Après l'annonce de la nouvelle donnée en France, de nombreux habitants sont rentrés précipitamment chez eux... Aujourd'hui, les opposants au Président redoutent que son fils, actuel ministre de la Défense, ne profite du vide du pouvoir pour en prendre la tête"... Omar Bongo serait donc mort... Conditionnel... Concernant les Européennes, en revanche, pas de conditionnel... Tous les journaux s'accordent pour dire qu'il y a deux grands gagnants et deux grands perdants... Et d'abord les perdants. Tout le monde est d'accord : ils s'appellent Martine Aubry et François Bayrou. "Aubry et Bayrou KO", titre ainsi Paris-Normandie. "PS et MoDem en déroute", titre La République des Pyrénées. Le Parisien-Aujourd'hui en France évoque un "Bayrou dans la tempête". Le Figaro parle d'un "PS humilié" : "Humilié par Cohn-Bendit"... car le leader des listes Europe Ecologie est bien, lui, l'un des grands gagnants du scrutin. France-Soir évoque "le D-Day de Cohn-Bendit". Sud-Ouest constate "un tonnerre vert à gauche". Et Libération propose une photo pleine page de l'ancien révolutionnaire à sa Une, sous ce titre : "Européennes : le Dany boom"... joli titre, qui résume à lui seul tout ce qu'on peut lire dans la presse ce matin, tous les éditos soulignant que les 16% d'Europe Ecologie sont une réelle victoire. "Le souffle écolo décoiffe le PS et le MoDem", note ainsi Jacques Guyon dans La Charente Libre. Tandis que Patrick Venries, dans Sud-Ouest, pointe par ailleurs "l'autre victoire de Dany le Vert"... "Et cette victoire, dit-il, c'est que ce vote a rendu un peu d'espoir à ceux qui pensent que l'action politique peut encore changer le monde... Le succès du trio Cohn-Bendit/Eva Joly/José Bové montre qu'il n'y a pas de fatalité au désintérêt des jeunes pour la politique, dès lors que la politique s'intéresse à leur avenir et propose de le rendre meilleur". Et puis l'autre vainqueur du scrutin, c'est bien sûr Nicolas Sarkozy. "Deux ans après son élection, le sarkozysme se porte bien", se félicite ainsi Gérard Carreyrou dans France-Soir. "Le Président de la République a reçu un feu vert de l'opinion", applaudit également Etienne Mougeotte dans Le Figaro. Et même Laurent Joffrin, dans Libération, reconnaît que "le scrutin d'hier est une performance incontestable du chef de l'Etat". "La principale évidence d'hier soir tient en trois mots : Sarkozy a gagné", note aussi Michel Urvoy, à la Une de Ouest-France... aux yeux duquel "les résultats représentent le scénario idéal pour le Président de la République". En fait, "le seul problème qui se pose à lui, note pour sa part François Lenglet dans La Tribune, c'est celui de l'ouverture pour le prochain remaniement de son gouvernement... Qui, en effet, peut-on débaucher lorsqu'on n'a plus d'ennemi ?". Pour le reste, tous les journaux constatent que, majoritairement, c'est la droite qui l'emporte, partout en Europe. Portrait de la nouvelle benjamine du Parlement européen, dans Le Parisien... Elena Basescu, 29 ans, la fille cadette du Président roumain... Elle s'était lancée dans la course en indépendante... Elle a gagné son pari. Partout, vous lirez par ailleurs des comptes rendus des soirées électorales. Dans La Provence, vous lirez qu'au siège de campagne de l'écologiste Michèle Rivasi, tout le monde a bu du rouge : on ne s'attendait pas à un tel score, et personne n'avait prévu le champagne. "Pas de champagne d'ailleurs non plus au siège de l'UMP, où on a décidé de la jouer modeste, explique Didier Micoine dans Le Parisien... Là, c'était Bergerac rouge et Chardonnay blanc". Et pour Barack Obama, même pas de vin : juste de l'eau pour accompagner son gigot... Ca, c'est à lire dans Le Figaro qui, sous la plume de Christophe Cornevin, revient sur "le week-end glamour de touristes peu ordinaires à Paris". Les touristes en question étant donc la famille du Président américain... Vous lirez, ou bien relirez, que le couple présidentiel a dîné ce week-end dans un bistrot de la rive gauche, qui sert une cuisine du Sud-Ouest. Au menu donc : gigot d'agneau et île flottante... des plats servis après qu'un goûteur des services secrets américains eût officié en cuisine. Barack Obama a un goûteur... Question de sécurité. Récit de sa visite en Normandie dans La Croix... où Solenn de Royer nous explique que de nombreux habitants de Caen n'ont pas pu approcher de la préfecture, où Sarkozy et Obama se rencontraient. "Pour approcher, explique une habitante, un policier nous a dit qu'il fallait sa carte de l'UMP". Et puis retour à l'alimentaire, avec la frustration du restaurateur de Colleville-sur-Mer... Il a créé pour l'occasion un "hamburger Michelle Obama", et il espérait bien que la First Lady lui ferait l'honneur de sa visite. Mais non... C'est à lire dans France-Soir... Il est déçu : Michelle Obama n'est pas venue. Il faut croire que le goûteur de Barack Obama était avant passé par là.

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