(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : Merkel avant-centre

Voici donc une zone Euro populaire... Pendant presque un mois, s'y opposeront les partisans de la relance à tous crins et les adeptes de la rigueur défensive... On parle de l'Euro de football, bien sûr !

A lire L'Equipe ce matin, de la Une aux chroniques de Didier Braun, les clins d'œil du foot à la politique et l'économie ne manquent pas.

Dans cette zone Euro, la superstar est portugaise, Cristiano Ronaldo, le tenant du titre est espagnol... Et avant lui c'était la Grèce dont on vantait l'esprit rigoureux et solidaire. C'était en 2004, près de 5% de croissance en Grèce et l'équipe de foot championne d’Europe était entrainée par un allemand.

L'Union européenne du football ne fait pas de politique, affirme son président Michel Platini. Tu parles ! semble lui dire Didier Braun dans L'Equipe. La Pologne et l'Ukraine, hôtes de la compétition, « on aurait eu peu de chances de connaitre ceci avant la chute du mur de Berlin. »

D'ailleurs ce choix se retourne contre les organisateurs avec le boycott politique, le refus de certains dirigeants, dont François Hollande, de se rendre dans cette Ukraine qui emprisonne l'opposante Timochenko.

Dans cette zone Euro là aussi, l'Angleterre est à la marge. A la Une de France Football , aujourd'hui, ce titre : « L'Angleterre c'est tragique ». Le pays qui a inventé le football, adversaire de la France lundi n'a disputé aucune grande finale depuis 46 ans.

Dans la zone Euro, la vraie, une femme vient de tacler sévèrement un homme

Vous connaissez la définition du football selon l'attaquant anglais Gary Lineker en 90 à l'époque où l'Allemagne imposait sa loi au monde entier : "c'est un jeu simple, 22 hommes courent après un ballon et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne"

Eh bien la crise dans la zone Euro, "17 pays sont en short et à la fin c'est Merkel qui cogne".

La chancelière a chaussé les crampons hier.

Elle était à tous les postes.

  • Elle a trouvé un accord avec l'opposition en Allemagne sur le pacte budgétaire européen. Il sera certainement signé. Voilà pour la défense.

  • Dans un document de 8 pages, elle a donné sa vision de la croissance : diminuition des dettes avant tout, libéralisation ensuite, privatisation pourquoi pas. Voilà pour la relance.

  • Et elle ne dit pas non à plus de solidarité économique, les eurobonds notamment, mais à une condition : plus d'union politique, plus de fédéralisme. Voilà pour la contre-attaque.

Résultat, gros pressing sur François Hollande à la Une :

« Europe, la contre attaque de Merkel face à Paris », titrent Les Echos

« Croissance, Berlin douche les espoirs de M. Hollande » écrit Le Monde

Et pour Le Figaro : « Merkel/Hollande : la défiance s'installe ».

Dans l'éditorial du Figaro , Pierre Rousselin commente ce un-contre-un : « si on veut sauver la zone Euro, il faudra bien faire l'Union politique. En Allemagne, la droite et la gauche y sont favorables, la France est-elle prête à sauter le pas ? » Et Rousselin glisse une pichenette... « La fixation de l'âge de la retraite, par exemple pourrait devenir un jour une prérogative européenne. »

La balle est dans le camp de François Hollande qui est après tout un « fils spirituel de Jacques Delors. »

Hollande c'est une chose, le PS c'en est une autre. En page intérieure, Le Figaro rappelle la déchirure au sein du parti lors du referendum de 2005.

A propos de déchirement, slate.fr diffuse la vidéo qui montre le délabrement de la classe politique grec. C'était hier matin, en direct à la télévision. Un représentant du parti d'extrême droite colle 3 gifles à une communiste.

"La Grèce au pied du mur", titre la Tribune hebdomadaire aujourd'hui. La Grèce qui vote, comme la France, à la fin de la semaine prochaine. Mais en France avant cela il y a un premier tour, après demain.

Premier tour analysé en détail dans la presse ce matin.

« Premier tour de taille », titre Metro - c'est amusant... La gauche part favorite. L'enjeu, à en croire la manchette de Sud-Ouest , c'est "La majorité, mais avec quel écart ?"

Dimanche, se joueront 577 matches, comme autant de circonscriptions.

Des matches et des joueurs que l'on suit plus particulièrement.

Libération s'intéresse aux candidats FN en général : plus policés que naguère, davantage de jeunes et de femmes. Le FN est même le parti le plus vertueux en matière de parité. Mais pour Libération à la Une, ces nouveaux candidats FN sont « Néo mais fachos ».

A droite Valeurs actuelles examine l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, « Voyage au pays des bobolcheviques ».

« Mélenchon devancé par le PS à Hénin Beaumont », titre le Figaro, sondage à l'appui.

Zoom sur quelques joueurs encore. Celui qui ne veut pas quitter le terrain, Jack Lang, en campagne dans les Vosges. Reportage dans Le Parisien sur l'inusable Jack, star des marchés. Affuté, bronzé, chemise ouverte sur la poitrine. Il sert des pognes, il discute recettes de cuisine, il goute les produits du fromager. Son directeur de campagne applaudit l'artiste : "Le pire, c'est qu'il ne fait pas semblant ! Il adore vraiment le munster qui pue".

Qui sera renvoyé aux vestiaires ? François Bayrou est bord du terrain. Et on trouve une défense vibrante du leader centriste sous la plume de Nicolas Domenach et Maurice Szafran dans Marianne . "L'absence (à l’assemblée) d'une des rares figures morales de la politique signerait une démoralisation citoyenne"

Et les deux éditorialistes de dénoncer d'autres centristes qui « se sont couchés devant l'ultradroitisation du tout puissant Sarkozy : ces faquins, ces malotrus, ces demi soldes de la conscience politique, ces pseudo moralistes vont revenir au Palais Bourbon en plastronnant. »

Dans la presse également, la Syrie

"Assad, l'assassin", titre Courrier international cette semaine. Nouveau massacre mercredi à Al Koubayr. Le scénario est toujours le même constate Jean Pierre Perrin dans Libération : "L'armée encercle puis bombarde la ville ou le village considéré comme rebelle. Et les tueurs, les voyous ou simplement les habitants des localités alaouites voisines passent à l'attaque. Avec un seul objectif : massacrer, assassiner les femmes et les enfants, de préférence à l'arme blanche, puis piller et bruler les maisons."

Dans Le Parisien aujourd'hui en France Bernard-Henri Levy affirme qu'il serait plus facile d'intervenir en Syrie qu'en Libye.

  • parce que la ligue arabe est encore plus déterminée

  • parce que "nous avons", dit BHL, un allié régional puissant, la Syrie

  • Kadhafi était fou, Bachar el Assad ne l'est pas, une intervention minimale, un signe, pourrait suffire à le faire réfléchir.

Didier Pobel a écrit le billet de son blog en regardant les images des enfants syriens assassinés. "Petites bouilles de bambins empaquetés dans des draps blancs. On dirait qu'ils dorment. Mais non, là bas chez eux en Syrie on ne ferme plus l'œil. Ou alors, si on le ferme, c'est pour toujours."

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