la presse choisit son camp entre Corbyn et May le jour du vote. Inquiétude sur une majorité absolue et pléthorique en France. Hanouna frappé là où ça fait mal

La revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par le jour de vote en Grande Bretagne

Et la presse là- bas ne fait pas semblant de s’engager !

A la Une du Sun, tabloid du groupe Murdoch, on découvre un Jérémy Corbyn, le leader travailliste, émergeant d’une poubelle, avec ce titre : « ne balancez pas la Grande Bretagne dans la Cor-bin, bin, poubelle en anglais », avec un édito qui ne fait pas dans la nuance non plus, Corbyn y est décrit comme un « ami des terroristes, un extrémiste marxiste». Sur le site du Telegraph, une video tout aussi radicale, on y voit un mime, en lieu et place de la tête d’affiche du Labour, être sans voix, normal pour un mime, sur l’immigration, le brexit et la sécurité, et qui n’a d’autres visées que de dépenser de l’argent, surtout celui des autres. Titre du quotidien : « l’homme qui n’a réponse à rien ».

A l’inverse, mais plus esseulé, le Daily Mirrordénonce en gros titre les « mensonges, les sacrés mensonges de Theresa May »

A l’heure où les britanniques votent, la presse française revient elle aussi largement ce matin sur la campagne « calamiteuse » de la première ministre écrit Sonia delessales Stopler dans Libération, aussi calamiteuse que fut « radieuse » celle de Corbyn. Mais quand bien même Thérésa May aurait perdu son pari, celui de sortir renforcée de ces élections, comment faudra-t-il analyser cet échec se demande Tristan de Bourbon dans l’Opinion : « faudra t il en conclure que les britanniques ont rejeté la version hard du Brexit ? voire le brexit tout court ? », puisque May avait présenté cette élection quasi comme un second référendum sur le sujet. « Toutes les interprétations restent ouvertes dit il, mais n’allons pas trop loin car le seul parti à être ouvertement contre le Brexit, les libéraux démocrates ne dépasse pas 8% dans les intentions de vote ». En tout cas, cette campagne aura donné le spectacle de « l’improbable résurrection du soldat Corbyn » nous raconte le Figaro. Celui que la presse conservatrice britannique voue aux gémonies, mais que l'Humanité adore chez nous,, a effectué une remontée spectaculaire dans les sondages. « Une remontée qui a une saveur aigre douce » au sein même du Labour nous dit le Figaro, car si l’homme est soutenu par son demi million de militants, il est haî des élus…Une victoire, ou une défaite honorable, et il faudra continuer de compter avec lui… »

En France, le premier tour des législatives, c’est dans 3 jours…

« En Marche fonce sur le parlement tel un bulldozer », c’est la Une de l’Indépendant catalan ce matin. Et à 3 jours du vote tout à coup, tout le monde s’inquiète tout à coup du raz de marée possible du parti du président : avec de drôles de rapprochements, le président du Sénat Gérard Larcher met en garde dans le Parisien « contre un grand risque s’il n’y a pas d’opposition parlementaire claire…il s’inquiète accessoirement pour son parti, les républicains et le ps, mais surtout dit il, pour le Fn et la France insoumise, qui pourraient être faiblement représentés alors qu’ils ont obtenu à eux deux 40% au premier tour de la présidentielle. Emmanuel Macron fera peut-être ce qu’il veut dans un premier temps prévient-il, mais le risque d’une colère se déversant dans la rue viendra très vite ». Même argument repris justement par le leader de la France insoumise Jean Luc Mélenchon. Dans un entretien fleuve au magazine Society consacré beaucoup à se lâcher contre tout le monde, il dit lui aussi « il va y avoir un choc social terrible. Si les candidats de Macron gagnent, il y aura de la baston méchante, tout cela ne tiendra pas le choc, vous ne pouvez pas savoir quelle sera la petite chose qui allumera la mèche, mais elle brûle déjà » prédit-il… « Recherche opposition désespérément » titre le magazine Marianne, les éditorialistes embraient sur le sujet, Mathieu Croissandeau dans l’Obs écrit : « de la majorité absolue à l’absolutisme, il n’y a qu’un pas », et quand bien même le pouvoir exécutif éviterait un tel écueil, on sait bien qu’une majorité large permet les escapades et les flirts avec la ligne blanche, François Hollande en a fait l’amère expérience ». Du coup, à en croire Cécile Cornudet dans les Echos, même le principal intéressé Emmanuel Macron s’inquiète d’une majorité monocolore, « sur qui s’appuyer si le dégagisme des sortants s’amplifie ? comment allier nouveauté et sérieux si les « société civile » se retrouvent seuls en place ? Bref, comment discipliner les petits nouveaux ? » Problème de riches me direz-vous, « paradoxe jupitérien » pour Rémy Godeau dans l’Opinion. « le, et gauche, et droite » de macron menace de se transformer en « La république en marche et la république en marche ». La refondation de notre vie politique vantée par Emmanuel Macron, un temps tenté par la démocratie participative, pourrait se résumer finalement à « la recomposition, c’est moi ».

Dans la presse également, la sanction du CSA à l’égard de l’animateur Cyril Hanouna

« Le CSA colle Hanouna au régime sans pub », titre du site les jours.fr. L’émission Touche pas à mon poste sur C8 se voit interdite de pub pendant 3 semaines. « A la louche, estime Raphael Garrigos et isabelle Roberts, ça devrait faire 3 millions d’euros ». Ce n’est pas une première rappellent- ils, en 1992 TF1 avait été condamné à verser 30 millions de francs pour ne pas avoir respecté ses quotas de diffusion d’œuvres en français. Mais en l’espèce, la sanction est assez perverse notent-ils, de la part du CSA qui s’est en fait directement inspiré de la désertion des annonceurs après le canular téléphonique homophobe d’Hanouna. Il s’est rendu compte que le fric, les admonestations, les indignations, ça Bolloré s’en tamponne. Mais être privé pendant 3 semaines de son appeau à pubs…ça pourrait être la grosse rassrah…dans le vocabulaire Hanouna, ça veut dire en gros, l’angoisse. Et ce n’est pas fini, car il s’agissait là de la sanction pour 2 anciens sketchs, reste la procédure en cours pour celui sur les homosexuels. Avec une menace à la clef, « la prochaine fois, ce pourrait bien être couic la fréquence ». Le Csa qui n’avait ostensiblement rien fait contre Bolloré jusque là, notamment lorsqu’il avait trucidé une rédaction entière celle d’iélé à l’automne dernier, disent Garrigos et Roberts, a donc finalement choisi de tenir le seul langage que comprenne Bolloré : celui de l’argent

On termine par une vente pour épater vos amis ?

Leur précédent propriétaire les qualifiait de « chapelle sixtine de la littérature » ! La chapelle Sixtine, ce sont les décors de l’émission mythique Apostrophe, animée par Bernard Pivot sur antenne 2 : 4 bibliothèques avec de faux livres et 4 panneaux de décoration qui ont vu défiler tous les monstres de la littérature contemporaine, de Duras à Nabokov en passant par Bukowski qui n’en vit peut-être pas grand-chose tant il avait bu ce soir là. Ils sont vendus aux enchères aujourd’hui même. Le lot est estimé entre 4 et 8000 euros nous dit Amandine Schmitt sur le site de l’OBs

Et si vous n’avez pas d’amis à épater, et bien sachez qu’au Japon, ils ont trouvé la solution. Ils en louent des amis ! article de Arnaud Gonzague dans l’Obs cette semaine, qui nous raconte que les japonais qui n’ont pas de copains pour leur mariage par exemple, font appel à des acteurs via des agences spécialisés en « potes de location », mais on peut aussi louer des petits enfants quand on est grand parent esseulé, et des parents pour les présenter à sa belle-famille si les siens sont décédés ou imprésentables…tout s’achète, ou au moins tout se loue là bas…terrifiant de misère humaine cet article !!!

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.