La tribune d’un sénateur proche de Donald Trump déchire le New York Times qui regrette d’avoir publié ce texte appelant l’intervention de l’armée. Dans le Monde, Naomi Klein invente le Screen new deal, dystopie que nous préparerait la Tech. L'Equipe se souvient du rugby de papa et des amateurs marrons.

On parle d'ouvriers agricoles...

Que la Provence a rebaptisé les damnés de la terre, des travailleurs venus d'Afrique du nord ou d'Amérique, que l'on voit les petits matins dans les villages partir en camionnette ramasser la fraise ou la salade et qu'on ramène le soir dans les taudis où ils sont logés, un surveillant les accompagne une fois par quinzaine à la supérette, évidemment sous-payés, pas un jour de repos, les syndicalistes français qui veulent les défendre ne peuvent les aborder qu'avec précaution, parce que "simplement leur parler, c'est leur faire des ennuis", dit un responsable de la CFDT. Ils ne connaissent pas les propriétaires des terres sur lesquelles ils triment, ils sont recrutés par des sociétés d'intérim espagnoles dont notre agriculture maraichère est devenue dépendante...  

On les a redécouvert, ces damnés de la terre, quand parmi eux s'est développé la Covid 19, dans le Gard, les Bouches-du-Rhône le Vaucluse, ceux qui les importent leur interdiraient parfois de se faire dépister, dit-on du côté de Saint-Martin de Crau... 

Et la crise sanitaire frappe ceux qui n'ont pas le choix, et dont on sait, en vérité le drame depuis des années... En mai dernier, une société espagnole nommée Terra fecundis, devait passer en jugement pour dumping social, une fraude aux cotisations sociales de plus de 112 millions entre 2012 et 2015. Le procès a été repoussé par la pandémie. La Provence a décidé de ne pas l'attendre...

Je lis dans le Monde qu'en Espagne, en Catalogne, des centaines de travailleurs sénégalais dorment dans les rues, ils sont venus parce que les producteur fruitiers de la région leur avaient laissé entendre qu'ils seraient peut-être régularisés, promesse de producteur de fruit paniqués quand la fermeture des frontières avait tari le flot des bulgares et roumains, mais quand les africains sont arrivés, ils ont réalisé qu'on ne les voulait pas. 

Une tribune secoue le New York Times...

Elle a été publiée mercredi dernier dans les pages opinion du journal, signée de Tom Cotton, un sénateur républicain de l'Arkansas, proche de Donald Trump, elle était titrée "envoyez la troupe " et appelait à l'intervention de l'armée contre les émeutes consécutives à la mort de George Floyd. Hier, quatre jours après la publication de ce texte, le responsable des pages opinions du New York Times a démissionné après s'être excusé dans des réunions de crise interne, James Bennet a reconnu qu'il n'avait pas lu lui-même ce texte qu'il avait sollicité et qui a provoqué un scandale... Des journalistes du Times l'ont désavoué publiquement, estimant qu'il mettait en danger les noirs américains qui manifestaient, et aussi les journalistes noirs du Times... Une éditorialiste publiait une autre tribune dénonçant le « texte fasciste » de Tom Cotton: "Quand j'ai lu la tribune de Cotton, je n'ai peut-être pas été suffisamment épouvantée... Je me suis dit qu'il était utile qu'il révèle son vrai visage, dangereux et autoritaire... Mais quand j'ai vu l'angoisse qu'il provoquait chez mes collègues, je me suis mis à douter que ma conception du débat courtois face à des opinions proto-fascistes"... Et le New York Times s'est désavoué lui-même. Cette crise, au gré des commentaires (je mettrai des liens en ligne) raconte les dilemmes de la presse dans un moment de tension politique. Elle serait un choc de générations entre une vieille garde attachée à publier toutes les opinions dans un journal de référence, et une génération juste sortie de l'université, qui ne veut plus sentir en porte-à-faux par ce qu'elle lit dans ses colonnes... La radicalisation de la droite, sous Trump, mine les positions des vieux libéraux... 

Dans le Monde encore, on lit Naomi Klein, une intellectuelle ressource des gauches radicales; elle analyse les efficaces brutalités du capitalisme contemporain et les a conceptualisées sous un nom devenu générique: « la théorie du choc ». Elle parle ici de la crise de la Covi-19 qui pourrait faire naitre un monde plus inégalitaire, où les entreprises de la Tech proposeraient à l'intention des classes aisées des voitures sans conducteur, des livraisons par drone, l’éducation à distance, la télémédecine, des technologies sans contact sans risque de contagion... Elle baptise cet univers à venir le Screen new deal ; le pacte des écrans... 

Tiens, la Montagne et le Populaire du Centre protestent contre la mauvaise couverture internet dans le coeur de la France, qu'il est dur de se connecter au monde quand on vit a Villosanges entre Aubusson et Clermont-Ferrand, et tiens, l'Union en Champagne insiste, il faut relancer la fibre optique, « la fibre et vite! » puisqu'on nous met au télétravail.

On parle d'opéra pour finir...

Dans le Figaro une belle interview d'un bel homme le ténor allemand Jonas Kauffman, qui nous raconte son Othello, c'est bien, mais qui nous dit aussi la fragilité du lyrique; l'opéra autant que le football fait partie de l'identité européenne ; dit cet homme qui vient d'un pays où le Fussball a repris...

Mais le football est triste lui aussi. Vous lirez dans l'Equipe  comment un grand club très riche a perdu son âme, je veux dire sa manière de jouer, collective à nulle autre pareille,  c'est le premier opus d'une série sur le Barça qui depuis le départ de Guardiola ne se ressemble plus. 

Dans l'Equipe encore, on raconte l'argent qui a pris le rugby, et on se souvient avec gourmandise de l'époque des amateurs marrons, des salaires déguisés sous la table et défiscalisés, et on me raconte l'histoire merveilleuse d'un gros bourg de l'Aude, Quillan, qui dans les années 1920 devint champion de France par la volonté de son maire, Jean Bourrel, richissime fabriquant de chapeaux et qui offrait des montres à gousset à ses joueurs... 

Autre nostalgie dans Midi olympique, les souvenirs d'un monument du XV, contemporain celui-là, Vincent Moscato, qui se souvient que jeune joueur, il avait honte de la profession de ses parents, ils étaient croque morts, il dit aussi qu'il admire par-dessus-tout les joueurs de Rugby à XIII... « Pour moi, le XIII est le seul sport de balle ovale qui aurait pu conquérir le monde »... Croyez-moi, jadis dans le monde du XV ce genre de propos étaient plus scandaleux d'un texte de Trumpiste dans le NewYork Times. 

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