Des footballeurs qui ne veulent pas abîmer les fauteuils en cuir de Clairefontaine, tels des enfants sages en colonie au château... Des souvenirs de Justes et des mesquineries ferroviaires en Eure-et-Loir dans l'Echo Républicain. Les si beaux mots de Pierre Rissient, prêtre disparu du culte du cinéma, dans Le Figaro.

La finale de la Coupe de France...

A la une de Ouest France, "ce soir les Herbiers tentent l'impossible", et cette finale est l'occasion pour nos journaux de trouver une veine journalistique, l'attendrissement, et dans le choix des mots, les solides gaillards des Herbiers semblent des enfants qu'il faudrait protéger...  

Ainsi le Parisien décrit les footballeurs vendéens au centre national du football de Clairefontaine…

"Juste avant le repas, les Herbretais, aux yeux toujours émerveillés, naviguent dans le château. Quentin Bonnet et Joackim Eickmeyer se jettent sur le baby-foot. Rodrigue Bongongui se pose avec délicatesse dans un des fauteuils en cuir gris. « Il ne faudrait pas que je l’abîme, glisse-t-il. Ça doit coûter cher. » 

Et voilà donc des petits vendéens en colonie au château ils mangent bien, ils  savent se tenir, et cette finale est une parabole sur de l'ordre et de la hiérarchie naturelles... 

Ce n'est pas seulement une question de budget mais du destin et du génie qui te choisis ou pas. Il y a cette photo dans l'Equipe, dans le Parisien d'une équipe de gamins qui posent au stade Léo Lagrange de Bondy, il y a un peu plus de dix ans... Rodrigue Bongongui a la main posée sur l'épaule de son gardien de but, et à l'autre bout, un bambin en rouge a été invité avec les grands, il s'appelle kilian MBappe, et Bongongui se souvient dans l’Equipe. "C'était notre préféré chez les poussins, on le voyait dribbler tout le monde, il était au-dessus du lot, je vais lui demander s'il se souvient de moi"...

Le trop humble Bongongui est joliment  croqué sur le site de Libération. Il n'est pas devenu professionnel comme Kylian, il a eu des malheurs de santé, il est croyant et prie et jeune, Dieu lui donnera-t-il la révolte, ou tout  est-il écrit? 

On lit dans le point la charge de Philippe de Villiers, qui fait des footballeurs les continuateurs des révoltés de Vendée sous la révolution... Est-ce bien sérieux? 

Les jours fériés sont en question dans le Parisien aujourd'hui en France... 

Car ils sont si nombreux nous dit le journal, il faut en supprimer... Mais dans l’Est Républicain, le garage lorrain JCP Auto se félicited es ponts… « Les familles qui partent en vacances ou en grand week-end sont très nombreuses. Elles en profitent pour faire leur contrôle technique dans la foulée, En ce moment, on n’arrête pas ! »

Mais nous sommes le huit mai pourtant, anniversaire de la capitulation nazie... Un huit mai pour se souvenir mais de quoi? De l’hécatombe des fous affamés dans les hôpitaux psychiatriques sous l’Etat français, c’est raconté dans le Monde et Télérama, à propos d’un documentaire visible sur le site Spicee ? 

Ou des villageois d'Escarpain, dans l'Eure-et-Loir, le maire Barret et le curé Perrot, qui avaient enterré un pilote américain abattu par les allemands en juin 1944... L'Echo républicain s'en souvient, qui raconte aussi cette fermière qui abrita et chérit trois enfants juifs à Saint Prest, et ne voulut aucune médaille... 

Ce sont des histoires simples. Dans le Courrier picard, deux soeurs allemandes cherchent leur grand-père. Il s'appelait Pierre Joube et venait de Saint-Quentin et faisait partie des troupes françaises d'occupation en Allemagne, après-guerre, et avait en Forêt-noire, rencontré et aimé la belle Martha Arnold, qu'il abandonna en 1948 après lui avoir fait deux enfants.  Ses petites filles cherchent Pierre Joube, elles ont sollicité une association, «Cœurs sans frontières »... 

Mais il n'y a pas que de la poésie dans nos journaux. 

Une guerre couve entre habitants de Chartres et citoyens de Rambouillet, qui se disputent des parts de trains... C'est dans l'Echo républicain encore... Tout ceci se joue dans le TER Paris Rambouillet Chartres, que finance la région val de Loire, mais alors dit-on à Chartres, de quel droit les gens de Rambouillet le prennent-ils ? Ce sont des luttes de temps de grève et de paix.

Et le Festival de Cannes pour finir... 

A Cannes où il s'agit, affiche le Figaro (sur internet) d'en finir avec l'affaire Weinstein, est-ce si simple ? Aux Etats-Unis le procureur de New York vient de démissionner... Eric Schneiderman était monté au front contre le terrible Weinstein... Raté a révélé le NewYorker, il battait aussi ses anciennes amoureuses. On peut lire en ligne l'article qui a fait tomber Schneiderman : il est co-signé de Ronan Farrow, l'homme qui avait déjà abattu Weinstein, le fils révolté de Woody Allen... Cette phrase a été ajoutée:   "Trois heures après la publication de cet article, Schneiderman a démissionné.“

Et voilà la puissance du journalisme. Le cinéma, lui, se rachète dans la résistance. Libération met en scène une rédemption militante, et le cinéma a les visages de cinéastes russe ou iranien persécutés, ou de Rafiki, film kenyan lesbien dont le Kenya ne voudrait pas...

Est-ce seulement de la politique, ou est ce encore un art, un art populaire?  Je lis dans Nice Matin que Cedric Herrou, défenseur des migrants que la justice et qui défend son film militant à Cannes, n'a plus mis les pieds dans une salle depuis 1995? 

Il y a ce matin, quand cannes commence, de beaux mots d'un homme qui va rater ce festival, Pierre Rissient est mort dimanche, il devait présenter une version restaurée de son film, Cinq et la peau, une errance noire du magnifique Fedor Atkine auprès des femmes de Manille... Mais Rissient avait été le découvreur de talents du festival de Cannes, un prophète d'un art dont il tenait le culte au cinéma Mac Mahon à Paris... Tout ceci est bien raconté sur le site de Télérama, mais mieux encore dans le Figaro qui publie la dernière interview de cet homme qui s'était éduqué dans la lecture de Stendhal et l'amitié d'un grand écrivain, Roger Vailland... 

Il dit ceci, vivant, Rissient, dans le Figaro. « Roger Vailland a donné une formule à mon esprit d'indépendance et d'intégrité. «Être français, écrit-il, c'est être souverain de soi-même.» »

Etre souverain de soi-même. On souhaite aux jeunes gens des herbiers, ce soir, d'être non seulement vendéens mais français!

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