La condition des femmes, en France et dans le monde... Nous venons d'en parler... Les journaux, eux aussi, apportent leur éclairage, en cette journée du 8 mars... A commencer par tous ces lieux où les femmes restent à l'écart... C'est "Le Figaro" qui en fait la liste... Car si les femmes s'approchent du pouvoir, elles sont encore exclues des cercles sélectifs où l'on feint de le tutoyer, le pouvoir... Ainsi, divers clubs restent réservés aux hommes... Leurs épouses n'y sont que tolérées... A certains horaires... Mais de membres féminins, point. Au Jockey Club, par exemple... Bon, c'est vrai, mais ça ne change pas la face du monde... Mais dans le symbole, il y a quelque chose de bien lourd... La salle des journaux, comme celle du billard, par exemple, sont exclusivement réservées aux hommes. A l'Automobile-club de France aussi, Place de la Concorde... Seuls les pères de famille peuvent accompagner leurs enfants jusqu'aux salles d'activités sportives... Les mères restent à l'extérieur, pour des raisons de sécurité, dit-on. A Lyon, au Cercle de l'Union, les polos, jugés négligés, ne sont pas bienvenus à l'hôtel du Marquis de Parcieu... Les femmes non plus. Autre cénacle réservé aux hommes : les loges maçoniques, qui refusent toujours les initiations mixtes, au nom de la nécessaire fraternité... En somme : restons entre hommes... Enfin, certaines professions restent interdites aux femmes : sous-marinier dans la Marine nationale, ou encore sous-officier dans les escadrons de la gendarmerie mobile. En revanche, les femmes peuvent appartenir au GIGN... En théorie puisque, pour l'instant, aucune n'a été sélectionnée. Dans la vraie vie, maintenant... Et pour ceux qui douteraient de l'efficacité du combat qu'on mené les femmes depuis 50 ans... Un après-midi dans un des centres du planning familial suffirait à les convaincre du contraire. C'est un reportage de "Libération", pour les 50 ans du planning, précisément... Animatrices bénévoles, ces femmes, qui ont fait de la place sur leur planning personnel pour se consacrer aux activités du planning familial, sont toutes d'accord : les acquis sont fragiles. "Etre au planning, c'est une démarche politique", explique Madeleine, 32 ans... "Oui, et maintenant il faut associer les hommes", reprend Sandrine, 33 ans. Journée ordinaire au planning familial... Laura tire sur ses manches... Elle ne veut pas quitter sa grosse doudoune noire, elle n'a que 14 ans. Marie, conseillère conjugale, lui parle d'une voix douce... "Tu peux me dire ce qui t'amène ?" Laura ne dit pas un mot. "Il y a quoi dans cette enveloppe ?" L'adolescente rougit derrière ses lunettes... "C'est une échographie". Alors la conseillère lui explique : "Ici, c'est un centre de planification... Un mouvement féministe qui a 50 ans. Ca te dis quelque chose ?"... "Non", répond Laura, qui veut absolument avorter. "Elles faisaient comment, les femmes avant ?", demande-t-elle... "Avant, lui répond la conseillère, elles avortaient en douce"... Laura écarquille les yeux. Du combat mené par les femmes depuis 50 ans, elle ne savait rien... Aujourd'hui, directement concernée, elle découvre le chemin parcouru. Et les politiques ?... Oh, "les politiques, ils en font des tonnes", titre "Le Parisien". Jacques Chirac, à la maison parisienne de "Ni putes ni soumises"... Dominique de Villepin déjeune avec 50 femmes en banlieue aujourd'hui, avant d'assister à une rencontre express entre jeunes et femmes engagées dans la vie publique... Une sorte de speed-dating politique... C'est aussi Jean-Louis Borloo qui invite les femmes engagées sur une péniche de la capitale, ou Bertrand Delanoë qui distribue une rose blanche à toutes les Parisiennes... Bon... "C'est vraiment la journée de l'année qui m'énerve le plus", proteste la conseillère régionale Verte Francine Bavay... "Nous asséner tous ces événements pour oublier aussitôt les vrais problèmes des femmes, m'assomme", soupire-t-elle. C'est encore Michèle Saban, déléguée du PS aux Droits des femmes, qui préfère les vraies preuves d'amour à la gadgétisation du 8 mars. "Oui, et alors ?", répond Roselyne Bachelot, députée européenne UMP... "On n'en fait jamais assez pour parler de la situation des femmes". "Cette Journée... commente Martine Chevalet, du "Parisien"... "Fût-elle la Journée de la Bonne conscience, a tout de même son utilité : nos hommes politiques sont passés de l'indifférence à l'inquiétude... C'est déjà un progrès". Et puisque nous sommes avec le journal "Le Parisien"... Je vous présente "La Parisienne"... Supplément de 28 pages, pour faire plaisir aux lectrices... Je vous dis ça parce que le sommaire n'est pas de nature à faire avancer les choses... Ca s'appelle "Spécial printemps : les bonnes résolutions"... Genre "voir la vie en rose", "se bouger", "retrouver la ligne", "se faire belle" ou "renouveler sa garde-robe"... Une vraie prise de conscience de la condition des femmes. Enfin, dans "L'Humanité"... Sous le titre "Impérialistes et machistes"... Le contre-exemple japonais. "Alors que l'on célèbre un peu partout dans le monde la Journée des Femmes, écrit Damien Rouxel, plus de 10.000 personnes se sont rassemblées hier à Tokyo pour s'opposer au projet de réforme impériale qui permettrait à une femme de monter sur le trône du Chrysanthème... A tel point que le Premier ministre a décidé de surseoir à ce projet... L'essentiel étant, pour lui, d'éviter tout trouble politique". Enfin, en France, et pour résumer le propos concernant la politique, il y a ce dessin du "Canard Enchaîné", où l'on voit une maîtresse d'école face à 4 élèves grognons... L'instit, c'est Ségolène Royal... Les élèves s'appellent Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et François Hollande... Et c'est Jack Lang qui endosse le rôle de leader de la contestation scolaire, et qui dit : "La Journée des Femmes, on en a soupé... Avec Ségolène, c'est tous les jours". "Moi, je ne serai pas un Premier ministre droit dans mes bottes, qui n'écoute personne"... C'est Dominique de Villepin qui avait dit ça... Confidence ressortie par le journal "Le Monde"... Confidence qui, évidemment, prend aujourd'hui une certaine dimension, face à la mobilisation contre le CPE. De fait, "les jeunes défilent, Villepin maintient", titre "Le Figaro"... "Plus de 700.000 personnes, face à un Premier ministre inflexible", précise "Libération"... "La gifle", résume "L'Humanité"... Alors que, pour "Les Echos", "l'épreuve de force a pris une nouvelle dimension, parce que ce sont principalement le secteur privé, et surtout les jeunes, qui ont fait la réussite de cette journée d'action", estime le quotidien économique. "Tenir bon", écrit Alexis Brézet dans son éditorial, dans "Le Figaro"... "Tenir bon, mais en fait tout le monde pourra lire 'tiens bon, Dominique !"... Tant notre confrère se livre à un éloge du courage... Car pour lui, c'est clair : "mis à part quelques responsables socialistes, personne ne conteste le bien-fondé du CPE... Alors il faut expliquer, et ignorer les mauvais sondages... Bref, tenir et persévérer sur la voie du courage", conclut Brézet. Et quand bien même... "Comment peut-il s'en sortir ?", s'interroge "France Soir", à la Une... "Villepin, dont la route à l'Elysée est barrée par le CPE", estime ce journal... "Coincé, Dominique de Villepin", affirme Serge Faubert dans son édito. Et c'est "Le Canard Enchaîné" qui résume le propos... Sous le titre : "Du plomb dans l'aile"... Erik Emptaz constate d'abord que pour une carrière d'idole des jeunes, c'est raté... Et en page intérieure, c'est Alain Guédé qui explique comment le CPE a au moins réussi une chose : semer la zizanie partout... Dans la majorité, au gouvernement, au sein du patronat, et même parmi les syndicats. Avec cette précision, apportée par "Le Canard" : c'est en s'émerveillant devant la croissance rapide du CNE que le Premier ministre a décidé de lui faire un petit frère : le CPE... Autrement dit : statistiques et doigt mouillé. Dominique de Villepin, il en est question aussi, et forcément, dans le livre que vient de publier Franz-Olivier Giesbert, le directeur du "Point"... L'ouvrage s'appelle "La Tragédie du Président"... "Le Canard Enchaîné" en livre quelques extraits. Sur le Premier ministre donc, Giesbert écrit "qu'il est habité par les convictions que la gloire l'attend et que son heure viendra... C'est pourquoi il faut que le monde entier soit à son service". Et pour illustrer son propos, l'auteur cite les gracieusetés favorites du Premier ministre... Sur les journaux, par exemple... "Ces torche-culs qui ne racontent que des conneries"... Propos prêtés par Franz-Olivier Giesbert, qui donne quelques précisions également, dans "VSD"... "Villepin : extrêmement doué... mais pour la politique, ça reste à voir"... Sur Sarkozy : "Un affectif... Avec son culte de la fidélité, il ressemble assez à Mitterrand"... Quant à Jacques Chirac, qui est quand même le sujet principal du livre, Giesbert affirme que "depuis que Balladur l'a trahi, il se méfie de tout le monde, y compris de son Premier ministre". Alors, je ne résiste pas à la tentation de vous décrire la Une de "Charlie Hebdo" aujourd'hui... Car il s'agit précisément du Président... Un dessin très drôle... On voit Jacques Chirac à table, avec une jolie serviette à carreaux nouée autour du cou... Dans son assiette, il y a un chat. "Mangez du chat !... Oui, confirme le Président... Y a pas de danger s'il est bien cuit !" Bonne journée !... A demain !...

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