Où sont les femmes ? Dans les journaux, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on n'en fait pas des tonnes ce matin... La journée internationale de la Femme... c'est la Une de l'HUMA, LE PARISIEN et LA CROIX... Soyons honnête, il y en a quand même un peu plus dans la presse régionale... OUEST FRANCE, LE MIDI LIBRE, LA MONTAGNE ou encore LA VOIX DU NORD n'oublient pas eux, le 8 mars... Et au fil des lectures, une question : Où sont les femmes ? Première réponse... elles sont au programme des candidats... Parce qu'il faut bien se rendre à l'évidence, la femme a ceci de commun avec la pie rouge des plaines, que c'est une case obligée sur le jeu de l'oie des candidats... En résumé, Salon de l'Agriculture, journée de la Femme, même combat... A chacun sa femme donc... En Une du FIGARO, Nicolas Sarkozy s'affiche avec Simone Veil... beau certificat de traçabilité féministe... Alors Simone Veil, au départ, elle devait arriver dans la campagne de Nicolas Sarkozy, pour contrecarrer Ségolène Royal... femme contre femme... mais là où décidément le sexe dit faible affiche sa polyvalence, c'est que vue la tournure que prend la campagne présidentielle, Madame Veil vient s'opposer à François Bayrou... Au départ, caution féminine, Simone Veil devient l'AOC centriste européenne du candidat de l'UMP comme l'explique LE FIGARO... La fameuse double journée des femmes... mais non, ce n'est pas de l'instrumentalisation... A chacun sa femme... Ségolène Royal elle, en appelle à Olympe de Gouges... figure féministe guillotinée par la Révolution française... Si elle est élue, la candidate socialiste promet le transfert de ses cendres au Panthéon... "Ce monument, dit-elle, si peu accueillant pour les femmes"... une citation à lire notamment dans LIBERATION... François Bayrou... lui, on le sait, sa femme de campagne, c'est Marielle de Sarnez... et son programme s'inscrit dans l'essor nataliste du moment puisqu'elle envisage de faire, dans les semaines à venir, "des petits Bayrou partout"... explication dans LE FIGARO... "organiser un maillage de terrain pour "udfiser" la campagne... les campagnes... Parce que... où sont les femmes ? Vous l'avez compris, elles sont sur les listes électorales... LE PARISIEN nous l'apprend... les électrices sont trois millions de plus que les électeurs... et 30% d'entre elles n'ont pas encore arrêté leur choix... Et qu'est-ce qui différencie les électrices des électeurs ?... Eh bien, c'est le scrutin de 2002 qui nous le dit... sans les hommes, jamais Jean-Marie Le Pen n'aurait été au second tour... Alors, au-delà de leur poids quantitatif... quel est le poids qualitatif de l'électorat féminin ?... Eh bien, c'est dans LA VIE : "Enquête sur les attentes et les convictions de celles qui feront l'élection"... Le mot qui revient le plus dans les attentes des Françaises, c'est "pragmatisme"... Et ce mot-là, elles l'accordent plus facilement à une candidate qu'à un candidat... Pragmatique, vous avez dit pragmatique... Les femmes le sont-elles vraiment une fois arrivées au pouvoir... Dans LE MONDE, enquête sur "Femmes et pouvoir"... LE MONDE qui passe au banc d'essai quelques idées reçues... "Les femmes ont une autre conception du pouvoir"... vrai pour Michele Bachelet, la présidente du Chili... et pour Maria Térésa Fernandez, la numéro deux du gouvernement espagnol... Autre idée reçue "Les femmes au pouvoir n'aiment pas s'entourer de femmes"... C'était vrai hier... Margaret Thatcher dont François Mitterrand disait... c'est LE MONDE qui le rappelle... qu'elle avait la bouche de Marilyn et le regard de Caligula... Margaret Thatcher donc, ne travaillait qu'avec des hommes... Pour la nouvelle génération en revanche, le "Girl Power" est de mise... en témoigne Angela Merkel dont la garde rapprochée est si majoritairement féminine qu'on la surnomme le "clan des cheftaines"... Et LE MONDE poursuit : "non les femmes au pouvoir ne sont pas moins perso... et non, elles ne sont pas plus douces.... et non elles ne se tirent pas dans les pattes".... Pour preuve, partout dans le monde, des réseaux de solidarité se mettent en place... Sur le même thème dans VOGUE... des portraits de femmes au pouvoir... au pouvoir dans des métiers toujours dits "d'homme"... Exemple, Anne-Marie Idrac... présidente de la SNCF et mère de quatre filles... Elle l'assure... pour elle, "tout va bien... je n'ai jamais senti de problème de crédibilité... pour moi la vraie question c'est surtout d'être bien entourée, d'avoir des collaborateurs plus forts que soi"... Un tableau moins idyllique pour Monique Canto-Sperber, directrice de l'Ecole normale supérieure... dont le témoignage laisse à penser qu'un des derniers bastions machistes en France, c'est le milieu universitaire... "On accepte une femme dans l'ombre... mais une femme seule qui, par ailleurs, refuse de négliger sa féminité, est jugée ambitieuse et intriguante"... Où sont les femmes ? Les plus épanouies, contre toutes idées reçues... on les trouve peut-être bien en Afrique... Toujours dans VOGUE, Antoinette Batumu-Bwira, physique de top-model et ministre des Relations extérieures du Burundi l'assure, depuis qu'elle a été nommée... chez elle, c'est son mari qui pile le mil... Même constat à la lecture de JEUNE AFRIQUE... Bien sûr, l'hebdomadaire n'oublie pas les inégalités qui pèsent encore plus fortement qu'ailleurs sur le continent africain... mais en même temps, la carte de la présence féminine au pouvoir politique en Afrique, peut faire palir d'envie, les femmes européennes... De la présidente du Libéria, à la vice-présidente du Zimbabwé... du Burundi à l'Afrique du Sud ou encore du Mozambique à la Namibie... les grands ministères sont de moins en moins masculins... Où sont les femmes ? Alors en même temps, au-delà des exemples édifiants volontiers mis en avant... on le sait, tout n'est pas rose... et vos journaux ce matin le confirme bien volontiers... "Tout ce qui reste à conquérir", titre L'HUMANITE... L'Huma liste pêle-mêle, qu'à travail égal, les salaires des femmes sont toujours inférieurs... que si elles sont 80% à travailler, elles occupent aussi à 80% des emplois à temps partiel... Les femmes qui sont aussi les championnes des carrières discontinues... et du coup, des retraites insuffisantes... Oui "la précarité se conjugue au féminin", constate LA CROIX qui explique comment les femmes sont devenues pauvres... Jocelyne par exemple... s'est occupée de ses deux enfants... elle n'a pas suffisamment cotisé pour avoir droit à une retraite à taux plein... Aujourd'hui divorcée et à la retraite, elle touche à peine plus de 500 euros par mois..."Quand j'ai besoin d'une paire de chaussures, dit-elle, ce sont mes enfants qui me la payent"... Allez pour finir, une note un peu plus légère... avec ces femmes au bord de la délinquance... Elles sont américaines et c'est GLAMOUR qui les a rencontrées... Le "Knitta please crew" ou gang des tricoteuses attaque.... il s'agit de jeunes filles mais également de vieilles dames... porteuses de cagoules... qui hantent les villes la nuit pour taguer les monuments, non avec de la peinture, mais avec des ouvrages au point mousse... Au départ de cet activisme de la pelote angora, il s'agissait de donner une seconde chance à des écharpes non terminées... Ce qui est drôle, c'est qu'elles entourent des statues et des arbres, après avoir mesuré leur circonférence... et ce, avec un grand souci du détail... et c'est bien là le problème... le temps de fignoler les boutonnières, et voilà ces guerrières embarquées par la police... Après les Colonnes de Buren à Paris, elles visent la Muraille de Chine... On peut toutefois se demander si 40 ans d'émancipation pour en arriver là, c'est vraiment une victoire...

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