Les algorithmes prennent-ils le pouvoir dans le jeu, se demande So Foot. Deux femmes, 89 ans et 100 ans, s'aiment dans un Ehpad, le Monde. Dans le Républicain lorrain, une femme assassinée en Norvège il y a 49 ans était peut-être du Grand Est. Michael Connelly, maitre du polar, confie ses secrets au magazine des Echos.

Un éloge de la modération pour commencer.

Et un amour pour Ouest France, dont même les enthousiasmes attestent la décence... Et quand le Stade rennais triomphe d'Arsenal 3-1 en Ligue Europa, Ouest France a cette manière de dire "Soirée de Rêve", point d'exclamation, qui exclut le hurlement, et ce n'est qu'un petit quart de la une du journal, partagée avec la disgrâce de Mgr Barbarin, en photo et dans l'éditorial, et les manifestations algériennes, car le football fait plaisir mais n'éclipse pas le monde, tempérance bretonne. Mais pourtant, l'Equipe l'atteste  il s'est bien passé quelque chose à Rennes hier, "Rennes c'est canon" et  le titre pète, et explose en une la rage de Sarr le buteur et l'Equipe s'enflamme sur une stade en ébullition, et cite Hatem Ben Arfa, je ne savais pas que rennes aimait autant le foot...Mais si Rennes aime et Ouest France nous nous en dit tout  nous en dit tout dans une double page, mais dans son style, écoutez. "Sans doute on retiendra, à vie, l’arrivée de ce bus rouge et noir dans la fournaise, la fumée des fumigènes craqués, le port de tête de Benjamin Bourigeaud à sa sortie du bus, Hatem Ben Arfa portant son sac à dos à la main comme un pupille son baluchon,  les écharpes tendues pendant le "Bro gozh ma zadoù", ce soleil qui prend congé là-bas derrière, les drapeaux, le rouge, le noir, le blanc à 360 degrés. Ça avait de la gueule, vraiment. Ce Roazhon Park, quand il se hisse au niveau européen, a une élégance folle."

L'élégance les enfants, qui  se passe de cris, leçon de Ouest France, je la garde en ce jour où nos journaux font leur fiel du football et des malheurs d'un club exagéré, le PSG, disséqué en deux pages psy dans Libération, un club d'Etat qui a explosé, en deux pages morales dans le Figaro, un club en manque d'âme, en trois pages politiques dans le Parisien qui compte les erreurs du président Al Khelaifi et espère que l'actionnaire qatari enfin le remettra en question... L'Equipe n'y croit pas.

Démesuré, ce football qui devient terrifiant dans So Foo, où l'on me décrit un sport que les statistiques, la Big data, les algorithmes, viendraient dominer, influeraient sur les recrutements et même sur le jeu. Une équipe de chercheurs de Polytechnique propose des algorithmes aux équipes de football, c'est osé. L'an dernier, Polytechnique pensait statistiquement que Mike Maignan de Lille devait aller en Coupe du monde, or le garçon avait encaissé deux buts ridicules et tout le monde a ri... Ce rire injuste nous sauve encore. 

On parle des femmes dans la presse

Et quoi de plus humain qui la moitié et n peu plus de l'humanité dont le 8 mars est le jour des luttes, et les journaux cotisent de bon coeur, et Mme Schiappa se démultiplie, en entretien majestueux dans le Parisien et en tribune dans libération avec Jean-Yves le Drian; dans Arrêt sur Image et dans le Figaro, on dispute des dissensions des féministes entre Universalistes et Transsectionnalistes...

Mais ce sont des regards que je recherche maintenant... Regard d'une femme en devenir, Alicia née à tord dans un corps d'homme, qui manifeste avec les gilets jaunes ET prend des hormones et que sa famille repousse mais que le Télégramme raconte... La presse  parlant des femmes montre aussi ses valeurs...

Paris Normandie Le Havre affiche à sa Une, comme grande femme normande, Pascaline Deschamps, aide soignante de 40 ans, venue à 20 ans clandestine du Cameroun et qui désormais soutient les sdf et les pauvres de son Pays natal... La Provence me présente une chouette ribambelle de femmes policières ou gendarmes, dont une Crs, son mari assume qu'elle parte en opération entourée d'hommes; la Dépêche, pour mettre les femmes à l'honneur, choisit une scientifique, c'est la ville qui veut ça.

Dans le Magazine du Monde, je vois au  Verger de Vincennes, maison de retraite médicalisée située près de Paris, Jeanne  et Charlotte enlacées, lovées l’une contre l’autre dans un minuscule lit médicalisé, Jeanne a 89 ans et Charlotte a 100 ans, elle se sont connues là, et leur histoire ouvre un article sensible sur l'homosexualité dans nos Ehpad, qui n'est pas prévue au programme, niée, on n'imagine pas les homos vieux. 

Dans le Monde, ressuscite Simone de Beauvoir qui en 1978 parlait de féminisme avec le grand journaliste Pierre Viansson Ponté, elle avait cru que les victoires des femmes viendraient vite avec le socialisme. Et c'est ce mot qui date le propos, elle évoque l'Union soviétique, où alors, disait elle, les femmes, travaillant, maitrisaient leur destin.. .Une époque me saisit.

Et un roman policier pour finir...

Dans le Républicain Lorrain, qui nous transporte en Norvège, où depuis un demi-siècle, on se demande qui était cette femme retrouvée carbonisée dans la verte vallée d’Isdalen, près de Bergen, en 1970 qui se faisait appeler Geneviève Lancier, Claudia Tielt, Vera Schlonesseck, Claudia Nielsen, Alexia Zarna-Merchez, Vera Jarle, Finella Lorch, Elizabeth Leenhouwfr. Autant de fausses identités pour une inconnue qui depuis obsède le pays..  Mais voilà.  En 2016, l'analyse graphologique de ses enregistrements d'hôtel montrait une ressemblance avec des écritures francophones, des analyses de l'oxygène prélevées sur les dents de la dame laisserait penser qu'elle avait passé son enfance soit dans les Balkans, soit en Allemagne ou le long de la frontière franco-allemande. Or, elle faisait des fautes en allemand... Elle devrait donc venir de l'Est de la France. "Elle dégageait une odeur bizarre" s'est souvenu un norvégien qui lui avait venu des chaussures, l'odeur de l'ail que personne ne consommait il y a cinquante ans en Norvège... oui mais chez nous? Dans le Républicain lorrain, une journaliste de Norvège lance un appel à témoin. 

Qu'en ferait Mme Renée Ballard, de ce mystère, Renée Ballard,  qui a du combattre  le machisme de la police de Los Angeles et qui a été relégué à la permanence de nuit d'un commissariat pour avoir dénoncé le harcèlement qui subissait, mais c'est sa chance, enquêtant, de nuit, elle prend de l'avance sur les autres... Mme Ballard, que vient d'inventer Michael Connelly, le maître du polar,qui confie au magazine des Echos ses secrets de soldat du suspense depuis plus de trente ans. Ne négliger aucun détail vrai, les flics sont ses sources dit il depuis que l'un d'eux lui fit observer que dans la police californienne, nul ne disait "perp" pour le mot "perpetrator", auteur d'un acte délictueux, "perp", ça faisait new yorkais...  Le mot juste, de rennes à LA.

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.