Ce 8 mars, une historienne chiffre à 100 milliards le coût de la violence masculine, Midi Libre. Le Figaro raconte la folie des collectionneurs d'objets numériques, quand le premier tweet du fondateur de twitter est coté 2,5 millions de dollars. L'Indépendant et l'Equipe saluent la joie pure des footballeurs du Canet.

On parle d'un aveu...  

Par la lettre d'un jeune homme, Samuel, 20 ans, que publie Libération, et qui commence ainsi. "Le viol a cette capacité à s’immiscer là où l’on s’y attend le moins. Il y a un an et demi, j’ai violé ma copine. Le reconnaître est certainement aussi important que de l’écrire."   Samuel écrit donc ce jour où dans une relation finissante, "une cascade de rage" s'est déversée en lui,  "Je n’ai plus existé que par les émotions extrêmes et rares que j’éprouvais. Elle, comme morte, s’effaçait lentement dans mon regard devenu primal et animal." Il écrit aussi la rage qu'il éprouve envers lui-même, d'avoir "détruit une partie de la vie de celle que j'aimais le plus"...  

La jeune femme qu'il a violé se nomme Alma Ménager, cette étudiante bordelaise avait rendu public son calvaire et provoqué une déflagration de parole à Sciences Po Bordeaux. La douleur  l'a envoyée dit-elle "à l'antichambre de la mort", hospitalisée en clinique psychiatrique. C'est là qu'il y a deux semaines elle a reçu une lettre de Samuel où il reconnaissait le viol; dix jours plus tard, Libération recevait la lettre qui est publiée aujourd'hui, avec le consentement d'Alma, ce n'était pas envisageable autrement explique Libération, qui aussi rappelé à Samuel les risques judiciaires de son aveu public, le journal n'invoquera pas le secret des sources si la justice le sollicite.    

Le jeune homme ne se cherche pas d'excuse mais on peut entendre dans sa lettre ce qu'un avocat plaiderait. "J’ai été abusé par un pédocriminel pendant deux années de mon collège.(...) «Une victime d’agression a plus de risques de devenir agresseur un jour.» Cette phrase m’a été répétée des dizaines de fois. J’étais incapable de l’entendre. Je la rejetais comme j’ai rejeté les propositions d’aides psychiatriques." Samuel parle aussi de l'éducation des hommes et de la violence qui l'accompagne... 

On pourra trouver paradoxal que le document le plus fort que nous lisons ce 8 mars consacré aux droits des femmes, soit une lettre d'homme violeur, sur les réseaux sociaux, des militantes féministes s'indignent. Mais Samuel dit aussi que sans le combat de Alma, il n'aurait pas admis son crime, c'est donc une victoire du courage d'une jeune femme. 

Les huit combattantes que Marie-Claire interroge, dans un numéro spécial dont nous France-Inter sommes partenaires, sont braves et généreuses, et leurs luttes ne sont pas seulement féministes. L'avocate Elisa Rojas, handicapée, refuse la douceur humble qui devrait accompagner son genre et son fauteuil roulant. L'écrivaine Annie Ernaux raconte ses deux combats, pour la justice sociale et contre l'injustice faite aux femmes, toute jeune elle avait écrit ceci, "j'écrirai pour venger ma race", le mot vient de Rimbaud, la race était le milieu dont elle venait.   

Ouest-France est à ce diapason social et se souvient de Clara Zetkin, militante révolutionnaire, à qui nous devons le 8 mars, il commémore une grève d'ouvrières en Russie le 8 mars 1917... "Hommage aux femmes bolchevik" dit alors Midi Libre qu'on ne savait pas rouge. 

Dans le même Midi Libre mais aussi dans Nice Matin et les sites du Parisien et du Télégramme , on lit une historienne, Lucile Peytavin, adepte du matérialisme. Elle a fait le compte de ce que coute à la collectivité la violence des hommes, 96% des prisonniers, 99% des auteurs de viols, 86% des meurtriers, et additionnées, les sommes dépensées pour enquêter juger emprisonner rééduquer réparer, se monteraient à 100 milliards d'euros par an. Elle dit qu'il faudrait éduquer les hommes de la même manière que les filles, en cessant de valoriser la force mentale et physique... On ferait alors des économies.   

On parle aussi de collectionneurs...  

Qui dopent un nouveau marché à la lisière de l'art et de l'ivresse; le Figaro raconte la fièvre mondiale des objets digitaux, des créations numériques que la technologie des blockchain rend unique, on ne peut pas les reproduire... Ils sont parfois d'une beauté réelle, telle cette création numérique d'un artiste nommé Beeple, "Everyday, Chaque jour les 5000 premiers jour", cotée 3 millions et demi d'euros avant même d'être vendue chez Christie's... Parfois, il s'agit d'images banales mais décrétées uniques et donc sanctifiées: une photo de Kylian MBappe bras croisés comme sur l'album Panini, la vidéo d'un panier du basketteur Lebron James, 280.000 dollars... Le Figaro nous dit aussi que le fondateur de Twitter Jack Dorsey a mis aux enchères son premier Twitt, en date du 21 mars 2006, le texte disait, "je crée mon compte Twttr"... l'acheteur deviendra propriétaire des données numériques du tweet, les enchères en court montent à 2,5 millions de dollars.  

En contrepoint Le Figaro nous parle des céramiques tangibles par lesquelles Picasso révolutionna Vallauris, ce village potier de Méditerranée où pour faire plaisir il décorait la cuisine d'un ami, les fresques valent détachées du mur 80.000 euros.   

On peut ensuite rêver de pureté avec une gentille dame, Françoise Bouxin qui près de Rethel et dans l'Ardennais recueille les chats errants il y en a 11 millions en France... Ou avec les footballeurs du Canet en Roussillon, National 2, vainqueurs de l'OM en coupe. La Provence titre "ri-di-cu-les" en parlant de ses joueurs, l'Equipe maligne titre "Comme des amateurs" et il faut prendre cela comme un compliment lancé aux Catalans, l'Indépendant nous parle d'un tireur de coup franc distributeur de ballon nommé Posterato et désormais surnommé Junihno comme un maitre brésilien, l'Equipe m'allèche de Ouadoudi, "physique de brindille vision du jeu aiguisée". "On a gagné contre l'OM, je pourrai montrer ça mes petits-enfants" dit un buteur nommé Bai, et c'est unique sans algorithme ni bitcoin...   

Et on parle enfin de Dieu...  

Au singulier comme celui qu'honore le Pape François, dont le Figaro le Monde la Croix contemplent le voyage irakien et les paroles d'espoir, mais dont finement l'Opinion montre une contradiction: François est à la fois le représentant des chrétiens d'Irak, minorité à protéger, mais aussi le chef d'une grande religion venu dialoguer avec l'islam chiite, dans un pays communautarisé, où les musulmans sunnites se sentent marginalisés...La rencontre du pape avec l'ayatollah chiite Sostani a pu être lue par les djihadistes sunnites comme la preuve de l'entente entre chiites et infidèles, tout le monde ne voit pas François en termes universels...  

On peut aussi parler de dieux au pluriel, dans un très bel article du Monde, qui se souvient qu'autrefois, dans l'antiquité, à Rome Athènes en Égypte en Bretagne,  des femmes prêtresses prophétesses voyantes servaient les dieux aussi bien que des hommes. Nous garderons ouverte la question païenne comme solution à nos maux.   

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