Aux grands mots les grands remèdes... Couvre-feu... Même le "Herald Tribune" en fait sa Une aujourd'hui, sous le titre : "La France autorise des couvre-feux localisés". Il est vrai que la mesure annoncée par Dominique de Villepin est spectaculaire...On espère que personne n'aura le mauvais goût de discréditer son emploi au motif qu'elle fut votée au commencement de la guerre d'Algérie, écrit Marc Chevanche dans "Nice Matin"... Si... "Libération"...Qui titre en Une : "Villepin s'en va-t-en guerre"... "Belle avancée dans la lutte contre l'insécurité, qui confirme que le règne chiraquien est une farce tragique", écrit Jean-Michel Thénard dans le même journal. Son de cloche radicalement différent dans "Le Figaro", qui estime que le chef du gouvernement a tenu le langage de la fermeté... Admiratif, Bruno Jeudi parle de mesures choc, et juge le ton presque gaullien... En tout cas ferme, calme avec sang-froid et une détermination sans faille. La France a peur, nous dit Serge Faubert dans "France Soir". Dans son édito, intitulé "La trouille", notre confrère estime qu'il est trop tôt pour mesurer l'ampleur du traumatisme que ces journées laisseront dans l'histoire de la société française, mais qu'à coup sûr, elles sont à ranger au rayon des grandes ruptures que furent l'effondrement de la 4ème République ou Mai 68... La trouille de l'inconnu, poursuit Faubert... Qui n'a pas fini de nous habiter. Alors, la France a peur... Peut-être... En tout cas, la France fait peur... D'où cet avertissement, un peu décalé par rapport à l'urgence des préoccupations en France...C'est le ministre du Tourisme qui affirme que les violences dans les banlieues risquent de poser un vrai problème, à terme... Inquiétude expliquée par un professionnel du secteur dans "France Soir" : "Oui, la France est touchée dans les valeurs qui lui sont associées : le bien-vivre et la tranquilité"... Allez en parler aux habitants des banlieues. Il est vrai que la France a une étrange image en ce moment... Il suffit de jeter un oeil sur les titres de la presse étrangère jusqu'à aujourd'hui... De l'Italie à l'Afrique du Sud, de la Pologne à la Chine, et de CNN à Al-Jazira, on parle de Paris en feu, d'émeutes raciales, de situation de guerre civile, ou encore d'euro-intifada... Jusqu'à s'inquiéter, comme le fait le journal portugais "Correio da Manha", qui évoque une possible propagation de l'insurrection... Je cite...Au reste de l'Europe. Retour à la presse française, avec "L'Humanité", qui est probablement le journal le plus virulent contre le gouvernement, depuis le début de ces violences en banlieue... Hier encore, le titre de ce journal, c'était : "Sarkozy-Villepin, les fautifs c'est eux"... Aujourd'hui, le message est légèrement différent en Une : "Assez de violences ! La banlieue veut les moyens de mieux vivre". Pierre Laurent, bonjour... Vous êtes le directeur de la rédaction de "L'Humanité"... C'est la première fois que la condamnation des violences prend le pas, en tout cas dans le titre, sur la critique du gouvernement... Pourquoi ?... Je crois que vous avez bouclé avant l'intervention du Premier ministre à la télé... Alors, si vous aviez signé l'édito aujourd'hui en ayant vu Dominique de Villepin, qu'auriez-vous écrit ?... Merci, Pierre Laurent. Dominique de Villepin à la télé, Nicolas Sarkozy sur Internet... "France Soir" et "Libération" sont allés surfer... Ecrire violences ou banlieues, ou encore émeutes sur Google, et cliquer... Et que découvre-t-on en haut de page ? Un lien commercial vers le site de soutien au ministre de l'Intérieur, accompagné de cette phrase : "Soutenez la politique de Nicolas Sarkozy pour rétablir l'ordre"... Les informaticiens de l'UMP se sont donc payé ce petit plaisir, commente Christelle Bertrand dans "France Soir" : jouer sur l'intérêt des gens, ou leur peur, pour s'attirer de nouveaux adhérents, en présentant Nicolas Sarkozy comme unique solution aux émeutes. Sarkozy critiqué par un autre ministre : Azouz Begag... Qui devait être notre invité sur France Inter jeudi dernier, mais qui n'a pas pu venir... Faut-il y voir une illustration des déchirements de ce ministre chargé de promouvoir l'égalité des chances ?... Probablement... Car, comme nous l'explique "Le Monde" : cet homme souffre d'états d'âme, tiraillé entre la rage de se battre pour la mixité et l'humiliation de jouer les utilités ethniques dans le gouvernement... L'enfant du bidonville de Villeurbanne affronte les insomnies de l'homme déchiré, écrit Philippe Bernard. "Depuis ma nomination au gouvernement le 2 juin, raconte Azouz Begag, je me réveille chaque nuit à 3 h 12, sous la pression des contradictions. Et là, je me dis : Qu'est-ce que tu fais là ? Rentre dans ta vie d'avant... Puis à l'heure de me lever, l'Histoire me convoque... Je file au ministère, rue Saint-Dominique, et je me remets au travail". Il le sait bien sûr, Azouz Begag, que ses adversaires pourraient l'utiliser pour ce qu'il refuse d'être : l'Arabe qui cache la forêt... Mais il répond qu'il n'est pas au gouvernement par charité... Non, il y est parce qu'il est utile à la France. Quant à ses critiques adressées au verbe sarkozyen, ce n'est pas pour alimenter des guéguerres, mais pour préserver son équilibre d'homme libre, et pouvoir se regarder dans la glace quand il sera ancien ministre. Il existe une formule toute faite, mais bien commode, pour expliquer la situation dans laquelle se trouvent les socialistes, par exemple... "La dernière ligne droite"... A la veille du scrutin qui doit départager les motions, en deux mots... Les leaders de chaque courant tentent de convaincre les derniers militants... Alors ils sont partout : sur le terrain et dans les médias... Comme Laurent Fabius ce matin, ici à France Inter... Ce que "Le Figaro" appelle "les dernières salves"... Où l'on explique, dans ce journal, que du côté des fabiusiens, on s'efforce surtout de préserver les chances du candidat en refusant un congrès de pré-disqualification... Notre confrère Nicolas Barotte rapporte également les propos du patron de la Fédé de Seine-Saint-Denis, Pascal Popelin, fabiusien, qui laisse entendre que la démocratie, au sein du PS, ne fonctionne pas dans au moins 50% des fédérations... Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?... Bref, en cas de défaite, résume Nicolas Barotte, les fabiusiens ont d'ores et déjà préparé leurs arguments pour contester le résultat. Et puis, dans "La Croix", il y a cette phrase de Vincent Peillon, chef de file d'une autre motion de poids... Concernant l'impossible accord avec vous, il dit : "C'est clair que Laurent Fabius voudrait bien venir avec nous, mais je ne pense pas qu'il se contentera d'un rôle de Président de la République pot de fleurs"... Je ne sais pas exactement ce qu'il veut dire, mais bon. Oui, avec un insoutenable suspense, qui occupe pas mal de place dans les journaux ce matin... Qui Raymond Domenech va-t-il choisir pour garder l'équipe de France pour la Coupe du Monde en Allemagne ?... Barthez ou Coupet ?... Réponse aujourd'hui même... Et en attendant, dans la presse, spéculations en tout genre... Mais mention spéciale pour "France Soir", qui va au-delà et qui s'intéresse au match de l'équipe de France, demain, en Martinique, devant le Costa Rica... C'est une première... Maintes fois, le projet a été évoqué, mais à chaque fois on prétextait un problème de date... D'où l'émotion (en un mot) des Martiniquais, dont certains pensent quand même que ce sont bel et bien les 152 victimes du crash du 16 août dernier, en Colombie, qui ont offert l'équipe de France à la Martinique. Quoi qu'il en soit "France Soir" parle d'une première historique, avec ce titre, assez bien vu : "Les Bleus sur la terre des champions"... Car, effectivement, Guadeloupe et Martinique sont de jolis viviers... Et pas seulement pour ce qui concerne le football... Voyez l'athlétisme... En tout cas, pour le foot, comme le montre le quotidien sur un schéma... En mélangeant les époques, le Onze Bleu des Antilles aurait de l'allure... Avec Lama dans les buts... Janvion, Thuram, Trésor et Galas à l'arrière... Angloma, Dacourt, Diomède au milieu... Et Wiltord, Anelka, Henry à l'avant. 7 Guadeloupéens, 1 Guyanais, 2 Martiniquais... Ca fait 10... Le 11ème, c'est Thierry Henry, une synthèse : "Maman est Martiniquaise, Papa est Guadeloupéen"... D'où ce titre de "France Soir" : "L'équipe de France rend visite à un département d'outre-Mer, terre de champions... Cette France à qui on peut dire merci". Et moi, je vous dis : Bonne journée et à demain !

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