Et quel quartier… Henriville, le bourgeois quartier d’enfance d’Emmanuel Macron, qui deviendrait, c’est dans le courrier Picard, un quartier mal famé ?

Ces rues bordées de bâtisses patriciennes en briques rouges qu’arpentait le jeune Emmanuel s’en allant retrouver une professeur de français pour répéter une pièce de théâtre… ces rues sont désormais la proie des dealers… « Je suis partie car j’en avais assez  de ces défilés de personnes qui venaient chercher de la drogue », parole de Aline Faille qui a quitté le quartier… 

Explication. Les grandes maisons bourgeoises ne trouvent plus preneurs, elles sont vendues à des promoteurs qui les divisent en appartement, parfois des marchands de sommeil s’en mêlent, et petit à petit « le quartier résidentiel paisible » découvre l’incivilité.

Est-ce si important … en regard d’autres humiliations ? La Une du courrier picard s’intitule La Honte… et il ne s’agit pas de Henriville, mais de la colère des ouvriers de Whirlpool en découvrant –par nos enquêtes paradise papers-  les optimisation fiscales de la multinationale qui les licencie et masquait ses profits… Et cette douleur ouvrière est incomparable.. 

Et en même temps… la colère de Henriville, nous rappelle à quel point l’urbanisme et la ville sont des sujets politiques… La ville dit ce que nous sommes, ce que nous perdons, et ce que nous voulons…

Et on parle beaucoup de cette question de la ville ce matin…

et vous lirez surtout deux journaux.

La Provence qui mène campagne depuis hier contre la saleté à Marseille… Sur le site internet ET dans l’édition papier des photos de rues dévastées de déchets… Et on a un journal qui veut incarner une cité en quête de dignité … Hier, la provence mobilisait les maires d’arrondissement, aujourd’hui, c’est l’engagement de deux entrepreneurs qui ont choisi les quartiers Nord… à sauver une devenue dépotoir pour vieux pneus…

Et vous lirez aussi dans le Monde diplomatique une enquête splendide d’intelligence sur la splendide modernité des métropoles… « Grandes villes et bon sentiment »… et cela raconte la compétition des villes créatives… pour attirer les classes aisées, modernes, tolérantes  et start uppeuses, qui ne demandent ni autoroutes ni industries mais des cafés, les arts, la musique, des pistes cyclables, la diversité, des soins pour les animaux et des potagers sur les toits… et surtout l’affirmation de l’amour… « la haine n’a pas sa place ici » proclame Seattle, incarnation de la ville créative

Mais comme rien n’est parfait, le diplo raconte aussi comment la splendeur de Seattle a expulsé la classe ouvrières, et comment la ville a décidé de taxer les sodas sucrés… boisson prolétaire, mais pas les breuvages branchés façon café latte, tout aussi caloriques mais « appréciés dans les milieux branchés »

Les villes ne mentent pas sur ce que nous sommes, c’est dans le Monde Diplomatique.

On parle d’une autre ville dans le désert…

Abu Dhabi qui fait notamment la Une de Libération, où emmanuel macron inaugure une déclinaison du Louvre… On va voir le joueur de fifres de Manet… dans un musée inventé par l’architecte jean Nouvel, et bien sur, c’est de la politique… Un deal en art Massif est le titre de Libération… qui analyse sur 6 pages l’enjeu… Pour Abu Dhabi qui s’offre en ville arabe désirable aux valeurs occidentales… Pour la France qui installe son influence culturelle… 

Libération raconte la chance de Macron… Il inaugure un projet lancé sous Jacques Chirac et Nicolas sarkozy… et qui est comparé par un historien Britannique (dans le guardian et libération) au Bonaparte de l’expédition d’Egypte, mais un Bonaparte sans la manière forte… sans armée, mais avec un musée !

Et l’autre président chanceux de nos journaux, cela semble paradoxal… C’est Donald Trump...

Donald Trump… élu il y a un an, vilipendé à la une de l’humanité, égratigné en unes du figaro et des échos, l’anti Macron donc… et pourtant… chanceux, qui bénéficie de la reprise de l’économie américaine commencée sous Obama… C’est limpidement expliqué dans le Un… Wall Street se frotte les mains raconte le journal, et la base des républicains ne l’a pas lâché…

Comme d’habitude…. Le Un est intelligent : « Pourquoi Donald nous rend dingo » dit le journal… 

C’est nous qui sommes fous et pas lui, parce que nous oublions de le comprendre, ce président, à force de comptabiliser ses frasques… alors qu’il change l’amérique… « Il plante les graines de la perfidie » s’inquiètent des psychologues coauteurs d’une étude sur Trump.

Il n’est pas un fléau surgi de nulle part  complète la journaliste Aude Lancelin.

Et vous lirez dans libération une interview magistrale du linguiste Noam Chomski, qui relie trump à la mort du rêve américain… « il n’est pas surprenant qu’un milliardaire avec un « gros soutien financier et médiatique ait gagné l’élection… »

Et une polémique de presse…

Elle oppose deux journaux qui se situent en dehors de l’ordre établi… à propos de Tariq Ramadan, le prêcheur et intellectuel musulman accusé de viol depuis plusieurs jours… 

Charlie hebdo d’un côté qui n’est pas seulement le journal martyr et menacé, mais aussi le gardien d’une conception stricte de la laïcité…  Mediapart  en face qui n’est pas seulement le journal d’investigation mais aussi un media progressiste, dont le fondateur Edwy Plenel défendait la liberté d’expression de Tariq Ramadan et dialoguait avec lui…  

Plenel qui du coup est une cible, dans une caricature de Une où sa moustache devient le masque des hypocrites… Mediapart déclare, affaire ramadan, on ne savait pas… Mediapart répond en rappelant ses enquêtes sur le prêcheur musulman, dénonce un procès « faux et infamant »

Et en même temps, les journalistes de Mediapart « leur soutien sans faille et leur solidarité à l’égard de l’équipe de Charlie Hebdo. »  menacée de mort… Comment se disputer avec un symbole ?  

il y a dans Charlie Hebdo des choses plus intéressantes… un reportage à Molenbeek ou la chronique de Philippe Lançon, rescapé et gueule cassée de la tuerie de Janvier 2015, qui raconte son nouveau visage dans une chronique qui est un bijou d’écriture….

Il fut un temps où l’on chantait à la fin des bouclages un vieil hymne des ouvriers du livre… A la santé du confrère… Il en faudra plus pur réconcilier Mediapart et Charlie mais enfin, si d’aventure…

J’ai lu ceci dans la dépêche… il y a au cœur de Toulouse, un bar nommé le  numéro 5 qui a racheté une bouteille de vin de madère datant de 1675, conservée par un naufrage… il  en coute 7000 euros pour en boire un verren sucré au gout de caramel et de beurre lit on. 7000 euros. C’est plus que le mètre carré à henriville…  

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