Le Président Macron devrait lire ce Goncourt social, le Figaro, livre "de sève et de rouille", le Monde, qui rend fier l'Est républicain. Les patron de la banque de France et de JP Morgan valident les réformes. Un sexagénaire retrouve dans la Provence le prêtre qui le caressait il y a 50 ans.

Petit garçon, capture d'écran
Petit garçon, capture d'écran

Le Parisien parle d'un petit garçon...    

Un petit garçon de 7 ans, scolarisé dans une école catholique de l'Aisne, et qui veut mourir, dit-il parce qu'un autre petit garçon le bat tous les jours à l'école, et bat aussi son petit frère. On entend sa voix sur une vidéo publiée sur twitter... 

Et Charlie est le remords d'internet et le nôtre, en ce jour où l'on dénonce le harcèlement scolaire, mais aussi une illustration du malaise ou de la décence de la presse, quand la société se projette sans filtre sur les réseaux sociaux. Car le Parisien obéit aux règles de notre métier, il floute le visage de l'enfant, il ne donne ni son vrai prénom ni celui de son tourmenteur supposé ni celui du village ni celui de l'école, alors que sur Twitter et Facebook, tout est dit et même l'adresse de Charlie est donnée par une internaute qui se présente comme sa grande sœur, pour que nous lui envoyions des messages et des cadeaux... Le parisien, lui, enquête et protège ces gens qui ne veulent rien masquer.  

Il est, des enfants, d'autres souffrances que nos journaux racontent qui viennent de la perversion des adultes. Regardez dans Society ce reportage photo sur les enfants d'une Amérique assiégée, il vous en dira autant que les dossiers du Figaro et de l'Opinion associé au Wall Street journal sur Donald Trump qui vise sa réélection... On y voit des adolescents transformés en garde frontière armés par la Border patrol, d'autres en stage de survie en Floride, ils se préparent à l'apocalypse et ils prient aussi.  

Loin de l'Amérique, dans le Point, une petite voix me dit : "Raqqa c'est moins bien que Rouen, il y a des bombes", la voix de Emine, 8 ans, que sa mère avait emmené avec elle au jihad en Syrie. De ce reportage sur les Françaises de Daesh, rencontrées dans un camp kurde, ce sont les enfants que j'entends, qui grouillent et chantent à l'école du camp, sous Daesh, c'était interdit...  

Quand l'Eglise colloque sur ses prêtres pédophiles, la Provence a accompagné Jean-Marc, 64 ans, qui est allé retrouvé au fond d'une vallée alpine ce désormais si vieux prêtre qui le caressait il y a cinquante ans... "Il n'y a que Dieu qui pourrait te pardonner mais à cause de toi, je n'y crois plus", dis Jean-Marc. "Essaye, il t'aidera", soupire l'autre.  

Dans Causette, journal féministe, on lit Andréa Bescond qui fut une fillette violée quatre années durant par un ami de ses parents, et qui adulte, en a fait une pièce Les Chatouilles, qui devient un film.  On voit aussi des enfants heureux dans Causette, Eden est devant son piano électrique en Haute-Garonne, "à l'école dit-elle, il n'y a que moi qui ait deux mamans, des fois je l'explique à les copains et des fois, ils ne savent pas si c'est vraiment vrai"... Eden, Arthur Lola Elisa, les enfants de mères célibataires ou de couples lesbiens nés d'une PMA, qui disent "mes parents" ou "mes mamans", et voyez-vous, on parle des plus vieux, la seule souffrance qu'ils ont subi, venait des discours politiques des adversaires du mariage pour tous... Une perversion.    

Les prix littéraires sont dans les journaux...

Avec, cadeau, un texte du nouveau Prix Fémina Philippe Lançon, qui chronique dans Libération le nouveau roman de Haruki Murakami, lequel qui nous raconterait toujours la même histoire d'adolescents au pays des rêves, même quand il parle d'un peintre nonagénaire et du Don Giovanni de Mozart...  La Provence est fière puisque c'est une marseillaise, Valérie Manteau, qui pour son "sillon" décroche le Renaudot, et un éditeur d'Arles, Actes Sud, qui conserve le Goncourt, l'Est républicain est fier aussi, puisque ce Goncourt est lorrain, Nicolas Mathieu est venu en TGV de Nancy hier chercher sa récompense à paris, son cousin David, à Epinal, lève le pouce... 

Mais cette histoire lorraine est encore une histoire d'enfance.  Dans un paysage où "les hauts-fourneaux se sont tus, leurs carcasses servent désormais de cibles à catapultes", je relis ici sur le web la critique du Monde de septembre dernier, "Leurs enfants après eux" dit les étés d'enfants qui écoutent Nirvana, et matent les filles aux seins nus et mentent à leurs parents. Un livre "de rêve et de dépouilles", de "sève et de rouille" disait le Monde, un livre social, je lis cela dans le Figaro, au détour du reportage brouhaha sur les déjeuners de Drouant, Emmanuel Macron devrait le lire lui qui suit actuellement les territoires blessés par la guerre et le chômage, dit la jurée du Goncourt Paule constant. 

Et Emmanuel Macron subit la presse ce matin...   

Et c'en est troublant, tant s'accumulent dans les journaux menaces et polémiques. Le Parisien titre sur ces exaltés d'ultra droite qui voulaient attaquer le Président, la voix du Nord l'avertit, on l'attend en Hauts de France sur l'économique et le social, l'Humanité et Libération, entretiennent les braises de la polémique Pétain, le Figaro mobilise Dominique Bussereau, président de l'assemblée des départements de France... 

Mais il est deux hommes dans les journaux pour le réconforter. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France, fait la une de la Croix, "les réformes engagées depuis 18 mois vont dans le bon sens" mais il faut être "persévérants", car les réformes structurelles créent TOUJOURS de l'emploi mais cela prend au moins trois ans.  

Jamie Dimon, patron de JP Morgan est dans les Echos, et il promet. Paris sera un des bénéficiaires du Brexit, "le gouvernement a fait tout ce qu'il fallait pour rendre le pays attractif les dix prochaines années...  Les banquiers sont la consolation des gouvernants.

Il est d'autres optimistes, notez bien, dans les journaux, et ceci n'a rien de politique. Et quand Libération dissèque la collapsologie, cette idée de l'effondrement de notre civilisation, dans l'Opinion, le journaliste Pierre-Antoine Delhommais éparpille dans une interview roborative le culte du bon vieux temps, ce symptôme de réactionnaires et de gosses de riches dit-il, nous n'avons jamais si bien vécu, grandi, mangé et respiré qu'aujourd'hui. Lisez, ça soulage. 

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