Quand un intellectuel de gauche tient un discours que ne renierait pas la droite... Le Monde consacre aujourd'hui une page complète à l'ouvrage du sociologue Eric Maurin, qui sort aujourd'hui. C'est intitulé "La peur du déclassement". Rappel du contexte d'abord, dans Le Monde... Perdre son statut, décrocher : cette grande peur française avait marqué toute la campagne présidentielle de 2007. On parlait alors du grand malaise des classes moyennes. Pour tourner la page, Nicolas Sarkozy avait promis la "rupture" et le "travailler plus pour gagner plus". C'était bien trouvé... Mais deux ans et demi plus tard, le mal est toujours là. Alors explication d'Eric Maurin... "Il faut distinguer le déclassement de la peur du déclassement. Le déclassement, c'est une réalité qui touche la société à la marge. Nous traversons une des pires récessions de notre histoire, et pourtant le nombre de salariés ayant perdu un emploi stable dans les douze derniers mois est de l'ordre de 300.000 personnes. L'immense majorité des Français reste en fait à l'abri de la déchéance sociale. A l'inverse, la peur du déclassement est ressentie par l'ensemble de la société, y compris par les classes moyennes et supérieures". Et c'est là que le propos devient polémique : "Cette peur, c'est la conséquence de politiques publiques qui, depuis cinquante ans, ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que le soutien de ceux qui n'en ont pas. Progressivement s'est constitué un rempart de droits sociaux entre les salariés à statut, en CDI, et la précarité sociale. Tout projet de réforme de l'Etat sera désormais perçu comme une remise en cause intolérable d'un statut légitimement et chèrement acquis. Deux illustrations : - le mouvement social de 1995 : c'est la mobilisation de salariés, particulièrement de fonctionnaires, qui mettent toutes leurs forces pour défendre cet acquis ; - le 'non' au référendum sur l'Europe en 2005 : c'est le basculement des classes moyennes du public : elles se sentent désormais agressées par les réformes libérales portées par l'Europe". Au-delà de ce constat, Eric Maurin reconnaît qu'il n'y a pas de solution miracle... Alors Le Monde demande leur réaction à quatre personnalités. Parmi elles, le patron de la CFDT François Chérèque. Il reconnaît que ce livre pose beaucoup de questions à la gauche. "Alors que les gens sont en attente de reconnaissance individuelle dans le travail, dit François Chérèque, la gauche leur répond toujours 'statut'. C'est le signe qu'elle est désarmée. On est au coeur de la problématique du mal-être au travail. Les signaux ne manquent pas en ce moment". Signal d'alarme aussi en Italie pour Silvio Berlusconi... "Incazzato"... "En colère", le Cavaliere... C'est sur le site du quotidien italien Repubblica.it... "Nous avons une minorité de magistrats rouges très organisés, qui utilisent la justice à des fins politiques". "Les trois-quarts de la presse est de gauche". "Les émissions à la télévision publique, payées avec l'argent du contribuable, sont de gauche. Même les comiques s'y mettent". "Le Président de la République, vous savez de quel côté il est". "Ces choses-là, elles sont pesantes pour moi, et elles sont pesantes pour les Italiens"... C'était hier soir à Rome, devant la résidence personnelle du Président du Conseil. Alors explication, en français dans le texte, dans Le Figaro. Hier soir, par 9 voix contre 6, la Cour Constitutionnelle a décrété "inconstitutionnel" le bouclier judiciaire que s'était fait voter Silvio Berlusconi l'an dernier. Ce bouclier viole un principe fondamental : celui de l'égalité des citoyens devant la loi. Conséquence : parmi les nombreuses casseroles que traîne le Cavaliere, deux devrait lui revenir aux oreilles : un procès pour corruption, un autre pour faux en écriture. Dans Libération, Alexis Maschiarelli rappelle qu'en matière de casseroles, il y aurait de quoi équiper toutes les mammas de la Péninsule. Au fil des années, Silvio a dû répondre d'accusations de faux en bilans, de corruption, de financement illégal de parti politique, de fraude fiscale, de blanchiment d'argent sale pour la Mafia, et même de trafic de drogue. On ne parle même pas des affaires plus lestes. Alors est-ce que cet homme-téflon va finir par accrocher à la poêle ? Dans Le Figaro, Richard Heuzé rappelle une réalité incontournable : Berlusconi est toujours aussi populaire. Selon un sondage IPSOS, il aurait même gagné 2 points ces derniers jours, à 56%. Dans La Stampa, le chiffre grimpe encore : 69% des Italiens lui feraient confiance. La messe n'est donc pas dite, loin de là. Mais tout de même, dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau constate que, dans la classe politique italienne, on commence à envisager l'après-Berlusconi. A propos de messe, le plus grave peut-être, pour lui, c'est que ses alliés catholiques commencent à songer à le lâcher. "Ils ne démentent pas, écrit l'éditorialiste, la constitution d'un grand centre, sorte de réédition de la vieille démocratie chrétienne. Le Vatican ne le verrait pas d'un mauvais oeil, depuis que ses rapports avec le Premier ministre se sont singulièrement refroidis". Et les scandales politiques, ils ne manquent pas en France non plus... Depuis plus de deux semaines, les courants de la politique et de la justice se mélangent au procès Clearstream. Audience très importante hier. Dominique de Villepin était "à trois contre un". Confrontation avec les prévenus Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin et le témoin Philippe Rondot. Compte rendu de Karl Laske dans Libération... "Pour la première fois, l'ex-Premier ministre se trouble. Son micro tombe. Son avocat se précipite pour le ramasser. Dominique de Villepin se reprend et sourit. A trois contre un, on quitte les rives incertaines. L'accusation prend de l'assurance. Mais l'homme politique n'est pas tombé : il s'insurge. 'Nous n'avons pas comploté. On ne complote pas quand on est ministre. Je veux bien qu'on m'accuse de beaucoup de choses. Mais de coups tordus, non. Toutes vos questions, Monsieur le Procureur, sont sans fondement. Il y a, dans cette instruction, quelque chose de scandaleux'". Alors que dire après ça ? "Embarras", répond Laurent Joffrin dans son éditorial. L'audience d'hier "suggère que celui qui était à l'époque au plus haut niveau du pouvoir politique occulte une bonne partie de sa responsabilité. Est-il pour autant coupable ? La preuve définitive manque toujours. Si l'on suit les déclarations du général Rondot, Dominique de Villepin a manoeuvré dans l'ombre. Mais il est étranger à la manipulation initiale. Le tribunal devra confirmer ou infirmer cette conclusion très provisoire. Mais hier, il a déjà fait progresser la vérité". Alors, dans deux autres polémiques du moment, comment faire progresser la vérité ? On est en eaux troubles. L'affaire Frédéric Mitterrand d'abord... Quand le porte-parole du PS et le Front National se rejoignent pour se dire "choqués" par un récit littéraire qui justifie le tourisme sexuel. Ce récit, c'est le livre publié en 2005 par l'actuel ministre : "La mauvaise vie". Le site Rue89 a eu la bonne idée de le relire avant de se prononcer. Conclusion, une fois les pages tournées... D'abord une précision, qui n'est pas inutile : les garçons dont il parle, ce sont des étudiants, pas des enfants. Ensuite, oui : Frédéric Mitterrand a bien été un touriste sexuel parmi d'autres à Bangkok. A chacun ensuite de juger s'il faut passer à autre chose ou demander la démission du ministre. Son soutien enflammé à Roman Polanski est sans doute l'une des causes de ses ennuis d'aujourd'hui. Dans cette affaire Polanski, Le Parisien-Aujourd'hui constate que, quinze jours après son arrestation, le réalisateur est de plus en plus isolé. La justice suisse s'oppose à sa libération. La justice américaine n'a pas encore demandé son extradition. Mais le soutien, dans le monde du cinéma, est nettement plus discret que fin septembre. D'autres informations glanées dans la presse... Le plan français pour relancer les biocarburants... C'est à la Une des Echos. Malgré les réticences des écologistes, le programme Biotiful devrait être lancé rapidement : biocarburant de la deuxième génération, fabriqué à partir de coques de tournesol et d'autres éléments jusque-là peu valorisés. L'investissement dépasserait les 100 millions d'euros. Au nom du père, du fils et des tours de La Défense... Jean Sarkozy va prendre la tête de l'établissement public qui gère le quartier d'affaires parisien. Il succède à Patrick Devedjian. C'est notamment sur le site LePoint.fr. Le ministre de l'Intérieur veut prolonger la durée de la garde à vue pour les violeurs. Elle pourrait passer de deux à quatre jours, selon Le Figaro. Et puis question, dans Le Parisien : le rugby suivrait-il les traces du football depuis qu'il est professionnel ? Les insultes aux arbitres, les bagarres sur le terrain et les troisièmes mi-temps plus que limites se multiplient. Enfin une fois n'est pas coutume, pour finir : un hebdo people, Gala, avec honnêtement, une couverture qui fait du bien... Vous savez que, régulièrement, les people et les féminins publient des numéros "spécial rondes" pour se donner bonne conscience et faire oublier tous ces mannequins maigrissimes en photo à longueur d'année. Mais en général c'est pire que tout parce que les rondes en question, on pourrait en mettre deux dans le jean le plus moulant de notre garde-robe. Nicolas, passez-moi le fromage blanc à 0%... Eh bien là, à la Une de Gala, il y a des bourrelets, des vrais. C'est la chanteuse Marianne James qui brise le tabou en posant nue : "Vive les rondes !". On a presque envie de se couler dans ses bras et de déposer deux bises sonores sur ses joues rebondies. Je vous souhaite une bonne grosse journée...

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