L'histoire et les idéologies reviennent. Le dérèglement climatique n'est pas la faute des hommes mais du capitalisme, lit-on dans Le Monde, Sud-Ouest s'émoustille des souverains suédois et cherche. Bernadotte. Michel Vovelle, historien de la mort et de la Révolution, mort samedi, est bellement salué par l'Humanité.

Un américain fait campagne en Europe

Et quand la planète brûle et la catastrophe climatique s'affiche aux unes de libération, l'humanité et le parisien,  le Figaro regarde vers Steve Bannon, et c'est une autre incendie que décrit le journal. Bannon fut le conseiller et l'idéologue de la victoire de Donald Trump, il s'installe en Europe pour coaguler partis de droites, d'extrême droite, europhobes et populistes, il appelle cela "the movement",  le mouvement, "l'inquiétante campagne européenne de Steve Bannon" titre le Figaro, voilà un grand journal de droite, face au bouleversement qui a déjà emporté la droite américaine.

Il faut lire ce long dossier du Figaro, mené par une grande journaliste du quotidien, Laure Mandeville, elle fut l'oeil du Figaro à Moscou et à Washington, et qui nous montre Bannon en promenade chez nos nationalistes,  précédé d'un belge nommé Modrikamem devenu son sherpa, ayant rallié à son mouvement la Ligue de Matteo Salvini et le RN de Marine le Pen...

Il parle, Bannon, dans le Figaro il décrit une bataille personnelle celle d'une enfant d'ouvriers américains,  "ceux qui coachent les équipes de sport, entretiennent nos églises, vont au travail tous les jours, envoient leurs enfants dans l'armée", et qui ont été trahis par les élites qui ont sauvé les banques en abandonnant les populations. "Nous devons redonner aux gens simples une perspective, sinon ce sera la révolution."

Est-ce une tentation, ce populisme pour conjurer la révolution? On lit dans un bon article sur l'Express que l'extrême-droite est encore réticente : et s'il n'était, Bannon, qu'un agent de l'Amérique, venu contrer l'influence de poutine sur les populistes européen, pour garder le contrôle?

A quelques pages de Bannon, Laurent Wauquiez se promène en Eure-et-Loir... Il écoute la colère qui va exploser, lis-je; dans le Parisien, Marine Le Pen est en Italie, avec son ami Matteo Salvini. C'est un paysage. "La haine remue Bolsonaro, la peur le fait voler", c'est le titre d'un des articles de El Pais sur le triomphe au premier tour de la présidentielle brésilienne du candidat d’extrême droite Jair Bolosonaro... El Pais et le Monde ouvrent tous deux leur site sur ce raz-de-marée de Bolsonaro... 

Il y a dans nos journaux une brutalité de l'histoire et des idéologies de cette brutalité... 

Et on parle aussi d'idéologie à propos du climat...

C'est dans le Monde, le meilleur des articles sur la catastrophe en cours, au-delà des descriptions déjà lues d'une planète à l'abandon, les marais asséchés de l'Irak dans Libération, ou de la sidération des experts du GIEC, Jean Jouzel dans la Croix devant ces politiques qui ne les écoutent pas. 

"Mais pourquoi cette criminelle apathie", se demande donc dans le Monde Frédéric Joignot, et il répond par l'idéologie. Des penseurs qui récusent le terme d'anthropocène, -le climat bascule par l'action de l'homme... Il ne sert à rien de s'en prendre aux hommes en général, accusons plutôt le Royaume-Uni du XVIIIe et du XIX siècle qui lança la révolution industrielle, et accusons le système qui en est issus, le capitalisme « construit au moyen d’un accaparement des bienfaits de la terre », il faut parler de « capitalocène»: l’ère du système capitaliste incapable de contenir sa course effrénée au profit, et c'est lui qu'il faudrait abolir. 

En attendant on contemple son pas-de-porte. La Provence me parle des villes face au réchauffement et de Marseille dont le climat sera celui d'Alger, l'Indépendant m'invite à regarder une forêt de hêtres en climat méditerranéen, qui témoigne de la capacité de résistance des arbres face aux vagues de chaleur...  

Et c'est apaisant des arbres, ou stressant. Même la forêt n'échappe pas aux brutalités. Loin des forêts, dans le monde artificiel de l'électronique, les guerres se dessinent. On lit dans les Echos que la « tech' » américaine a trop sous-traité aux chinois et les puces « made in le nouvel empire » sont des espions dans la machine, y compris de la défense. L'histoire est là.

Et on parle d'un historien pour finir...

Et après être passé par l'histoire souriante à laquelle m'invite Sud-Ouest, émoustillé par la visite à Pau du couple royal suédois, et qui drôlement explore la mémoire de Bernadotte, maréchal de napoléon et fondateur de la dynastie... Après avoir lu le couple suédois interrogé dans le Figaro par Stéphane Bern... C’est un style….

On s'arrêtera dans l'Humanité pour un homme qui savait que l'histoire est brutale.  Michel Vovelle est mort samedi, il avait beaucoup travaillé, cette homme deux fois veuf, sur notre rapport à la mort, mais aussi sur la Révolution française dont il défendait la mémoire vivace, Robespierre inclus, face à d'autres historiens qui la réduisaient à la matrice totalitaire de la terreur... Le Monde raconte les affrontements passés de Vovelle et de François Furet... On ne débattait pas de rien. Je trouve dans l'Humanité ces mots de Vovelle... «Nous pouvons essayer de transmettre en passant le relais, le souffle, l’esprit, le souvenir, souffrances, affections, regrets mêlés aux espoirs indéracinables qui tissent la trame de nos vies, sans oublier les passions qui les entourent et qui donnent leur flamme à la continuité si fragile du passé remémoré » 

Vous pourrez, dans le Télégramme, appliquer au temps présent cette phrase de Vovelle. Un documentaire sort, pour l'instant seulement ans le Finistère, sur les ouvriers de Gad, cet abattoir rayé de la carte il y a 5 ans, laissant plus de 800 personnes sur le carreau, et le film essaie donc de transmettre "le souffle et les souffrances et les trames des vies" défaites des gens de Gad, il  s'appelle "les illettrées", en souvenir d'une phrase d'un ministre de l'Economie qui depuis a fait carrière et s'en était excusé.

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