"On est humains, non?" Le frère d'un jeune homme tué à Villiers-le Bel, Street press. "Je me refuse à croire que nous sommes considérés comme des sous-hommes", le patron de la cordination rurale du Lot-et-Garonne, la Dépêche. En Alsace , des veilleurs de mémoire préservent les cimetières juifs des campagnes, les DNA

On parle de colère ce matin...

Et on entend et on lit dans les journaux des cris de douleur et de rage et parfois de deuil qui se font écho, car ce sont les mêmes mots que l'on retrouve, chez des français tellement éloignés d'apparence.

"Est-ce que c'est normal que ça se passe toujours à Villiers-le-Bel ? Est-ce que c'est normal que ça se passe toujours en banlieue ?  Pourquoi personne n'est jamais là pour nous ? On est humain non ?"  ce sont les mots, dans Street Press, en ligne, de Diané Ba, dont le petit frère Ibrahima, est mort percuté par un poteau métallique en tombant de moto lors d'une intervention policière, dimanche à Villiers le Bel et hier dans son quartier de la Cerisaie, on lui rendait hommage... 

"Je me refuse à croire que nous sommes considérés comme des sous-hommes", ce sont dans sur le site de dépêche du midi les mots de Pascal Béteille Président de la coordination rurale du Lot et Garonne, dont un voisin paysan s'est suicidé, et aujourd'hui à la tête de ses troupes, il emmène un jour de colère paysanne, colère nationale mais que l'Occitanie appréhende car les paysans veulent bloquer les villes, et ce sont les Unes de la Dépêche, du Petit bleu, de Sud-Ouest, le maire d'Agen Jean Dionis du Séjour demande aux paysans de respecter sa ville, eux ressassent le mépris qu'ils ressentent. "Les suicides de policiers, dit Beteille, on sait les compter." 

La France dans ses journaux est une mosaïque de souffrance? Des employés d'Ehpad témoignent dans les DNA, L'Est eclair fait sa une sur les postiers qui sont dans l'Aube épuisés surmenés et en septembre, une factrice a voulu se tuer. Dans la prison de Metz-Queuleu, ce sont des détenus qui se suicident, dans le Républicain lorrain des avocats parlent d'une situation intolérable et ils ont peur pour leurs clients. 

Midi libre, sur son site, publie la vidéo tournée par une maitresse d'école que la mère et la grand-mère d'un élève ont insultée menacée de mort et puis frappée à Agde, elle avait séparé deux enfants qui se battaient. A Tours dans un tramway, c'est dans la Nouvelle république, trente jeunes gens sont montés dans un tramway pour en tabasser d'autres. 

Parfois, dans le silence, on subit, on est beau. Dans le Journal de Saône-et-Loire, voici à Chalons-sur-Saône Marcelle, 91 ans, qui est une des deux dernières habitants de son immeuble HLM dégradé et tagué aux portes arrachées où des jeunes tiennent les murs et squattent pour fumer la chicha, ils disent bonjour madame à Marcelle quand elle travers leur groupe, elle pique le charbon de leur narguilé, le matin dans son appartement, qu'elle garde coquet, elle fait bouillir de l'eau et vérifie que l'ascenseur marche, sinon, elle ne peut plus bouger, est on inquiet pour elle et souriez-vous comme moi...

On parle aussi de blocages en France Car notre pays n'est pas que de cris, il est aussi terre de procédure. Le Journal de Saône et Loire et le Bien public, chacun chez soi, recensent les projets enterrés par la faute d'un recours. On n'a pas ouvert de cinéma à Torcy. On n'a pas créé à la Rhochepot un musée de voitures vintage, pour protéger des oiseaux nicheurs. Il a fallu contourner les plaintes d'un riverain pour qu'une micro-crèche voie le jour à Marmagne. Les enfants sont mignons. 

On parle des Etats-Unis...

Et d'un homme puissant qui séduit plutôt que protester, Tim Cook le patron d'Apple dont le Wall street journal traduit par  l'Opinion raconte comment il a méthodiquement séduit Donald Trump, sa fille et son gendre, et c'est de la pure politique et Cook semble un maitre, il envoie des mails aux employés d'Apple pour les tenir au courant de ses discussions avec le diable, au mieux de l'intérêt de l'entreprise, 97% d'entre eux votent démocrate.... Les intelligences de Monsieur Cook sont une respiration heureuse quand le Figaro, le Monde, Libération racontent le grand fiasco américain, fait de reculades en Syrie, en Irak où l'Iran s'impose, et en Afghanistan.

Dans le Monde, loin de nos doutes et palinodies d'Occident, lisez, avec temps, précaution, la certitude de l'enfer qu'a connu  Waad Al-Kateab qui est une femme de Syrie, forte, devenue cinéaste par choix de liberté, et qui était enfermée à Alep assiégée auprès de son mari, Hamza Khatib qui fut le dernier médecin urgentiste dans la vielle martyre. Leur fille Sama était née sous le feu, elle restait avec eux, "Hamza pensait qu'il était préférable que nous mourrions ensemble, plutôt que Sama soit orpheline". Waad Al-Kateab a filmé cette vie, son fim sort demain, qui dit comment périt Alep Est, mais elle dit aussi "Il n'y a pas plus bel acte de résistance que de rester vivant."

On parle de musique pour finir...

Qui est ce que nous pouvons offrir aux enfants heureux de notre pays, et un dilemme pourtant, très bien raconté par le Figaro... les conservatoires, ces lieux d'excellence, ne savant pas comment réagir face à la montée en puissance des orchestres Démos, des projets sociaux à la base où l'on remet à des enfants de quartiers pauvres des instruments de musique pour els faire jouer, bientôt en concerts, sans passer par le fastidieux solfège, et démos où les mômes jouent sous les youyous des parents parfois attirent la sympathie, les mécènes, et l'on invite les enfants à jouer à l'opéra royal de Versailles... pendant ce temps les conservatoires s'étiolent fautes d subventions et de glamour social, est ce Mozart qu'on assassine ou que l'on invente? 

Notre pays est aussi plein de ressources et de joie. Il celui d'Eugène Saccomano, qui aimait Giono les livres de Céline et le football qu'il a dit si bien sur des radios voisines, Europe 1 et RTL et que de la Provence à l'Equipe on célèbre comme un joyeux géant qu'il fut... Il est celui de Jean Chazal que raconte la Montagne, un médecin retraité convoyeur de bateau de plaisance qui cet été, à 250 km des côtes, ayant eu très mal au ventre et se sentant si fatigué, sut qu'il allait mourir, se diagnostiquant une péritonite aiguë: il fut sauvé par l'efficacité hors norme des secours en mer. Il est le pays de  Bernard Bouvet, 73 ans,  dans Ouest-France , qui organise dans les écoles des envois de cartes postales, pour sauver l'écriture manuelle... Il est aussi le pays de ces gens merveilleux qu'on baptise en Alsace d'un si beau nom, les veilleurs de la mémoire qui sont en une des DNA, une poignée de volontaires  qui arpentent surveillent et protègent  les vieux cimetières juifs des campagnes, que des enfants innocents souillent en y allant fumer, ou que des méchantes âmes dégradent et profanent, dans une région où fleurissent des graffitis antisémites, mais la défaite n'est pas certaine.

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