Mais le GAFAMs, qui savent que nos comportements sont leur richesse, nous traquent comme on traque les bêtes qu'on équipe de balises, l'Obs. Pour les bêtes, les activistes de L214 terrifient l'industrie agro-alimentaire, l'Opinion. Un virus attaque les bovins qu'il faut tester, comme nous, l'Eveil de la Haute-Loire.

On parle d'animaux...  

Qui seraient l'espérance de l'homme puisque des vétérinaires tiendraient les clés de notre salut, en Belgique à Liège, dans une université où nous dit le Point on vit avec la Covid en testant et retestant encore les trente mille étudiants et la communauté enseignante, pour savoir exactement comment la pandémie entoure et à quel moment on doit s'éloigner de la communauté, on met des kits de tests salivaires à disposition, il suffit de cracher, on récupère les résultats sur un site dédié... L'idée de ce test géant vient d'un laboratoire vétérinaire intégré à la fac, qui applique aux humains ce que l'on fait aux bêtes...  « Notre avantage sur les médecins humains, nous sommes bien plus souvent confrontés aux épidémies. Nous avons bien plus d'expérience pour dépister les troupeaux. Un vétérinaire considère la population avant l'individu. C'est essentiel dans une course épidémique. »  

 Nous voilà donc troupeau, pas seulement pour notre bien. 

L'Obs recense un livre enfin traduit en français,  "L'Age du capitalisme de surveillance" de la sociologue Shoshana Zuboff, qui a nourri le débat aux Etats-Unis... Marx avait analysé les rapports de force et de production au XIXe siècle, Zuboff dissèque ce que nous font les géants d'internet, depuis que ces prédateurs ont compris que nos comportements étaient leur mine d'or, qu'il faudrait donc les connaitre, les analyser les prédire les influencer... Livre majeur, où nous sommes comparés aux animaux qu'on équipa de balises à la fin des années 70 pour suivre leurs déplacements... 

Un troupeau donc, même si nous restons des animaux démocratiques. Les Echos nous disent que le Congrès américain s'est fâché contre les géants du web mais il s'agit de pratiques anti-trust et pas de nos âmes, Libération nous signale que la cour de Justice européenne s'oppose à la conservation systématique des méta données -ce qui rappelle avec qui vous communiquez- mais ce n'est pas une pratique des GAFAMs mais des Etats. Qui nous protège alors, troupeau fliqué?   

L'Opinion raconte une autre histoire d'animaux...   

Mais celle-ci est le prétexte d'une terreur qui vise les hommes, elle dit les larmes aux yeux d'un patron qu'une campagne de dénigrement a failli emporter... Car c'est toute l'industrie agro alimentaire qui vivrait dans la hantise et sous la menace des activistes de L214, ces militants du bien-être animal qui dénoncent dans leurs vidéos virales ce que l'on fait aux bêtes dans des élevages aux abattoirs, et qui partent à l'assaut des entreprises pour qu’elles changent leurs pratiques au-delà de ce que demande la loi, la guerre se fait dans des campagnes de mels, de posts Facebook, des logos détournés tâchés de sang, il faut collaborer avec l'association qui se révèle une puissance, millionnaire,  qui terrifie au nom du bien.  

Les hommes souffrent donc, tels les animaux, à chacun sa peine. Le Républicain lorrain nous dit que l'on agresse et l'on tue des chats dans le bassin messin ce sont des empoisonnements, des tirs de carabine, à Pierrevilliers, à Mecleuve, quelle cruauté... Mais  le même Républicain lorrain nous annonce qu'un parc animalier , Sainte-Croix dans le pays de Sarrebourg, est prêt à recueillir des loups du parc Alpha de Saint-Martin-Vésubie; dont les enclos ont été détruits par les crues... 

Sud Ouest fait sa Une sur les animaux de cirque qu'une discussion parlementaire veut retirer à l'indignité, qu'incarne l'éléphant sur un tabouret... 

L'Eveil de la Haute-Loire, lui, raconte une maladie virale qui touche les bovins, elle donne de la diarrhée  de la fièvre, de l’abattement, de l’anorexie, de la toux, des écoulements oculaires et nasaux, il faut abattre les veaux qui sont touchés, cela pourrait représenter 10% des troupeaux de haut-ligériens, les éleveurs doivent tester leurs bêtes, ils hésitent comme dans les villes on hésite devant notre virus, le BVD devrait disparaître d'ici 5 ans, aurions nous face au Covid la patience des boeufs, et de ceux qui les gardent?   

Et on parle de la peur d'une chanteuse... 

 Sur le site de Charlie hebdo, notamment, la peur de Rihanna, qui vient de s'excuser auprès des communautés musulmanes et a juré qu'elle ne voulait pas offenser Dieu. Son défilé de lingerie, la semaine dernière, avait fait bouger des mannequins sur un morceau de musique nommé Doom, malédiction, d'une artiste française, la DJ Coucou Chloé . La voix que l'on entend sous le boumboum feutré récite des hadiths, des commentaires sacrés attribués au prophète. Coucou Chloé s'excuse comme Rihanna de l'offense qu’elle cause, elle ,e savait pas, elle fait retirer sa chanson des plateformes de Streaming.  L'autre soir me dit Charlie sur un plateau de télé, une chroniqueuse a dit qu'à la limite elle voulait tuer Rihanna, ce n'est que de la télé.    

Aux Etats-Unis qui ressemblent à une télé-réalité, le Monde nous présente un petit bout de femme de 33 ans, d'un mètre cinquante-deux 45 kilos, qui proclame ceci, "ce n'est pas avec mes poings que je vais me défendre", alors elle porte un pistolet Glock dans un étuis fixé sur sa cuiss, et ainsi Lauren Boebert fait campagne dans le Colorado ppur entrer au Congrès, elle est la nouvelle coqueluche des républicains et du trumpisme, mais aussi un personnage que la journaliste rendrait émouvant, quintessence des pauvres blancs dont elle est la revanche,  passée par Mac Donald, qui a ouvert avec son époux dans une ville nommé Rifle, fusil, une restaurant voué aux armes à feu où l'on déguste un M16 burrito

Il reste de la raison dans le Monde, qu'incarne le Un dont vous irez lire ce numéro sur le doute qui enserre les vaccins, ils s'indexe ce doute sur la confiance que nous ne paçons plus en nos gouvernants, dans les pays nordiques tout va mieux, quand retrouveront nous Pasteur, ce Maigret de la recherche?  

Le doute est contagieux.   Après la Croix, la Vie et le Figaro contemplent Marthe Robin, une fille de paysans de la Drôme morte en 1981 au doux visage, au corps paralysée, qui sur son lit de douleur aurait vécu les souffrances du Christ et dont le message spirituel a transformé la manière dont on croit dans nos paroisses, elle sera sainte un jour, mais pourtant un autre homme de Dieu, un frère belge, Conrad de Meester, a consacré une partie de sa vie à revisiter sa légende et y a vu mensonges, trucages, plagiats, il est mort avant de finir son livre qui parait pourtant aux éditions du Cerf, et l'on arc-boute en chrétienté sur le besoin de croire pourtant.   

J'ai trouvé dans Lire le Magazine littéraire une belle interview de la philosophe et académicienne Barbara Cassin où elle  dit ceci: "Je préfère la liberté à la vérité."  Je lis dans le figaro une interview espiègle de Peter Handke, prix Nobel de littérature il y a un an, qui ne veut plus qu'on le confronte à ses engouements serbes, et qui dit cela: "Je n'ai pas d'opinion, celles que j'ai je les déteste et dans la mesure du possible, je les détruis."

EXCUSES. A l'antenne, dans un lapsus inouï, j'ai attribué à l'Opinion, très bon quotidien, l'enquête sur les vaccins du "Un", très bon hebdomadaire et qui au surplus se bat dans un contexte économique gravissime. Pardon aux journaux, aux journalistes, et avant tout auditeurs de France-Inter. 

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