On pourrait appeler ça un "coup de 100"… Vous savez, les fameux "100 jours" de Dominique de Villepin… C’est aujourd’hui. Alors, pour marquer le coup… Hier… On n’est pas à un jour près… Le sous-chef de l’Etat s’est retrouvé chef de l’Etat… Le temps d’un Conseil des ministres qu’il a présidé, en lieu et place de Jacques Chirac… Un conseil où Nicolas Sarkozy, lui, a dû rester à sa place de ministre de l’Intérieur. Dit comme ca, l’avantage apparaît nettement en faveur de Dominique de Villepin... Sauf que c’est hier... tiens donc... que Nicolas Sarkozy a présenté le programme économique de l’UMP… Autrement dit, son programme… Histoire de ne pas être en reste, et de revendiquer sa fameuse rupture… Un vrai coup de sang contre tout ce qui a été fait en France, sur le front de l’économie, depuis plusieurs décennies… Et surtout contre ce Premier ministre devenu rival… LE rival…. "L’homme qui l’énerve", comme le titre "Libération" ce matin… Le côté dauphin de Dominique de Villepin… Ca, ça exaspère le ministre de l’Intérieur… Qui dit : Il faut Voir la France telle qu’elle est, et non pas telle qu’on la rêve. Dans une longue interview accordée au journal "Le Monde", d’abord, il distribue du bout des lèvres ses bons points au Premier ministre… Mais surtout il ajoute… un rien perfide... que ce gouvernement fait le maximum dans le cadre des marges de manœuvre qui sont les siennes. Voir la France telle qu’elle est, donc, et non pas telle qu’on la rêve… Oui, sauf que le programme économique et fiscal de Nicolas Sarkozy est avant tout un programme destiné à faire rêver, explique Jacques Guyon dans "La Charente Libre"…Un vrai catalogue de promesses électorales. Un exemple ? Sarkozy promet le plein emploi dans 10 ans… C’est dire à quel point Villepin est un amateur, conclut Jacques Guyon. Maintenant, comme le résume Marc Chevanche dans "Nice Matin" : la situation est incongrue, mais il faudra s’y faire : Nicolas Sarkozy, ministre, est co-responsable de la politique conduite par ce gouvernement, dont, rappellons-le, il est le numéro 2…Mais en même temps il est président de l’UMP et, en cette qualité, c’est lui qui conçoit la politique qu’il faudra suivre. Autant dire que ca ne doit pas être toujours facile à suivre. Avis d’un connaisseur maintenant : celui de Francois Bayrou, qui s’exprime dans le journal "La Croix", et qui dénonce ceux qui parlent de rupture tout en étant au pouvoir. Pour critiquer sans cesse le gouvernement et voter à peu près tout ce qu’il propose, Francois Bayrou connaît ça par cœur. Effectivement. Et du reste, il continue ses critiques dans cette même interview à "La Croix"… Le président de l’UDF explique : Faire renaître la confiance en 100 jours… C’était un pari impossible. Comme ça, c’est clair. Je ne sais pas s’il faut dire "vivons heureux, vivons cachés", mais les socialistes, on ne les a pas beaucoup vus dans la presse, ces derniers jours… En tout cas, depuis l’université d’été de La Rochelle. Dorment-ils ? Oui, un peu… J’en veux pour preuve cette photo saisissante publiée par "Le Canard Enchaîné". Je ne sais pas si vous la connaissez, Dominique Strauss-Kahn… C’est à La Rochelle : le "Canard" affirme qu’elle a été prise pendant le discours de clôture de François Hollande… Et dans l’assemblée, on voit Michel Rocard, attentif, et sur sa gauche Jack Lang et vous-même… Dormant du sommeil du juste… Vous dormez tellement bien, Dominique Strauss-Kahn, que votre tête est quasiment sur l’épaule de Jack Lang. …………………………. Comme le dit le "Canard" : pour le congrès du Mans, François Hollande a tout intérêt à préparer un discours moins ronflant. Encore lui... En Une du magazine économique "Challenges", totalement rénové la semaine dernière... Hebdomadaire qui se donne désormais des allures de news magazine... En Une, sur fond noir : Dominique de Villepin... Sous le titre : "Villepin le dauphin"... Et puis, un peu plus bas, ce titre choc, sur un autre sujet : "Ecole : passeport pour le chômage"... Enquête sur un incroyable gâchis, et conseils pour éviter à son enfant de sombrer... Ce dossier sur l'école est un véritable tableau noir. Il est signé Patrick Fauconnier, fondateur du magazine "Challenges"... Il est l'auteur du livre "La fabrique des meilleurs"... enquête sur une culture d'exclusion... Il s'agit de l'école, bien sûr. D'abord le constat : selon l'OCDE, 35 % seulement des jeunes Français accèdent à l'enseignement supérieur long. A titre de comparaison, l'Australie affiche 77 %, les Etats-Unis 64... La moyenne de l'OCDE étant de 51 %... Avec ses 35, voyez où se place la France... Au 30ème rang, sur les 40 pays passés à la loupe... Ce que Patrick Fauconnier n'hésite pas à qualifier de "tragédie nationale", avec ces deux chiffres qui, dit-il, font honte à la France... Deux chiffres seulement, mais il faut les retenir... 37 % d'une génération de jeunes Français accèdent à l'enseignement supérieur... Et chaque année, 163.000 de nos enfants quittent le système scolaire en échec total. Voilà pourquoi vous titrez, Patrick Fauconnier : "Ecole, passeport pour le chômage". Bonjour... Comment en est-on arrivé là ? Ca veut dire qu'il faut appliquer les méthodes des autres ? D'abord, est-ce qu'elles sont exportables ? Merci, Patrick Fauconnier. Ce qui est intéressant, dans les rapports institutionnels, ce sont les prérapports. C'est là qu'on trouve l'info. Et vous allez voir que ce qui va suivre n'est pas sans rapport avec ce qui a précédé. C'est "Le Figaro" qui a réussi à se procurer un document confidentiel de la Cour des Comptes... Qui n'est donc plus confidentiel... Et qui nous montre à quel point la situation du secteur de la recherche, en France, est désespérante. Ce secteur est en crise, on le sait... Et à la veille du grand débat sur la loi "Recherche et Innovation" promis par le gouvernement pour solder le contentieux avec les chercheurs, la Cour des Comptes dresse le constat suivant : concentration insuffisante face à la compétition internationale... Autrement dit, les unités de recherche font ce qu'elles peuvent, chacune de leur côté. Equipes de chercheurs trop rarement évaluées... Statut d'enseignant rigide et mal contrôlé... Gestion défaillante... Et déficit de brevets déposés... C'est ça, la France de la recherche. Alors, pas question de réformettes : les magistrats de la Cour des Comptes n'y vont pas par quatre chemins : c'est une révolution qu'il faut engager pour sortir de ce marasme... Et c'est à l'étranger qu'il faut regarder... S'inspirer du modèle anglo-saxon, par exemple... Voyez... Comme pour l'école. Voilà. Je voudrais vous signaler que cette revue de presse a été préparée avec à peine la moitié des journaux... C'est un peu comme faire une tarte aux pommes sans pommes... Il se trouve qu'un conflit touche l'édition des quotidiens nationaux depuis mardi... Il a pour origine le supplément économique du "Parisien", dont nous avons parlé lundi... Il est partiellement imprimé en Espagne... Ce qui a déclenché la colère du Syndicat du Livre CGT. Hier déjà, en Ile-de-France et dans la région Nord, "Le Parisien" n'est pas sorti en kiosques, ni "L'Equipe"... "Le Monde" également a été perturbé... Ce qui a déclenché la colère de son directeur général, Fabrice Nora, qui estime que son journal est systématiquement pris en otage... Il est d'autant plus furieux que "Le Monde" prépare une nouvelle formule pour le 7 novembre... Alors que les comptes d'exploitation sont particulièrement difficiles pour la presse, le moment est vraiment très mal venu d'arrêter la diffusion des journaux pour des problèmes de rivalité syndicale, proteste Fabrice Nora... C'est ce qu'on appelle un "coup de sang"...

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