(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : lundi, c'est folie

(Bruno Duvic) Un investisseur qui aurait misé 1.000 Euros en 1997 en actions Amazon en gagnerait 240.000 aujourd'hui s'il les revendait. 240 fois la mise ! Chiffre publié dans Les Echos , tiré d'une étude américaine. « La vague de l'e-commerce déferle sur les marchés boursiers », titre le quotidien économique. Bientôt l'Allemand Zalando, le Français Casino et surtout, dans les jours à venir, ce qui pourrait être la plus grosse introduction en bourse de l'histoire : celle du Chnois Alibaba, qui envisage de ramasser plus de 20 milliards de dollars. Petite fable d'époque résumée dans la page Cribles des Echos : « L'introduction se fera à Wall Street mais aux couleurs d'un régime communiste, entreprise chinoise mais incorporée aux iles Caïmans. »

Et le jeu des comparaisons pour prendre la mesure du gigantisme de l'entreprise. Alibaba, qui met en relation sur le web vendeurs et acheteurs de toutes sortes, a autant de clients que quatre fois la population française, le montant de ses transactions dépasse le PIB de la Grèce, et pour transporter tous les colis qu'elle livre, il faut six fois notre bonne vieille poste.

A côté de Jef Bezos (Amazon), Marck Zukerberg (Facebook), il faudra donc compter dans les années à venir avec un autre tycoon de l'Internet : Jack Ma, surnommé « Le Tyran digital » ce matin dans le New York Times . Portrait dans Le Figaro et l'éternelle légende de ces patrons de l'Internet partis de rien. Premier salaire mensuel comme prof d'Anglais en Chine : 10 Euros. Fortune estimée aujourd'hui : plus de 21 milliards de dollars, la plus importante de Chine. Le tout sans quitter sa ville de de Hangzou. C'est dans son appartement qu'est né Alibaba. L'appartement est devenu un immense campus, siège d'une entreprise aux 20.000 salariés. A chaque mogul son signe particulier : Steve Jobs avait le pull à col roulé, Zuckerberg les sweats à capuche, Jeff Bezos la boule à zéro, Jack Ma, lui est maigre comme un clou.

A travers cette histoire et les autres introductions en bourse à venir, dixit Les Echos , c'est une page du commerce de détail mondial qui se tourne. Les cybermarchands sont bel et bien en train de prendre le dessus sur les épiciers de grand-maman. Croissance de l'e-commerce estimée aux Etats Unis cette année 18%. 1.4% seulement pour le commerce en dur. Les proportions sont à peine moins élevées en Europe. Et on ne parle pas de l'Asie ou de l'Afrique où l'étape super et hypermarchés pourrait carrément être sautée.

La folie d'un homme

Un petit braqueur de supermarché de Roubaix devenu terroriste international. Mehdi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles envisageait de commettre un attentat sur les Champs Elysées le 14 juillet dernier. C'est la Une de Libération , on vous en parlait dans le journal de 8 heures.

Nemmouche, un peu plus ennemi public depuis ce week-end au cours duquel on a également appris qu'il était un des geôliers des quatre otages français en Syrie. Geôlier particulièrement pervers, c'est ce qui émerge du récit d'un des quatre, Nicolas Hénin sur lepoint.fr, et des procès-verbaux que s'est procuré Libération .

Plongée en enfer auprès d'un monstre qui fanfaronne devant ses prisonniers : « Je suis Al Qaeda ». Surnom, Abou Amar le cogneur. Exécutant d'un rang secondaire, toujours partant pour la torture. Les coups de gourdin sur le crane de Didier François, tête de turc des geôliers, soupçonné d'être un agent de la DGSE. Toujours moins terrible que le sort subi par les prisonniers Syriens. Leurs hurlements que l'on entendait au sous-sol de l'hôpital d'Alep. Entre deux séances, l'homme chantonnait « Douce France » ou « La Bohême ».

Le tabou du silence sur les conditions de détention des quatre Français a donc en partie sauté ce week-end. Colère de Didier François qui estime qu'on met en danger ceux qui sont encore retenus. Jean-Pierre Perrin raconte la mise en garde des preneurs d'otage avant de relâcher les français. Juste avant la libération, ils ont fait sortir de cellule l'un de leurs compagnons d'infortune et l'ont abattu froidement : si vous parlez, voilà ce qui attend les autres otages.

La sombre actualité internationale. A la Une de La Croix , autre sujet, Ebola. C'est « La lutte sans merci », titre le quotidien.

Quoi d'autre dans la presse ?

L'indice Gilette des intentions de Nicolas Sarkozy. Barbe de 3 jours, il s'éloigne de la politique. Visage rasé, le retour approche. Long papier de Charles Jaigu dans Le Figaro sur les coulisses de ce retour qui ne fait aucun doute pour le journaliste. L'ex président a donc racheté des lames et y pense à nouveau en se rasant. Et il veut « incarner la droite et le centre ». Il aurait également profité de l’été pour lire « Dostoïevski en anglais ». En tout cas, en manchette du Figaro, l'UMP est suspendue à son retour.

Un vent de panique à la Une des sites internet anglais : le Oui à l'indépendance va-t-il l'emporter dans 10 jours en Ecosse ? En page d'accueil du Daily Mirror , la Reine, les genoux protégés par un plaid à motifs écossais : « Ne faites pas de moi la dernière reine d'Ecosse » !

Compte à rebours dans le Telegraph : « Dix jours pour sauver le Royaume Uni »

Le gouvernement de Londres alterne le chaud et le froid pour convaincre les électeurs d'Ecosse de ne pas amputer le royaume uni : menace du ministre des finances à la Une de The Independent : « Pas de si, pas de mais, l'Angleterre ne partagera pas la Livre », sa monnaie, si l’Ecosse vote pour l’indépendance.

Mais déjà des concessions à la Une d'autres journaux : plus d'autonomie accordée aux Ecossais s'ils rejettent l'indépendance.

Pour l'instant le Oui et le non sont au coude à coude. Mais le quotidien écossais Herald Scotland relève que les femmes et les électeurs du Labour soutiennent de plus en plus nettement l'indépendance.

En France, slate.fr examine cette grave question à travers un verre de whisky. Pour constater que l'industrie du scotch est plutôt favorable au maintien du pays dans le giron du Royaume Uni. Les patrons du whisky sont sensibles à l’argument de l’incertitude : on ne mesure pas bien les conséquences économiques de l’indépendance. Ils redoutent notamment que de nouveaux impôts leur tombent sur le coin du fût en cas d'indépendance.

L'actualité britannique c'est aussi un mystère vieux de plus de 100 peut-être enfin résolu : qui était Jack l'éventreur ? Un détective amateur croit avoir trouvé. Tout part d'un châle acheté aux enchères dans le Suffolk en 2007. Le châle, maculé de sang avait été trouvé auprès d'une des victimes du tueur de Whitechapel. Depuis 1888 la science criminelle a progressé. Le détective amateur Russel Edwards a passé le châle à la caméra infrarouge et aux lumières de la biologie moléculaire. Et il a trouvé des traces de sperme. Une descendante d'un homme longtemps suspect avant d'être écarté de la liste a accepté de fournir son ADN. Comparaison et bingo !

Jack l'éventreur s'appelait donc Aaron Kosminski. Coiffeur de 23 ans à l’époque des faits, juifs polonais immigré en Grande-Bretagne pour fuir les pogroms russes. Est-ce le bon Jack ? Florentin Collomp, qui raconte cette histoire dans Le Figaro que plus d’une centaine de suspects ont été imaginés depuis 1888, jusqu’à un petit fils de la reine Victoria et l’ancien premier ministre William Gladstone. Jack a aussi éventré pas mal de réputations…

A demain !

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