isabelle de Gaulmyn a été lanceuse d'alerte dans l'affaire preynat/barbarin...aucune fierté, plutôt un sentiment de culpabilité... La face lumineuse et la face crapoteuse du net

8H30 la revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence ce matin par un témoignage concernant l’affaire dite « Barbarin »

Témoignage recueilli dans l’Obs d’Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe de la Croix. Isabelle de Gaulmyn a été une scoute du père Preynat, ce prêtre accusé d’abus sexuels sur une centaine de garçons, sans que sa hiérarchie ne s’en émeuve pendant très longtemps .Or dès 2005, c’est elle qui alerte le cardinal Barbarin sur des rumeurs de pédophilie qui courent sur le compte du prêtre. C’est la première fois qu’elle révèle avoir été en quelque une lanceuse d’alerte, d’abord parce qu’elle l’avait oublié confie t elle. C’est monseigneur Barbarin lui-même, qui au moment de la mise au jour de cette affaire, lui a rappelé. « Je lui en veux un peu de m’avoir mêlé à cette affaire dit elle, mais aujorud’hui je ne peux m’empêcher de penser qu’en 2005, la plupart de ces crimes n’étaient pas prescrits et que l’histoire aurait pu être tout autre…le mérite reconnait elle aussi, c’est que ça m’a poussé à réfléchir à une forme de culpabilité collective. Culpabilité évidemment du père Preynat, culpabilité de l’institution qui protège coûte que coûte, comme dans les cas d’inceste, la famille s’auto protège. J’ai eu honte de mon Eglise dit cette croyante. Mais culpabilité un peu diffuse aussi, dans laquelle je me mets, avoue t elle, des gens qui en ont entendu parler, qui n’ont pas réagi, pas su quoi faire…ces adultes, qui déjà à l’époque savaient comme cette mère qui demandait à sa fille de faire attention à son petit frère. Isabelle de Gaulmyn publie aujourd’hui « Histoire d’un silence », elle y décortique l’effroyable mécanique de ce silence collectif.

On poursuit Hélène avec ce matin, des illustrations dans la presse des 2 faces d’internet…

Face lumineuse, face crapoteuse

Lumineuse d’abord…en ce jour de mobilisation des profs contre la réforme du collège, on est en droit de se demander s’ils ne sont pas en retard d’une guerre, en tout cas d’une révolution. Libération s’intéresse ce matin à l’incroyable succès des videos pédagogiques scientifiques via youtube. De talentueux vulgarisateurs parviennent désormais à nous expliquer pourquoi, par exemple, la lumière émise par une voiture qui roule à 100 km/h va à la même vitesse que celle de la lampe torche du type immobile au bord de la route. Le chercheur Etienne Klein, est un youtubeur à l’insu de son plein gré en quelque sorte. Il ne produit pas volontairement ses contenus, mais ses conférences mises en ligne font souvent plus de 100 000 vues, qu’il parle du temps ou du boson de Higgs. Et il défend avec intelligence ce nouveau support : jusque là explique t il, on apprenait la science dans la linéarité d’un livre, et il fallait parfois insister pour dépasser les difficultés. Alors que sur Internet, les savoirs sont présentés sous forme de mosaique et quand on bute, on est incité à regarder ailleurs : on a installé dans le paysage affirme t il un chainon manquant de la pédagogie. Ceux qui ont du mal avec l’abstraction et l’écriture trouvent là une marche supplémentaire dans l’escalier du savoir. Toutes sortes de cancres ou de gens qui se croyaient incapables de comprendre, découvrent qu’ils le peuvent » s’enthousiasme t il. Il reconnait que c’est un défi pour les profs, car il se peut que les jeunes habitués au format video trouvent les cours en amphi un peu désuet. Mais ce qu’ Etienne Klein retient surtout, c’est que de nouveaux publics s’intéressent à la science grâce aux spécificités de la plateforme…vive la modernité en quelque sorte !

Mais Internet on le sait, recèle aussi une face plus sombre Hélène

Prosélytisme islamiste, apologie du terrorisme, complotisme, les exemples sont légions. Dans son numéro de septembre, le magazine Causette raconte comment le sexisme aussi, prolifère sur la toile. Videos effrayantes de femmes violentées, humiliées qui font le buzz pendant des mois. Sans que les hébergeurs, twitter, facebook, snapchat ne bouge. La loi les oblige pourtant depuis 2014 à concourir à la lutte contre la diffusion de contenus incitant à la haine à l’égard de personne en raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle. Mais les uns et les autres se réfugient souvent derrière des arguments fallacieux, « oui, mauvais goût mais comme « l’absence de consentement des jeunes femmes n’est pas établie » plaident ils, « nous sommes dans une zone grise ». Une zone grise qui contamine bien des cerveaux d’enfants ou d’ados. Alors comment lutter contre le cybersexisme? Certaines associations plaident pour la création d’un parquet internet, comme il existe aujourd’hui un « parquet financier », qui serait chargé de porter toutes les infractions devant la justice. C’est aujourd’hui que démarre la campagne nationale contre le sexisme lancée par le gouvernement.

L’actualité politique ce matin dans la presse hélène

Le procès Cahuzac, en dessins pour illustrer à quel point il est dur de professer dire la vérité quand on a fait preuve de mensonge. Dans le Canard Enchainé, Lefred-thouron s’amuse d’un Jérôme Cahuzac qui au premier jour de son procès se défaussait sur le financement politique « j’ai ouvert mon premier compte en suisse pour aider michel rocard à son insu, dit il au président de la cour, le second pour aider Mendès France..j’ignorais qu’il était mort ». Le même Cahuzac, dessiné par Plantu à la Une du Monde va encore plus loin « alors j’ai dit à mère Thérésa, les yeux dans les yeux, rends les lingots et arrête le trafic d’esclaves ». Willem dans Libération nous montre ce matin son avocat lui susurrer à l’oreille « jurez que vous allez dire des mensonges, ils croiront tout ce que vous raconterez », Jérôme Cahuzac un peu éberlué n’a pas l’air de tout comprendre.

Et puis l’actualité politique ce matin, c’est aussi le discours attendu de François Hollande aujourd’hui sur la « Démocratie face au terrorisme ».

Important politiquement puisque le président est aujourd’hui « encalminé dans une impopularité record », nous dit Bruno Jeudi dans Paris Match, il entend donc semer des petits cailloux sur le chemin de sa candidature, alors que des petits cailloux, il en a beaucoup dans ses chaussures » relève t il. Le vocabulaire utilisé par le propre entourage du chef de l’Etat en dit long sur l’état alarmant de sa situation. David Revault D'alonnes nous explique dans son édito du Monde que ses amis lui réclament juste d’envoyer « une preuve de vie ». Preuve de vie, ça fait un peu coma, Pour revenir « sur les cailloux » dans les chaussures du président, il y a évidemment la multiplicité des candidatures à gauche. Et bien Najat Vallaud Belkacem n’en sera pas…contrairement aux rumeurs de ces dernières semaines, la ministre de l’éducation dit tout net qu’elle ne se présentera pas à la primaire de la gauche, il faut se rassembler dit elle derrière le plus légitime le président de la république. Najat Vallaud Belkacem qui en revanche assume clairement ses divergences avec Manuel Valls.« Le burkini n’est pas une atteinte à la république réaffirme t elle aujorud’hui dans l’Obs, mais une atteinte à la liberté des femmes. Confondre les problèmes est la meilleure façon de les aggraver sans les régler. Quant au voile, ma mère le porte confie t elle. Sans que je sache ce qui relève de la coutume, de la religion, du conformisme social ou même de la pudeur. D’où dit elle, ma profonde perplexité devant celles et ceux qui assignent un sens à tel ou telle attitude vestimentaire. Manuel Valls a son identité politique, moi la mienne. »assène t elle

2 identités, au moins, dans un même gouvernement. Reste aujourd ‘hui

à François Hollande à clarifier la sienne en signe de preuve de vie…

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