Ouest-France raconte l'espérance de Hanaa Aldroubli, venue de Syrie, étudiante en médecine, et voilée. Le Dauphiné raconte la force de Lilie, huit ans, qu'on appelait Baptiste mais qui se savait fille. La Croix raconte la force d'enfants atteints de paralysie cérébrale, qui réveillent leurs gestes en Belgique.

Contrôle d'un passeport biométrique en aéroport
Contrôle d'un passeport biométrique en aéroport © Maxppp / LAVIEILLE Philippe

On parle de jeunes français qui quittent notre pays...

…Et qui sont des émigrés de la race blanche, ils fuient la France qu'ils jugent perdue pour les blancs et s'en vont dans des pays d'Europe de l’Est préservés, disent-ils de l'immigration, on les trouve en Ukraine, en Hongrie en Bulgarie, en Roumanie. Ils s'entraident pour trouver du travail, ils cherchent des femmes pour créer des "foyers blancs" et "régénérer la race blanche" et, savez-vous, ils sont heureux. 

C'est le magazine Marianne, en kiosque et sur le web, et le journal en ligne Street Press qui racontent ces exilés, cent, deux-cents personnes... Ils font partie des nouvelles extrêmes-droites que décrit le journaliste, Paul Conge, auteur d'un  livre, Les Grands Remplacés, qui voyage dans une misère sociale et affective... 

Conge raconte comment une idéologie et des mauvais génies ont rencontré des jeunes gens qui se sentent rejetés par l'époque et se vivent menacés par la virilité envahissante des enfants d'immigrés, ils sont racistes mais haïssent aussi les femmes qui leur refusent le sexe, c'est dans ces milieux une obsession, on discute sur des forums comment briser le consentement, on lit Alain Soral qui, avant de devenir un polémiste d’extrême-droite, était l'idéologue de la drague virile. 

Les plus aventureux des vaincus se disent qu'à l'Est de l’Europe, les femmes sont blanches, accueillantes et fécondes, ils créent là-bas des communautés de français racistes qui s'appellent Oppidum Magyar, ou Les Coqs, ils veulent prendre le pouvoir dans leur nouveau pays et partir en reconquête. Quatorze enfants sont nés de leurs œuvres dans l'Est encore blanc... 

Et ayant lu cet étrange bonheur, on pense à un mot à la mode, séparatisme, qui se décline de bien des façons.

Dans la France que quittent des jeunes gens tristes, d'autres se battent à hauteur de cité et j'imagine que pour nos exilés de la race, le bel article que publie Libération, sur la ville des Ulis, grand ensemble aux portes de la Vallée de Chevreuse, est un repoussoir. Le rappeur Fiks, né Olivier Wonya, enfant d'immigrés congolais, se souvient d'une jeunesse dure, où l'on fantasmait les ghettos d’Amérique en regardant des clips sur MTV et aussi Menace 2 society, saga des gangs de Los Angeles, mais ceci dans une ville où avait grandi le footballeur, Thierry Henry, qui payait des kebabs chez Bachir aux jeunes du coin, avant de devenir champion du monde. La suite est de la musique, un café transformé  en une scène tremplin et un film visible en ligne, Clasher l'ennui, c'est un beau programme ici et maintenant, il requinque même si rien n'est simple dans ce pays.

Le Parisien raconte le crack qui empoisonne les quartiers populaires à Paris, et la guerre des bandes à Drancy, La Dépêche dit ces fusillades qui endeuillent Toulouse, un jeune homme de 18 ans est mort fusillé dans une voiture de location. On peut continuer. Mais l'espérance pousse en dépit des brutalités.

Ouest France a recontré Hanaa Aldroubi, 21 ans et qui entre en deuxième année de médecine à Caen. Venue d'Argentan, elle est née à Homs en Syrie, un pays que sa famille a fui  quand la révolution devenait guerre civile, un éclat de bombe avait blessé son petit frère au crâne. En 2015, les Aldroubi sont arrivés chez nous, Hanaa est redevenue la bonne élève qu'elle était jadis et a transmis la langue française à sa famille. Au lycée, on l'aidait, elle dit, "heureusement que l'homme oublie". Hanaa est voilée au fait, de blanc et de rose pâle tout autour du visage.

On parle aussi du choix d'une fillette...

Une blondinette de huit ans qui se nomme Lilie parce qu'elle l'a choisi, mais avant, raconte Le Dauphiné Libéré, elle s'appelait Baptiste et était un garçon, mais qui portait une angoisse une colère, "Ma vie est tellement nulle, je préférerais mourir que de vivre ça" disait-il et il parlait de suicide avec une précision troublante. Sa maman lui a demandé ce qu'elle pouvait faire pour l'aider. "Je veux des cheveux longs, un autre prénom et pas de pénis », a répondu Baptiste qui depuis toujours en lui se baptisait Lilie. Les parents ont écouté leur enfant, et accompagnent Lilie dont le frère jumeau, Adam, ne doute pas de son genre... Cela se passe à Aubignan, dans le Vaucluse, où une famille et des parents aimants apprennent la singularité, vous lirez comment Lilie, pendant le confinement, a changé de vêtements, de coiffure et s'est fait percer les oreilles, vous lirez aussi comment l'école refuse le changement et traite Lilie en malade, une psychologue a été mandatée en classe cette rentrée pour jauger la souffrance de Lilie quand on l'appelle par son ancien prénom.

Les enfants sont forts. Vous lirez dans La Croix une autre différence, des enfants qui n'avaient pas une chance d'être autonomes, atteints à leur naissance de paralysie cérébrale... mais en Belgique, un centre de rééducation encore expérimental, réveille les gestes des enfants, par des exercices intenses présentés sous forme de jeu. Aurore a réussi à mettre son sweat et s'est brossé les dents, Charlotte se déguise en Spiderman et avance son déambulateur, les enfants sont forts et leurs parents éblouissants.

Dans Le Populaire du Centre, je lis qu'un autre mouflet s'appelait Marcel Pinte, surnommé Quinquin, son papa était un des chefs de la Résistance de la Haute-Vienne et lui, grandissait dans l'émerveillement du maquis, des parachutages d'armes, il est mort, à six ans et demi, d'une rafale accidentelle de mitraillette Sten,  il fut enterré comme un soldat juste avant la libération de Limoges, la ville d’Aixe-sur-Vienne va graver son nom sur le monument aux morts. 

On parle enfin d'un vieil homme...

…qui est sec et droit, et sublime, le bougre, il se nomme Émile Idée, et après L'Union la semaine dernière, c'est Le Parisien qui l'a rencontré, il est centenaire et vétéran du cyclisme français. Sa carrière se lançait quand la famille Pinte résistait, étranges coïncidences, Idée fut heureux mais ne se guérit pas d'un sprint perdu à l'arrivée de Paris-Roubaix et de la concurrence sur la route avec ceux qu'il appelle « les drogués », même le grand Fausto Coppi. Il ne pédale plus, Émile, depuis la mort de sa femme, il aimait tellement ça... 

Plus âgée que notre Émile, il y a une langoustine fossile, elle a 199 millions d'années, et ce jour où Le Monde raconte le retour à la grotte de Lascaux après le confinement, lisez sur le site de La Montagne et dans Le Populaire encore, l’histoire de cette langoustine, la plus vieille langoustine connue sur cette Terre. Elle vient de chez nous, de Chauffour-sur-Loire en Corrèze, elle a été découverte par le généreux Patrick Boutang, qui a offert à la Science cette étrange image de crevette qu'il avait découverte par hasard, cassant le calcaire chez lui pour créer une fosse septique. Le hasard est merveilleux.

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