Avec un déficit record pour le premier semestre de plus de 15 milliards d'euros, Hervé Chabaud de l'Union, prend sa règle en bois pour taper sur les doigts du mauvais élève : "Très insuffisant. C'est un zéro pointé !". Alors que faire ? "D'abord, rechercher les coupables" plaide Michel Lepinay dans Paris Normandie : "Airbus, innocent. On a vendu plus d'avions qu'au premier semestre 2006". Le pétrole peut-être ? Non plus, "la facture énergétique a baissé par rapport à l'année dernière". Reste l'euro fort suggère l'éditorialiste, qui nuit à la compétitivité de nos produits. Mais, remarque Alexandre Morel dans la Montagne, l'Allemagne est confrontée aux mêmes inconvénients et caracole en tête des pays exportateurs. Et c'est le "Cruel miroir allemand" titre Françoise Crouïgneau dans l'édito des Echos : "Les temps sont décidément révolus où la France se sentait discrètement soulagée de voir l'Allemagne ravalée au rang des mauvais élèves de l'Europe. Sur le terrain de la croissance, du chômage, des déficits publics, des réformes, Paris au beau gesticuler, Berlin a pris un sérieux avantage" constate-t-elle. Bonnet d'âne pour la France donc. Au piquet, vous me ferez 500 lignes. Recopiez "A qui la faute du déficit commercial ?". Et bien peut-être à "notre fascination pour les groupes multinationaux, suggère Pierre Fréchel du Républicain Lorrain, ces groupes qui nous ont "fait oublier ces entreprises de taille moyenne qui font la force de l'économie allemande", "ces grosses PME, considérées souvent à Paris comme provinciales et dépassées" et qui nous font cruellement défaut. Ce qui n'a évidemment pas échappé au ministre en charge du Commerce extérieur, Hervé Novelli, qui a annoncé le lancement d'un "Plan force 5", mais souligne Pascal Aubert dans la Tribune, "on n'aura pas la cruauté de rappeler le nombre de plans PME qui se sont succédés depuis 20 ans", sans succès. Peut-être alors que la solution, ce serait de "cesser de considérer ce portefeuille ministériel comme un "demi-maroquin, suggère-t-il, comme un lot de consolation pour des formations politiques minortaires". A moins que pour contrer cet avis de tempête sur l'économie française, il faille tout simplement faire plus attention à l'environnement, suggère Jean Boissonnat dans Ouest France. Et il faut dire que c'est un sale temps. Un sale temps pour le mois d'août, mais surtout un "Sale temps pour la planète" titre l'Humanité. Alors bien sûr, il y a nos vacances, et cet été qui n'en finit plus d'être pourri... enfin, pourri au Nord, parce que dans le tiers sud du pays, on a soif. La faute à qui ? Pas au PME cette fois, mais à l'anticyclone des Açores. Et oui, "tout fout le camp, même l'Anticyclone des Açores" constate l'Huma... bloqué au milieu de l'Atlantique, il n'est pas remonté cette année vers l'Europe, ce qui nous amène à Thonon les Bains, en Haute Savoie, sur les bords du Lac Léman, son port de plaisance, son chateau du XVème et ses 222 millimètes de précipitations au mois de juillet. Record absolu explosé tandis que Marseille aura eu à peine le temps de voir s'évaporer ses 1 millimètres d'eau. D'où la conclusion ad hoc, de Marie-Noëlle Bertrand qui signe l'article : "Il n'y a plus de saison ma pauvre dame". Si ça peut vous rassurer, il n'y a pas qu'en France que la météo fait des siennes, quoi que... L'article que le Figaro consacre aux dérèglements du climat n'a rien, mais alors vraiment rien de rassurant. Sur une carte du monde en page 7, vous apprendrez par exemple que l'Uruguay a connu ses pires inondations cette année depuis 1959. Il y a évidemment la mousson dramatique en Asie du Sud qui a fait près de 2000 morts, ou encore l'Australie qui connait sa plus grande sécheresse depuis un millier d'années. Bienvenue dans le monde de demain, ce monde où selon les experts, la température aura grimpé en moyenne de 2 à 3 degrés, où il n'y aura plus une goutte de pétrole exploitable et ce n'est pas de la science fiction. Hubert Reeves, notre astrophysicien à la barbe blanche, assure dans un entretien accordé à l'Express cette semaine que ses propres petits enfants pourraient être encore vivants quand tout cela se produira, vers la fin du siècle. Mais à 75 ans, Hubert Reeves refuse de se laisser abattre et c'est de lui que vient la petite bouffée d'espoir, et elle n'est pas de trop. Il est confiant, Hubert Reeves, confiant en l'homme et en la société, et en leur capacité de réaction : "Pour les grandes causes assure-t-il, l'homme est capable de se mobiliser, c'est son intelligence. Il l'a déjà prouvé." Comme par exemple pour le CFC et le trou dans la couche d'ozone, aujourd'hui en train de se résorber. C'est selon lui, "une affaire de générations. Les jeunes se sentent largement concernés". La leçon du jour pour les jeunes donc : lire attentivement la presse, recycler les journaux et, surtout, bien éteindre la lumière en partant. "Allez : j'aurais pu être Materazzi..." Cette citation, elle ne vient pas d'un ennemi intime de Zidane, non, c'est Raymond Domenech, le sélectionneur de l'équipe de France qui déclare cela dans les colonnes du Parisien Aujourd'hui en France. Raymond Domenech revient évidemment sur la finale de la Coupe du Monde perdue contre l'Italie et sur le coup de boule de Zidane, ce qui lui vaut ces mots : "J'aurais pu être Materazzi". Ce qui mérite aussi une petite explication de texte, je cite : "En finale de Coupe du Monde, tu marques un but, tu fais virer le meilleur jouer adverse, et tu marques ton tir au but. On peut me dire ce qu'on veut, Materrazzi, c'est l'homme du match". Et Domenech enfonce le clou à propos des insultes proférées contre Zizou. Il déclare "Sur un terrain, tous les moyens consistant à déstabiliser l'adversaire et à utiliser ses faiblesses sont positifs pour l'équipe. L'homme de la Coupe du Monde, c'est Materazzi, je lui dis bravo". Interview en longueur à lire dans le Parisien. Est-ce que ces quelques mots amenés à froid auront eu l'effet escompté, à savoir vous faire oublier un peu l'aspect catastrophiste des articles sur le climat. Pas sûr. Bon, autre alternative. Partir sur Mars. Allez, si rien ne va plus sur notre bonne vieille Terre, allons donc sur la planète rouge voir si le ciel est... comment dire... moins bleu ? Bref, le premier vol habité vers Mars, ce sera au mieux dans une trentaine d'années. Mais d'ici là, l'Agence Spatiale Européenne veut s'entraîner à ce long, très long voyage. L'ESA cherche donc des volontaires pour 520 jours de voyage spatial fictif en clair, pour 520 jours d'isolement et de confinement dans un tube en acier. Tenté ? Parce que tout ça est très sérieux nous raconte le Nouvel Obs. C'est un peu une sorte de Loft Story cosmique : 520 jours enfermés, petit calcul rapide, 520 jours, ça fait 1 an, 5 mois et 1 semaine. Un chouya plus que les émissions de télé réalité. Petit tour du propriétaire : une magnifique capsule dans la banlieue de Moscou. 200 mètres carrés de gros cylindres métalliques, reliés par d'étrois corridors. Et il faut à l'ESA 6 volontaires, pour ce projet baptisé Mars 500. 6 cobayes humains qui vont vivre sans lumière du jour, avec un stock de nourriture lyophilisée. Allez, il y aura quand même quelques plantes potagères dans une serre artificielle pour agrémenter les conserves. Et puis évidemment pas de télé ni de radio. Enfin, une liaison radio, mais pour simuler la transmission depuis l'espace. Les ondes seront volontairement retardées, du coup, pour une question urgente, et bien il faudra attendre trois quart d'heures la réponse. Toujours tenté ? les inscriptions sont ouvertes jusqu'à fin septembre sur le site de l'ESA... Bon et puis, tout de même, j'vous rassure, ce n'est pas du bénévolat : les volontaires seront indemnisés 120 euros par jour pendant 520 jours, encore un peu de calcul mental, ça fait 62 400 euros. Et là pour le coup, ça met vraiment un peu de beurre dans les épinards, même en poudre. Une revue de presse signée Nicolas Martin

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