C'est un confetti qui est en train de prendre feu. Pendant que le monde ouvre des yeux ronds sur les feux d'artifice de Pékin, le coeur du Caucase s'embrase. "La guerre", titre carrément Libération. "Violents combats", indique le Figaro. "Le réveil des vieux démons", écrit Didier Pobel dans le Dauphiné. "La Géorgie a profité de la trêve olympique pour lancer ce qui pourrait bien être le premier conflit Est-Ouest de l'après guerre", écrit l'équipe de journalistes qui a planché sur le sujet dans Libération. "Bataille à 4 mains". D'abord il y a la scène de crime, l'Ossétie du sud. Inconnue au bataillon il y encore peu. Une montagne de 3.900 mètres carré, peuplée de 70.000 habitants, indépendante depuis presque 20 ans. "Mais le vrai sujet est ailleurs", écrit Laure Mandeville dans le Figaro. Le sujet tourne autour des acteurs. Il y a le Président géorgien, Mikhaïl Saakachvili. "Jeune et bouillant " dit Libé. En train de tourner à l'autochrate. Réélu de justesse, il promet depuis 5 ans le retour des provinces perdues, celle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud. Il avait besoin d'actions pour sauver son régime, écrit le quotidien. Il a sauté sur l'étincelle. Il a sans doute voulu profiter des bons contacts avec l'équipe de Bush, pour arracher le soutien américain face à la Russie. Autre acteur de premier plan, la Russie voit d'un mauvais oeil le glissement de la Géorgie vers l'Ouest. Indépendante depuis 1991, Tbilissi a cherché à intégrer l'OTAN au printemps dernier. Et la Russie en défendant l'Ossétie du sud, défend non seulement des ressortissants russes, puisqu'ils ont le passeport russe. Mais elle défend aussi son périmètre de sécurité et un terrain riche en gaz et en pétrole. C'est ce qui intéresse l'Amérique, l'Europe, derniers acteurs du conflit. Les Etats-Unis ont appelé Moscou à respecter l'intégrité de la Géorgie. Mais chacun reste muré, même les 2 leaders, Bush et Poutine étaient à quelques mètres l'un de l'autre hier, en train de regarder l'immense colombe de la paix dessinée par leurs amis chinois sur la pelouse du stade olympique. Presque l'unanimité sur le mot qui qualifie le spectacle d'hier offert par la Chine au monde. "C'était grandiose", écrivent la plupart des journalistes. "Cérémonie impressionnante", dit Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne. Une hallucination pour Libération dont les reporters ont même vu un homme en fauteuil roulant se lever au centre-ville en criant : "Allez la Chine". Jacques Guillon dans la Charente Libre, y voit une "volonté farouche d'impressionner". "Entre propagande, show électronique, tradition et discipline", écrit Michel Wagner dans l'Est Républicain. C'était grandiose d'accord, mais la presse n'oublie pas l'arrière scène. "Le gouvernement chinois se trouve donc admiré pour ses belles réussites d'organisation, mais en même temps il est placé dans la ligne de mire des défenseurs des droits de l'homme", souligne François-Régis Hutin dans Ouest-France. "Il va y avoir un effet de loupe sur les entorses aux droits de l'homme", explique Jean-Michel Helvig, dans la République des Pyrénées, qui note au passage que le message de ces JO selon Pékin, n'a pas été de rappeler l'importance de participer, mais celle de gagner. Eblouis mais pas aveuglés, tiennent à faire savoir les journalistes français dans ce énième regard sur l'événement. Sachez que votre corps intéresse peut-être déjà votre patron. Parce que c'est le cas aux Etats-Unis. Les entreprises investissent en cash dans la santé de leurs employés. On peut lire ça dans Le Point. Hélène Vissière nous décrit une frénésie hygiéniste. Les patrons lancent des programmes de remise en forme. Ils changent les menus de la cantine, ils tapent du poing sur la table. Ce paternalisme à la sauce allégée a deux idées derrière la tête. Sculpter des travailleurs sains donc efficaces et faire maigrir la facture de l'assurance maladie qui a pioché 20 % dans l'enveloppe bénéfices de l'entreprise Scotts Miracle-Gro. On croirait presque un canular le nom de cette société de l'Ohio. Et pourtant dans Le Point on lit très sérieusement qu'elle impose un bilan de santé avec un questionnaire pointu. Ceux qui rechignent sont sanctionnés. 480 dollars de plus à payer pour la cotisation maladie. L'amende peut monter jusqu'à 840 dollars, le prix à payer en cas de refus du traitement de choc. Ca peut même coûter un poste. Scotts Miracle-Gro va jusqu'à interdire l'embauche de fumeurs, puisque c'est possible dans l'Ohio. Le système de santé aux Etats-Unis est tellement malade qu'il ne peut plus se permettre d'avoir des citoyens malades. Dans Marianne, on apprend qu'en Amérique on paye cher la santé sans être pour autant bien soigné. "Ce sera l'un des trois principaux sujets de la présidentielle", pronostique un responsable du ministère de la santé. En attendant, les patrons font leur politique. IBM distribue une prime pour le bilan de santé ou l'arrêt de la cigarette. LL Bean, fabricant de vêtements de sport, facture plus cher le hamburger que les salades. Scotts Miracle-Gro élimine la friture du menu de la cafétéria. Plus corsé encore, dans le Michigan, Weyco, entreprise de service, met la cigarette hors la loi. Hélène Vessière nous raconte que 4 personnes ont été virées il y a 3 ans pour avoir continué à fumer. Aujourd'hui, il y a des tests à la nicotine dans l'entreprise. S'il est positif ça peut coûter de 15 jours de suspension et çà peut conduire à un licenciement en cas de récidive. Le Big Brother de la santé qui pourrait faire rêver plus d'un patron chinois. A quoi ça tient la sécurité routière. Après les campagnes de prévention, c'est le pétrole qui vient sauver des vies. En tout cas le prix du pétrole. C'est l'hypothèse pour expliquer les bons chiffres du début d'année. Moins 10 % de morts sur les routes. C'est bien mieux qu'en 2007. Et on se demande dans Le Monde et le Parisien si ça ne vient pas tout bêtement de la diminution des kilomètres parcourus sur la route, depuis que le prix de l'essence a fait un bond vertigineux. En juillet, l'union française des industries pétrolières a fait savoir que la demande de carburant a chuté de 10 % par rapport à l'an passé. Sur les 6 premiers mois de l'année, le recul est qualifié de significatif. On roule donc moins, on roule aussi moins vite pour économiser. 2 nouveaux comportements comme on dit, qui viennent épauler les efforts de la sécurité routière. Désolé, on y revient, mais promis ça n'est pas pour parler de Pékin. Bientôt peut-être faudra-t-il trouver une autre devise pour les Jeux Olympiques. "Plus vite, plus haut, plus fort", c'est terminé. C'est la triste nouvelle que nous apporte l'IRMES, l'institut de recherches biomédicales et d'épidémiologie du sport. Il a fait une étude sur les performances des athlètes depuis les jeux de 1896. Ca porte sur 148 épreuves. Et le résultat c'est qu'on n'est pas loin d'avoir atteint la limite. Dans le Nouvel Observateur et dans le supplément JO du Monde, on apprend que les athlètes sont à 99 % de leurs capacités. "Une génération suffira pour atteindre le plafond de nos maximas olympiques", écrivent les spécialistes. Plusieurs barrières se sont déjà refermées. Exemple : le saut en hauteur plafonné à 2 mètres 45 depuis 1993 avec le record de Javier Sotomayor. Terminée l'époque des moissons de records, comme à Mexico en 68. Il va falloir se contenter de moins. Parce que même l'entrainement intensif, démultiplié ces dernières années, ne fait pas avancer la machine. Au contraire, il y a plus de blessures. L'évolution sera technologique. D'où ces progrès encore à attendre, avant tout dans la natation, avec les nouvelles combinaisons. A Pékin, les deux tiers des records à battre pourraient tomber dans le grand bassin, pronostique Jean-François Toussaint, le directeur de l'institut. Ce que confirme Benois Lallement dans l'Equipe. "Jamais les épreuves de natation n'avaient concentré autant d'incandescence", écrit-il, "au point de devenir le coeur battant de cette quinzaine olympique, d'en être le sport roi, de dépasser l'athlétisme". Dans Le Monde, les chercheurs s'interrogent. "Ces JO seront-ils les premiers où l'homme se retrouve face à son plus redoutable adversaire. Lui-même".

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