Au lendemain du premier rapport du GIEC, consacré à la dégradation des terres et à l'alimentation, nos quotidiens s'interrogent : faut-il changer notre assiette pour sauver la planète ? se demande la Voix du Nord

La Croix détaille le compte-rendu de plus de 1000 pages : les êtres humains exploitent désormais plus de 70% des terres sans glace de la planète et l'agriculture, les 3/4 de l'eau douce. En 2050, les Nations Unies tablent sur une population mondiale de 10 milliards d'habitants : comment les nourrir sans continuer à détruire la nature ? Alors oui, "l'humanité doit revoir de fond en comble la manière dont elle mange", écrit Christophe Lucet dans Sud-Ouest. Mais attention, tonne Patrick Appel-Muller dans l'Humanité : "Il s'agit de tout autre chose que de manger un peu moins de boeuf ou de magret de canard (...) Le défi consiste, nous dit-il, à donner un nouveau cours au développement de l'humanité. En favorisant l'essor d'une agriculture à taille humaine, dans une économie émancipée des gaspillages, des énergies carbonées et des concurrences généralisées."

"La maison brûle, et nous rajoutons du bois dans la cheminée" écrit Maurice Bontinck dans la Charente Libre.
Pour Midi Libre ce matin, "le GIEC aboie, et la caravane passe. "

En France, pas de vacances pour la crise aux urgences

Dossier à la une du Parisien ce matin, pour qui le mouvement social s'étend, sans bruit, ou presque.
L'été, nous dit le quotidien, n'a pas apaisé la grogne. Au contraire : le chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens a redonné de la vigueur au mouvement. Si grâce à des avancées locales, Libourne et les hôpitaux parisiens, Trousseau, Antoine Béclère ou la Pitié Salpêtrière sont sortis du mouvement, les urgentistes du Tarn, de Bastia ou de Nice l'ont eux, rejoint. Résultat : 216 services grévistes, soit le double d'il y a un mois.  _"La ministre, Agnès Buzyn, est sur un fil...é_crit Frédéric Vézard, un fil qui pourrait rompre si un incident grave survenait dans un service d'urgence en grève."
 

Des incidents graves, en Ecosse, la ville de Glasgow en connaît tous les jours

Et là, ce n'est pas le fonctionnement des hôpitaux qui est en cause, mais la consommation d'héroïne... Reportage à la une du New York Times ce matin, qui nous dit que certes, le phénomène n'est pas nouveau (déjà décrit il y a 20 ans dans le film Trainspotting), mais ce qui a changé, c'est le nombre de morts : près de 1.200 l'année dernière à Glasgow, plus 30%, ce qui en fait proportionnellement la capitale mondiale de morts par overdose. Le NYT dresse le portrait d'un homme, 43 ans, Tony Nugent, qui a replongé après 7 années de sevrage. Premières piqûres à 19 ans. Depuis qu'il a repris, il en est à 4 overdoses. "L'héroïne, dit-il, _cruelle avec les jeunes, pardonne encore moins avec le temps." L_es Etats-Unis, note le New York Times, devraient s'intéresser de près à la réponse qui sera apportée au problème par les autorités écossaises. Car, plongés dans la crise des opioïdes, ils devront un jour, à leur tour, trouver des solutions pour des consommateurs vieillissants. 

A la Une des journaux, en France cette fois, la reprise de la Ligue 1 

Reprise de haute volée titre l'Equipe avant le match de ce soir, Monaco-Lyon. C'est la Ligue 1 qui re-Neymar s'amuse de son côté Libération, pour qui le seul suspense reste l'avenir des relations entre le PSG,  tenant du titre, et Neymar, sa star brésilienne, qui n'a pas caché son désir de se faire la malle.  Les chiffres fous du foot français titre ce matin le quotidien Les Echos, qui notent que la L1 attire les investisseurs étrangers et dispose de bons leviers de croissance. Mais, en dépit de cette bonne santé, la France vit un paradoxe, écrit David Barroux dans son éditorial. "Certes, les Bleus ont remporté la dernière coupe du Monde, mais notre Ligue 1 n'est qu'un championnat de second rang, à l'échelle européenne. L'élite française (...) se fiche bien que l'Hexagone ne tienne pas son rang dans ce qui n'est perçu que comme un divertissement populaire. Opium du peuple qui ne ferait qu'enrichir des stars surpayées. " Mais le football, dit-il, mérite plus que notre mépris.
Parce que c'est la meilleure des séries, un feuilleton aussi long qu'imprévisible. Parce que c'est aussi une activité économique de premier plan, dans toutes les régions. Et que les victoires peuvent rendre fier et contribuer à créer un sens de la communauté. 

Et s'il y en a un qui aimait le foot... et pas seulement le cinéma, c'est bien Jean-Pierre Mocky

Vous venez de lui rendre hommage Laetitia avec vos invités. Hommage partout dans la presse écrite également ce matin. Avec ce titre, à la Une de Libération " Mocky Maousse", en référence à son très fort tempérament. C’est peu de le dire !
Avec lui, rien n'était simple écrit Libé. D’ailleurs... 90 ? 89 ? 86 ? On ne sait pas vraiment à quel âge est mort celui qui revendiquait 17 enfants. Ses papiers ont été modifiés pendant la seconde guerre mondiale. Gardien de but dans ses années lycée à Cannes, le cinéaste a gardé toute sa vie, la passion du foot. A lire dans l'Equipe ce matin : son film « A Mort l’arbitre », qui traite des violences des supporters reste selon le quotidien comme une des rares réussites des films français autour du foot. En 2015, la grande gueule du cinéma français, déclarait, accrochez-vous :  « Le hooliganisme, j’appelle ça l’éjaculation des salariés. Après s’être faits engueuler toute la semaine par leur patron, les mecs explosent brusquement le soir du match ». 

Et pour terminer cette revue de presse, Virginie, vous vous intéressez à une série du Monde sur les correspondants de presse à l'étranger

Aujourd'hui, comment exercer le métier... en Chine. Arrivé à Pékin en 2018, le correspondant du Monde, Frédéric Lemaître a dû décrypter un protocole, on va dire... complexe ! Je vous passe les 7 mois d'attente pour son visa de travail à cause d'un article qui avait déplu aux autorités. "Sur place, mes collègues m'avaient prévenu, dit-il : ils vont te tester. " Mais dans un premier temps, pas de difficultés -à part quelques conversations téléphoniques interrompues. Ses premiers reportages, comme sur la répression de Tiananmen, se passent plutôt bien, avec parfois, des moments assez savoureux, comme quand une porte-parole du gouvernement se tourne vers lui et lui demande, le plus sérieusement du monde comment les autorités peuvent améliorer leur communication face aux Etats-Unis.

Alors, Frédéric Lemaître se pose la question : mes collègues n'auraient-ils pas, même un tout petit peu, exagéré ? Jusqu'à ce qu'il s'intéresse au président, Xi Jinping. La visite qu'il fait dans son village natal, pourtant le dernier endroit pour trouver le début d'une info négative, vire au cauchemar : des policiers en civil partout... jusque dans la chambre d'à côté, à l'hôtel. Et puis, au quotidien, il y a ces reportages, a priori faciles, mais qui deviennent impossibles à faire...Présenter la stratégie de la fédération féminine de foot avant la Coupe du Monde ? "Désolé, vos questions sont trop sensibles" lui dit-on.

Mais là n'est pas la principale frustration du correspondant, écrit Frédéric Lemaître. Au fond, ce que le journaliste regrette le plus, c'est de ne jamais pouvoir répondre à cette question de base, quel que soit le sujet : "Qu'en pensent les Chinois" ?

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