Cheveux noirs jai... Barbe en collier et fine moustache... Adjmal Naqshbandi ne regarde pas l'objectif... Il baisse les yeux // Adjmal était le traducteur du journaliste italien de LA REPUBBLICA... Daniele Mastrogiacomo... "Etait"... parce qu'il est mort hier... Et si son visage fait le tour de la presse du monde entier ce matin... C'est parce que les conditions de sa mort... comme le souligne LA REPUBBLICA... sont : barbares // Au même titre que le chauffeur avait été égorgé... Le traducteur afghan a été décapité par les talibans qui le retenaient en otage depuis le 5 mars... "Il devait mourir", explique l'un de leurs porte-parole... dont les propos sont rapportés par le journal allemand DIE WELT... "Parce que le pouvoir ne voulait pas tenir compte de nous" // "Personne"... poursuit Jean-Pierre Perrin... page 5 dans LIBE... "Personne, dans le petit cercle des journalistes afghans de Kandahar... travaillant pour les médias occidentaux... ne s'attendait à le revoir vivant... Mais l'annonce de sa décapitation a choqué et déprimé... Du coup... on rejette le blâme sur le journaliste italien... Le fait que Mastrogiacomo ait été libéré en échange de 5 chefs talibans revient à encourager la chasse aux reporters... Et sans doute au-delà... la chasse aux Occidentaux"... Ce qui fait dire à Marie-France Calle, du FIGARO... que "les préliminaires sont terminés... La prise d'otage des deux humanitaires français est en train de s'installer dans la durée... Une fois de plus... ce sont les talibans qui dictent le calendrier... Pour preuve : l'assassinat hier... d'Adjmal Naqshbandi"... Au nom de la religion... certains tuent... Au nom de la religion... d'autres appellent à la communion des peuples // A l'occasion du week-end pascal... Benoît XVI hier... a prié pour les tragédies du monde... peut-on lire à la Une du FIGARO // Ce message a été retransmis par 108 télévisions... dans 67 pays... C'est dire l'importance de la religion encore aujourd'hui... dans nos vies... D'ailleurs, c'est la question posée ce matin... par LA DEPECHE DU MIDI... D'après une enquête... 69% des Français déclarent une appartenance religieuse... Mais un tiers seulement croient en un dieu // Paradoxe ?... "Contradiction", répond Martine Cabanne dans LA DEPECHE DU MIDI... En fait, sur les 69% qui déclarent une appartenance religieuse... Seule une majorité de musulmans croient qu'il existe un dieu... Les catholiques seraient plutôt enclins à douter... Et de toute façon... il semble que la religion ne joue plus un rôle dans l'idéal de nos vies... Elle arriverait en dernière position... derrière la famille... les amis... les loisirs... le travail... et la politique // La politique justement... on y vient... Comment y échapper d'ailleurs ce matin ? // En fait, tout ce qu'on peut lire concerne... à peu d'exceptions près... le sondage paru hier... dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE... Sondage CSA, qui affirme que 4 Français sur 10 n'ont pas encore fait leur choix pour le premier tour // "Ce sondage ne fait que confirmer une chose"... écrit Jacques Guyon dans LA CHARENTE LIBRE... "Il relativise sacrément cette prévisionnite aiguë... cette prétention à vouloir lire dans le marc de café pour nous dévoiler de quoi sera fait le soir du 22 avril... Voilà qui devrait, dit-il... ramener les sondeurs à la modestie... Eh bien non... Pour eux... l'électeur est un consommateur... zappeur... Il compare les programmes comme des produits au supermarché... Troublant, effectivement... ironise Jacques Guyon... Cela n'attesterait-il pas, au contraire... d'une forme de pensée ?... Voire même d'une certaine conscience politique ?... Oui, vraiment, c'est terrifiant" // On est donc dans "la grande hésitation", reprend LIBE ce matin... à sa Une... Une grande hésitation que le politologue Jacques Gerstlé... explique par le manque de thèmes dominants... "L'électeur est invité à butiner au gré des événements... Si par exemple un événement spectaculaire... type catastrophe naturelle... attentat... crise sociale... arrive dans ces prochains jours... Il sera intégré par l'électeur pour vérifier si le candidat est compatible"... Cette grande hésitation arrive aussi à un moment clé... Le jour où la campagne officielle débute... Toujours dans LIBE... Raphaël Garrigos... et Isabelle Roberts... décrivent par le menu ce que veut dire "l'égalité parfaite"... "Si vous avez aimé l'équité... puis l'égalité teintée d'équité... vous adorerez cette troisième phase concoctée par le CSA... Désormais, les règles sont strictes... C'est temps de parole identiques, à des heures comparables... Fini donc les petits candidats à 3 heures du matin... Aujourd'hui... Sarko, Ségo, Schivardi, Nihous et les autres... même combat !... Et après ça... les électeurs pourront aller voter les yeux fermés"... "Saluons l'ingéniosité du CSA"... écrit Renaud Dély dans son édito de LIBE... "Il a le mérite d'avoir inventé un système absurde... au nom d'une neutralité aussi hypocrite que fictive... Voilà une règle qui va donner une règle à la campagne à la télévision un tour à peu près aussi sexy que la lecture du Bottin" // Cela dit... ce ne sont sans doute pas les candidats dits "petits" qui s'en plaindront // Car, par exemple... Si l'on prend le cas d'Olivier Besancenot... Il s'en tire plutôt bien... "Certes, il ne sera pas au second tour... écrit Eric Zemmour dans LE FIGARO... Mais il est en train de gagner sa Présidentielle... Sur les 6 candidats de la gauche de la gauche... c'est lui qui sort du lot avec sa bouille de Tintin espiègle... ses T-shirts noirs... et son vélo de facteur dans les rues de Neuilly... C'est Gavroche qui se vautre sur le trône du roi d'aujourd'hui : la télé... Une dureté de silex dissimulée sous un sentimentalisme d'époque"... Eric Zemmour poursuit son portrait... "Besancenot, dit-il... C'est le trotskiste qui renie Trotski... L'homme qui refuse de participer à un gouvernement de gauche parce que c'est sale... Alors à quoi sert-il ?... Là n'est pas la question... conclut Eric Zemmour, du FIGARO... L'important n'est pas ce qu'il dit... Mais ce qu'il est" // Ce que sont les candidats... Les enfants en ont une petite idée... Ou plutôt... ont leur idée // LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE leur a posé la question... "Ségolène, elle est belle", pour Elie, 7 ans... "Sarkozy, c'est le plus fort", pour Corentin, 11 ans... La gauche et la droite, ils savent aussi ce que c'est... Jules a 9 ans, et il affirme qu'il est de gauche... "Pourquoi ?", lui demande le journaliste... "Parce que je partage mes affaires"... Victoire, elle... a 8 ans... et elle aimerait bien savoir pour qui votent ses parents... Apparemment... ils ne veulent pas lui dire... A chaque fois qu'elle leur demande... Ils répondent que c'est "le secret de l'isoloir"... "Et toi, tu sais ce que c'est que l'isoloir ?"... "Bah... Nos pensées secrètes"... Ben oui pardi, qu'il est bête ! Au-delà de ces réflexions enfantines... se pose la question de "comment parler de l'élection présidentielle à ses enfants ?"... En fait... pour Pierre Bréchon, professeur à l'Institut d'études politiques de Grenoble... "l'âge véritablement déterminant pour se forger sa propre opinion politique, c'est entre 16 et 20 ans... Avant... les enfants sont dans le repérage idéologique... Ils reçoivent toutes les influences : famille, école, médias, copains... Mais ils n'en ont pas fait encore la synthèse"... Pour les plus grands... ceux qui l'ont faite... la synthèse... A défaut d'aider les indécis... Un livre sur les anagrammes politiques vous fera peut-être sourire... Il s'agit de celui de Xavier Bonnefond... Pour Gilles Debernardi, dans LE DAUPHINE LIBERE ce matin... il vaut son pesant de cacahuètes... Son titre : "Les anagrammes qu'on dégotte sur les gens publics", dit tout... Exemple : Jean-Marie Le Pen... Dans le désordre, ça devient : "Je ramène le pain"... Ségolène Royal : "Son rôle l'égaye"... "Elle rit sans doute de se voir si belle en ce miroir", écrit Gilles Debernardi... 'Indifférente aux aigreurs d'un Michel Rocard... Crache-Milord... qui ne trouve plus la soupe assez bonne... François Mitterrand devient "Tracas d'en finir mort"... Ils sont nombreux comme ça... L'anagramme de Gilles de Robien, c'est "Sbire en godille"... "L'exercice... reprend le journaliste du DAUPHINE LIBERE... tient du Scrabble et de la psychanalyse... Mais pour Nicolas Sarkozy... pour trouver l'anagramme, ça a été très rapide... Il n'y en a pas... Trop de consonnes !"...

Laëtitia GAYET

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