(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, cœur battant et cœurs battus

Avant d'en venir à la politique, une photo qui raconte la réconciliation après des décennies de conflit. C'est un petit bonhomme en costume, perdu au milieu la garde royale britannique - vous savez ceux qui ont le grand chapeau velu... Le petit bonhomme, est le président de la République d'Irlande Michael Higgins. Il est en visite d'Etat de quatre jours au Royaume Uni, une première depuis… un siècle. L'image d'un photographe de l'agence France presse est dans Les Echos . Mais c'est évidemment dans la presse irlandaise et anglaise que cet événement a le plus de résonnance.

« L'Irlande et la Grande Bretagne marchent vers un futur ensoleillé », titre The Irish Times . Au dîner organisé hier soir au château de Windsor était présent Martin McGuiness, l'ancien leader de l'Ira, ceux qui posaient des bombes il n’y a pas si longtemps dans les rues de Londres. "Comme tout a changé", commente, tout en émotion retenue, The Irish independent ..

"Irlande, Grande Bretagne, ceux qui habitent ces iles doivent vivre ensemble, comme voisins et amis" a déclaré la Reine. Et elle laisse entendre, fait inouï, que sa famille et son gouvernement seront aux côté des Irlandais pour les commémorations des émeutes anti britanniques de Dublin en 1916 - insurrection qui allait mener à l'indépendance de l'Irlande.

« Après cette déclaration, silence total, moment électrique », écrit The Irish Independent . Ce matin, l'éditorial du Times de Londres sur le site Internet reprend le titre d'une vieille chanson sur « les yeux doux » des Irlandais.

Pour plus de détail, je vous renvoie à la revue de presse internationale du britannique Alex Taylor. 6H50 et franceinter.fr.

Alex qui relève encore cette trace des blessures passées dans The Daily mail . Image d'un homme seul près château de Windsor. Son fils a été tué par l'Ira. Il accueille Martin McGuiness avec une pancarte : « Un terroriste en cravate blanche reste un terroriste ».

Un cœur battant en France

La France fait-elle encore rêver ? C'est la Une d'un nouveau venu dans le paysage de la presse française. Il s'appelle 1 . 1, comme 1 sujet traité chaque semaine. Aux manettes de ce nouvel hebdomadaire, l'ancien patron Monde Eric Fottorino. Pari d'un journal papier et particulier qui plus est. Au premier abord c'est une feuille A4 puis vous la dépliez et la dépliez encore et vous obtenez un grand oiseau de papier qui nécessite bien de réserver 4 places dans le métro, le bus ou le RER. Mais c'est assez séduisant.

La France fait-elle encore rêver ? Réponse de Costa Gavras, Andreï Makine, Tahar ben Jelloun, Erik Orsenna ou encore, à la Une, Jean-Marie le Clezio. « La force de la France, écrit le prix Nobel de littérature, n'est pas dans je ne sais quel rayonnement. Elle est dans le changement (…) Nous y sommes, c'est le point de non-retour. Ou bien l'on ouvre les ghettos et l'on partage le bon air de la mixité, on l'on se dessèche sur les ruines archéologiques d'une histoire devenue imaginaire. Je suis un bi national franco-mauricien qui vit une partie de son temps comme un émigré. Pourquoi mes rêves ne seraient-ils pas vos rêves ? »

Hier après midi à l'assemblée, Manuel Valls parle depuis 42 minutes quand soudain sa voix se charge. "La France a la grandeur de Valmy, de Jaurès, de De Gaulle, du maquis. C'est pourquoi j'ai voulu devenir Français. » Et de demander, le cœur battant, la confiance des députés.

Commentaire de Cécile Cornudet dans Les Echos ...

« Quand il parle de la France, le pro de la com' s'efface et l'émotion perce. Manuel Valls incarne comme nul autre la politique à la française, mélange de panache, d’effets de manche, de nombrilisme jacobin, de certitude que le pays peut faire différemment des autres. Il se gorge de mots, promet des réformes mais pour les autres surtout, volontariste pour réduire la dette mais demande un délai à Bruxelles. La France telle qu'en elle même, pleine de bonnes intentions et d'assurance sur sa capacité à obtenir l'indulgence de ses partenaires.’

Tout est dit ou presque de ce qui a plu et moins plu à la presse dans le discours de politique générale hier après-midi. Les dits et les non dits.

En titre dans la presse régionale : - « Valls, l'offensive et la confiance » dans La Charente Libre , - il « imprime sa marque » pour Ouest France , - « Moi Premier Ministre » dans Le Télégramme , - il « veut secouer la France » pour La Dépêche duMidi .

La presse de gauche est nettement moins convaincue : « Le PS tend l'autre joue » titre L'Echo, Haute-Vienne . « Les députés ont voté, la défiance demeure » pour L'Humanité . C'est même un « Valls au bord de la crise de confiance » pour Mediapart - des voix ont manqué à gauche au moment du vote. C'était « Du Hollande façon Valls » pour Le Figaro . Synthèse sous la plume d'Eric Decouty dans Libération : « Propos bref et concrets ponctués de sujets délibérément oubliés. Voilà les fondements du Vallsisme. Des réponses au message de colère des électeurs (mais aussi) (…) le terrible non-dit des 50 milliards d'économies »

« Trop de souffrances, pas assez d'espérance ». C’était la première phrase du discours de Manuel Valls. Cette souffrance, le New York Times édition Europe la voit à l'œuvre sur tout le continent. Plus de 5 ans de crise et de hausse du chômage. Se remettre de cette saignée sera difficile pour le vieux continent. L'article de Liz Alderman commence avec l'histoire d'un Grec autrefois fort bien payé dans le marketing et qui est aujourd'hui à la soupe populaire. « Il n'ya plus de place pour moi dans la société », dit cet homme de 49 ans. « Le cout humain de 5 ans de crise continue de grimper écrit le New York Times . Pour des dizaines de millions d'Européens, il n'y aura pas de come back facile. »

Cœur battant, corps fatigué... Hier le Premier Ministre a rendu hommage à Jean Louis Borloo. Dans Paris Match cette semaine, récit d'Elizabeth Chavelet sur la maladie de l'ancien ministre - au passage démenti d'un de ses proches, non il ne souffre pas d'un cancer - et cette confidence de Jean-Louis Borloo : "Deux mois au lit sans bouger, c'est long horriblement long. Tu as le temps de regarder les enjeux, de faire le bilan et de réfléchir à ta vie"

Quoi d'autre dans la presse ?

Y-a-t-il une nécropole sous la dune du Pilat ? Question à la Une de La Dépêche dumidi , alors qu'une urne funéraire datant de 8 siècles avant Jésus Christ a été découverte près de la Dune.

Le juge Tournaire va devoir s'acheter des écouteurs de premier choix. Le magistrat chargé de l'enquête sur les sondages commandés par l'Elysée sous Nicolas Sarkozy a enfin mis la main sur les enregistrements de Patrick Buisson. C'est à lire dans Le Canard enchainé .

Cœur battant, cœurs battus… « PSG la fin du rêve », titre Le Parisien , « Quelle leçon ! » à la Une de L'Equipe . Eliminés par Chelsea hier soir, les parisiens sont encore trop tendres pour rejoindre le club des très grands d'Europe, pour le quotidien sportif.

L'Europe parlons-en. « Nos chouchous de Bruxelles ». L'Express rend hommage à ces chroniqueurs belges qui font les beaux jours de Canal plus et France Inter. Stéphane de Groodt, Myriam Leroy, et bien sûr Alex Vizorek, Walter et Charline Vanhoenacker. Résumé du phénomène par Myriam Leroy : « Avant, le sommet du chic était d'avoir un ami new yorkais. Maintenant c'est d'avoir un ami belge. » J'ai soumis cette phrase ce matin à Charline Vanhoenacker dans les couloirs de France Inter. Elle a ajouté : « En plus, c'est moins cher ». Par les temps qui courent, ça compte.

A demain !

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