Dans "Le Monde", la confession d'une addiction et le vide qui précède le crime. Et des peurs de lycéens, menacés par des bandes à Stains, chassés par des milices à Mayotte...

On parle de la peur dans les journaux...

La peur qui nait de l'exaspération et du rejet, la peur de ces enfants nés à Mayotte, dont les parents sont des immigrés clandestins des Comores et cela fait d'eux la cible des milices villageoises qui débarquent la nuit dans les cases, cagoulés et machettes aux mains, et chassent les familles dans la forêt... C'est dans libération qui nous invite à ressentir la peur d'Anissa qui est lycéenne et qui dormait quand la milice a débarqué...

La peur 'autres lycéens, qui nait d'une société déréglée, ou de ce qu'on en montre, et cette peur supplante l'actualité ferroviaire à la une du Parisien Aujourd'hui en France, elle tenaillerait le lycée Utrillo à Stains, "au coeur de la guerre des bandes" de Stains et de Pierrefitte, rivales pour des histoires de cœur, dit-on à la Préfecture... Mais l'histoire de amour tourne à la guerre et le parisien, raconte une mare de sang devant une salle de classe, un élève au crâne fracassé devant le lycée, une fusillade sur le terrain vague en face, et des menaces de mort qui visent des élèves... 

« Aller au lycée la peur au ventre » titre le Parisien, que Myriam dément dans sa placidité d'adolescente...  Myriam qui a quinze ans  et qui a repéré « des mecs à cagoules et bâtons » devant son lycée mais elle est habituée, elle veut devenir avocate, et sur ce parvis où les bandes s'expliquent, elle lit du Marivaux... 

Lire, voilà l'antidote contre la peur et le nihilisme? 

Dans Society,  Stéphane Gatignon, l’ex maire de Sevran, enrage que la France passe à côté de ces banlieues jeunes, cosmopolites, et qui correspondent à ce qu'est le monde...

La fabrication d'un terroriste, dans le Monde...

Et c'est une autre peur, la peur qu'inspire le vide qui prépare le crime, et la peur de ce vide qui tenaillait un matelot de 20 ans entré en dépression, après avoir quitté la marine nationale et qui voulait faire sauter au nom de Daesh la base de Fort Béar, dans les PO, où il avait été guetteur... Le procès commence aujourd'hui. Le Monde publie l'interrogatoire de ce jeune homme, au lendemain de son arrestation en juillet 2015...

"Je me suis inscrit sur le site jeuxvideo.com et je suis allé sur un forum consacré à l'islam. Je faisais partie des indécis qui regardaient des vidéos [djihadistes]. " 

Et la suite est une addiction. 

"Je me lève Daech, je mange Daech, je vis Daech. J'ai arrêté de sortir, de voir des filles, de jouer à la console. J'ai coupé les ponts, même avec des membres de ma famille.  Normalement (pour les fêtes de fin d'année) on se rassemble chez ma grand-mère. Cette fois-là, je n'y suis pas allé. Ma mère est partie, je suis resté tout seul. J’ai allumé mon téléphone et j'ai passé ma soirée à regarder Daech..." et il regarde jusqu'à concevoir son projet d'attentat, avant de renoncer, après un prêche dans une mosquée marseillaise... 

L'ancien matelot sortait de sa dépression quand la police l'a rattrapé... Nous n'en sommes pas quittes.

Et le conflit de la SNCF...

Qui est définitivement politique tant la grève physique prend moins de place que les commentaires sur la fermeté du pouvoir étalée ce week-end...

« L'exécutif ne faiblit pas », le Figaro.

« Macron prêt à lancer la bataille de l'opinion », les Echos.

« La fable de la privatisation »,  l'Opinion, qui moque les opposants à la réforme

Mais les partisans de la réforme ont la mobilisation fébrile... Le gouvernement serait composé de technos, pas assez expérimentés pour mener une bataille d'opinion, les députés de la majorité s'inquiètent, dit le Figaro... 

Et voilà pourquoi le Président Macron va sortir de son silence... 

En face, l'Humanité insiste, la privatisation est au bout de la réforme, et rappelle comment GDF devint Engie... L'Humanité dénonce les « relais complaisants du pouvoir », comprenez les media qui autoriseraient le gouvernement à « multiplier les intox »...

Et cet argument raconte quelque chose de plus large... L'idée que les « media dominants » seraient biaisés ou hostiles aux mouvements sociaux et seraient donc, des ennemis de ce mouvement, comme le pouvoir...  

il est un autre conflit quand nous parlons. Les forces de l'ordre ont commencé à évacuer la ZAD de Notre Dame des Landes... Voilà ce qu'en écrit un journaliste qui était autrefois de la "grande presse", et qui est aujourd'hui le porte-parole d'une radicalité politique, il s'appelle Hervé Kempf et dirige le journal en ligne Reporterre, petit journal écolo, minoritaire mais souvent une source précieuse.

"2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères... La France sera lundi 9 avril en guerre. Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent. MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot veulent les chasser.Ce brillant quatuor pourra  grâce aux images et aux commentaires complaisamment relayés par les médias de MM. Niel, Drahi, Bolloré, Dassault, Lagardère, Bouygues, et tutti quanti, montrer à l’opinion ce que signifie « l’ordre ». ».

Ainsi regarde-t-on le paysage, dans la colère des minoritaires... Sommes-nous tuttti quanti

Pendant ce temps, avant d'aller expliquer sa politique depuis un village normand, Emmanuel Macron se prépare à parler à l'Eglise catholique, dans un échange avec 400 personnalités au Collège des bernardins à Paris...

On analyse dans la Croix les sources chrétiennes de ce président littéraire, et l'on s'interroge dans la Croix et le Figaro sur la place de l'église, minoritaire dans ce pays qu'elle dominait. Peut-elle devenir une religion communautarisée comme les autres, avec son diner annuel? Mais l'Eglise veut parler des migrants à Emmanuel Macron et du « cri que l'on entend venu des plus pauvres »... 

Ce n'est pas honteux, d'être minoritaire.. 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.