Lutte des classes dans le football, entre les clubs millionnaires et les prolétaires des championnats nationaux, l'Equipe. Un policier de Pau a découvert l'identité du résistant inconnu, que les nazis avaient fusillé avec son grand-père, Sud-Ouest. Un père de famille sauve ses six enfants d'un incendie, Nord-Littoral.

On parle des gardiens d'internet ce matin...

Qui s'exposent sur leurs écrans au pire de l'humanité  et dont le travail consiste à nous en protéger pour le compte de facebook, géant du web devenu notre miroir, ils voient ce que nous ne devons pas voir,  et pardonnez-moi pour ce que vous allez entendre. 

« Mon pire souvenir, c'est une vidéo dans laquelle on voit une femme gisant sur le sol, qui a l'air de souffrir, elle vient sans doute de se faire torturer. Quatre hommes commencent à lui asséner des coups de machette. Elle hurle, ils lui coupent la tête, et la montrent à la caméra. » 

Ainsi commence un article que le Monde a mis en ligne, où pour la première fois, des anciens modérateurs de Facebook brisent le secret qu'on leur demande. Ils font partie de ces milliers de vigies qui nettoient le réseau social, au coeur disent-ils des sept péchés capitaux, ils ont parfois la sensation de faire oeuvre utile, et en même temps , plus de deux milliards de personnes sont sur Facebook, comment scanner tant de monde?  Et  le Mond, nous fait toucher les limites de la firme, et nous découvre l'absurdité de ses règles parfois, quand la nudité est plus répréhensible que le terrorisme: "Imaginons un post avec une femme nue et un terroriste dans la même image : on doit décider de le supprimer pour nudité, pas pour terrorisme.. Personne ne devrait voir quelqu'un se faire torturer pendant trois minutes dans une vidéo, mais nous, on doit le faire, car si, à 2'59, ils lui enlèvent un bout de tissu, le motif ne sera pas le même. » Vous découvrez aussi la cruauté d'un monde où des réfugiés syriens, embauchés par Facebook pour surveiller son marché arabe, doivent après avoir vécu l'horreur épurer le réseau de vidéos de décapitation...

C'est dans le Monde, à lire quelque jours après l'aveu d'impuissance de Mark Zuckerberg qui en appelle à la régulation des Etats... Mais ne croyez pas trop en la modestie de Facebook qui veut, c'est dans le Wall street Journal publié par l'Opinion, accaparer désormais le marché africain en encerclant le continent d'un câble sous-marin. Dans les Echos, j'apprend que le royaume uni veut sanctionner les géants du net pour leurs contenus dangereux,  le gouvernement de sa majesté considère que l'autorégulation est terminée... Il y a donc un gouvernement, qui ne s'occupe pas que de Brexit! 

En France, Facebook devient l'outil du fisc pour vérifier notre sincérité, et mieux encore: une intelligence artificielle est à l'oeuvre qui peut vous amener un contrôle fiscal si vous ressemblez, numériquement, à des fraudeurs déjà repérés. C'est amusant à lire, dans 01 net, ce jour où nos journaux débordent de la volonté du pouvoir de baisser nos impôts... 

Une lutte des classes dans le football...

Elle oppose les équipes ordinaires des championnats nationaux, aux ultra riches du football européen, qui veulent définitivement s'affranchir de la plèbe et transformer la ligue des champions en une compétition fermée, pour eux seuls... La réforme est en cours, l'Equipe vous l'explique et se mobilise, contre, car l'entre-soi des puissants exclurait les clubs français, hormis le PSG... Mais nous avons des alliés: Javier Tebas, patron de la Liga, le championnat Espagnol, s'insurge contre ces projets européens qui vont tuer les footballs nationaux... Le football, ce matin de ligue des champions, se teinte de politique, et l'Equipe raconte aussi les doutes doutes de Manchester city, club millionnaire et cosmopolite qui redoute le Brexit.... 

Il est d'autres luttes sociales plus immédiates, si le football vous parait futile. Vous lirez dans la Marseillaise l'interview du patron de la Caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône,  dont les aides au logement sont captées directement par des marchands de sommeil, qui louent des taudis et profitent du tiers payant:  il faudrait instaurer un permis de louer. 

Il est aussi dans nos journaux des entrepreneurs dignes et peut-être admirables. Le Figaro me raconte un français qui aux Etats-Unis dirige Best Buy, institution américaine comparable à Darty chez nous, et qui a résisté au monstre Amazon, Hubert Joly tire sa force des exercices spirituels de Ignace de Loyola, c'est très vieille Europe, il est de passage à Paris car dans sa vieille école, HEC, il inaugure une chaire au nom de sa famille... Ca, c'est américain. 

Dans la République du centre, on me parle de Raillardat, entreprise de meubles de luxe, qui prospère et exporte, et conquiert la Chine.

Dans la Nouvelle république, on me parle d'un plan business qui n'a pas marché. Des malins ont été arrêtés à côté de la prison de Tours, quand ils s'apprêtaient à lancer par dessus le mur d'enceinte des patates garnies au cannabis.

Un résistant inconnu pour finir...

Qui avait été fusillé le 15 juin 1944 par les nazis, à Idron sur un chemin caillouteux, ils étaient cinq martyrs à être tombés ce jour-là: Pierre Cotonat, Michel Loustau, Louis Mourlhon, René Amiel, et lui qui n'avait pas de nom, le martyr inconnu... On sait désormais qu'il s'appelait Georges Coran, vous verrez dans Sud-Ouest Béarn sa photo d'honnête homme à la moustache en brosse de ce temps-là, et vous lirez surtout la formidable histoire de homme qui a retrouvé son identité, un policier de Pau, Eric Amouraben, le petit-fils d'un des fusillés, pierre Cotonat, et qui a consacré son âge adulte et son talent de flic à une traque pour la mémoire... 

Il est dans les journaux des choses horribles mais aussi le témoignage de notre souci des autres, vivants ou morts. Le Figaro me raconte des écrivains publics qui a Marseille initient les nouveaux illettrés au monde informatique, et aussi deux hommes, un neurologue et un chef étoilé, qui en Espagne inventent des recettes pour rendre le gout, l'odeur, l'idée du chocolat, à ceux qui l'ont perdu.

Dans Nord Littéral, regardez ce petit homme chauve et rond et brave. Il s'appelle Kartal et travaille dans le bâtiment; dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a ravagé l'immeuble de Calais  où il habitait avec sa femme et leurs 6 enfants, il a inondé son appartement et mouillé des draps, et les a noués ensemble et il a fait descendre ses enfants, un à un, par cette corde improvisée. Il les a tous sauvés et même ses deux chats... C'est sa modeste et magnifique épopée

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