Patrick Cohen : A la Une ce matin, une mise au point... Bruno Duvic : "Je rappelle, à toutes fins utiles, que l'hiver est censé commencer officiellement le 21 décembre. Or, nous sommes le 9, et non seulement il fait un temps d'hiver, mais il dure depuis quinze jours. D'où la question qui monte des profondeurs de la France : qu'est-ce que c'est que cette histoire ?". Voilà comment commence le billet d'Alain Rémond dans La Croix, et c'est vrai que la neige, comme le titre drôlement L'Ardennais aujourd'hui : "Ca fout les boules !". A la Une du Parisien, une photo d'embouteillages monstres dans la capitale couverte de blanc et ce titre : "Coincés !"... 425 kilomètres de bouchon recensés hier soir à 19h en Ile-de-France. Quelques heures plus tôt, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait assuré qu'il n'y avait pas de pagaille. "Une pagaille, mais quelle pagaille ?" demande de façon ironique Anne Fulda dans Le Figaro. "Monsieur le premier flic de France, ajoute Francis Brochet dans Le Progrès, on en connaît qui se serait retrouvé à la circulation pour moins que ça !". "Alors, pourquoi cette pagaille ?" demande Le Parisien. On a du mal à trouver la réponse à la question ce matin dans la presse. A Paris même, l'homme qui est présenté comme le patron du service de lutte contre la neige et le verglas affirme que dans une ville où la circulation est déjà saturée, dès qu'il y a de la neige, les bouchons sont inévitables. Mais pourquoi pas plus de sable et de sel ailleurs en Ile-de-France ? Pas de réponse. Et l'Ile-de-France était loin d'être la seule région concernée ! Comme le titre le journal "20 minutes" dans son édition de Paris, hier, c'était bien "Manteau blanc, mais journée noire". Patrick Cohen : Et vous nous racontez à présent, un épisode inconnu jusque-là, de la chronique politique... Bruno Duvic : Ca se passe le soir du remaniement... Si vous vous souvenez de cette soirée, vous savez que c'est à 20h15 qu'a été annoncé le nouveau gouvernement. Pourquoi 20h15 ? Eh bien, parce qu'à 20h30, ce soir-là, le président dînait. Et il dînait avec Michel Houellebecq. Houellebecq à la table de l'Elysée, mais aussi la patronne de "Playboy" et l'agent du sulfureux écrivain, Maurice Dantec. Ce souper postmoderne et « branchouille » est raconté cette semaine dans Le Nouvel-Observateur par Ariane Chemin, l'une des auteurs de la fameuse "Nuit du Fouquet's" et par Grégoire Leménager. Point commun de ces invités du président : un côté anti conformiste, anti politiquement correct, voire réac. Il faut ajouter à la liste d'invités : Frédéric Mitterrand, le jeune écrivain Florian Zeller et son épouse Marine Delterm et Teresa Cremisi, toute puissante éditrice de Houellebecq chez Flammarion. Houellebecq-Sarkozy : que se sont-ils dits, quels points communs entre les deux. Tous deux cultivent le même mépris des élites, de la vieille France et des bien-pensants, écrivent les deux plumes de L'Obs. Et puis, ce qui n'a pas échappé au président, c'est la formidable immunité dont jouit Houellebecq dans les milieux branchés de gauche, malgré ses provocations réac à répétition. En tout cas, voilà une rupture avec les années Chirac.. Chirac qui déclarait à propos de Houellebecq en 2002 : "C'est un irresponsable. Ces intellectuels, il faudrait parfois les fesser cul nus sur la place publique". Ces propos sont extraits du magazine "Lire" ce mois-ci, sur le thème : comment Houellebecq a mis douze ans pour décrocher le Goncourt. En résumé, les jurés se seraient totalement décrédibilisés s'ils lui avaient refusé le prix cette année. Voilà qui inspire ce bon mot à l'éditeur Claude Durand : "Ce n'est pas Houellebecq qui a eu le Goncourt, c'est l'Académie Goncourt qui a reçu le prix Houellebecq !". Patrick Cohen : Dans l'actualité politique encore : la bataille au PS et Marine Le Pen... Bruno Duvic : "Aubry-Royal : la bataille reprend" titre Le Figaro. Hier, les deux dames du PS se sont déplacées parallèlement en banlieue parisienne. Le quotidien y voit le signe que la rivalité entre les deux présidentiables du PS s'exacerbe. L'Express, lui, met en scène la guerre secrète DSK-Aubry. DSK à la Une du Nouvel-Observateur. "Est-il encore de gauche, a-t-il vraiment envie de se présenter ?". A propos de DSK, Libération relève une phrase lâchée hier à Genève par le patron du FMI : "Aujourd'hui, les conséquences de la crise sont loin d'être épuisées. La situation en Europe reste très préoccupante. L'avenir est plus incertain que jamais". Selon L'Humanité ce matin : "Il faut réinventer l'euro. Les peuples ont besoin d'une véritable coopération monétaire et les plans de super austérité peuvent tuer la construction européenne". Marine Le Pen, elle, fait peur à la droite, selon Valeurs-Actuelles. Pourquoi ? La réponse est dans Les Echos. Guillaume Tabard relève ce chiffre dans le dernier sondage IPSOS pour Le Point : 27% d'opinions favorables. Elle bat son record de popularité, c'est un niveau jamais atteint par son père. Trois explications selon le journaliste : la crise, l'insécurité, et l'image personnelle de Marine Le Pen qui séduit davantage que son père, les jeunes, les catégories populaires et une frange de l'électorat de l'UMP. Puisque je viens de mentionner une série d'hebdomadaires, précision au passage : vous aurez sans doute du mal à les trouver en région parisienne, conséquence d'un mouvement social chez Prestaliss qui distribue les journaux. Patrick Cohen : Quoi d'autres dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Les effets d'une des grandes réformes du gouvernement sont remis en question. C'est à la Une des Echos. Le Grenelle de l'Environnement créera bien de la croissance et des emplois dans les années à venir. Mais à partir de 2020, les gains seraient annulés, selon le journal. Et à partir de 2023, le Grenelle entrainerait même des pertes d'emplois. On parlait des embouteillages sous la neige tout à l'heure... Pour faire râler les automobilistes, ajoutez que le prix des carburants est au plus haut depuis deux ans. L'information est à la Une du Figaro-Economie. En première page de Ouest-France, les violences en Haïti, après l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle. A la Une de La Voix du Nord, Florence Cassez, en prison depuis cinq ans au Mexique... A la Une de Nice-Matin, un bébé sauvé de la noyade... la petite Zoé, six mois, a basculé avec sa poussette dans le port de Nice, sous les yeux de sa grand-mère. Elle a été sauvée par deux témoins qui se sont jetés à l'eau. Patrick Cohen : Et pour finir, une interview de Platini dans "So Foot"... Bruno Duvic : Oui, c'est le « Platoche » qui ne mâche pas ses mots... Il revient sur la déroute du Mondial et la grève. "J'ai préféré me taire jusque-là car si j'avais parlé je n'aurais pas massacré que les joueurs !". Autrement dit, Domenech en aurait pris pour son grade aussi. « Il n'avait pas à lire la lettre des grévistes. J'aurais été beaucoup plus dur avec les meneurs de grève : je les aurais suspendus à vie ! ». Malgré tout, Platini défend Domenech. « Si la France a été éliminée au premier tour, c'est avant tout parce qu'on n'a pas une bonne équipe. La seule chose que je reproche à Raymond, c'est sa Com de merde ! ». Dans la série "franco de port", Platini se dit cocardier, mais pour autant, n'aime pas La Marseillaise : "Je ne l'ai jamais chantée. Les onze en face de nous, ils ne viennent pas égorger nos fils et nos compagnes, ils veulent juste nous prendre le ballon". Enfin, dans cette interview à "So-Foot", l'ancien capitaine de l'équipe de France défend un joueur : Benzéma. Bien vu, le quotidien L'Equipe relève qu'hier, en Ligue des champions, Benzéma a réalisé un triplé et Ribéry un doublé... Cinq mois après la Coupe du monde, ça va un peu mieux pour les vedettes de l’équipe de France.

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