Même dans un collège. L’hommage à Johnny Hallyday même dans une cours de récré.

C’est au collège Diderot de Nîmes où, depuis jeudi, ce sont des extraits de ses chansons qui rythment les journées : des extraits de chansons pour remplacer les sonneries qui signalent le début et la fin des cours« Il était tout à fait naturel que cette période soit consacrée à son œuvre », explique dans LE PARISIEN le principal de l’établissement… Hier, les élèves ont ainsi eu droit à L’idole des jeunes, lundi ce sera Tennessee et mardi Que Je t’aimeQue je t’aime et hop ! C’est la fin du cours !

Une initiative parmi d’autres. Le journal en liste plusieurs.

Un morceau hommage à Johnny avant chaque rencontre de foot de Ligue ce weekend… Guingamp et Amiens ont choisi Allumer le feu, à Monaco, ce sera L’EnvieDes titres du rockeur dans le métro de Toulouse… Et d’autres dans les rues de Céret dans les Pyrénées… Et puis il y a même ce pâtissier de la Somme qui a imaginé des sablés Noir, c’est noir… Ou bien encore ce couple de boulangers de Nancy qui ont sorti un pain au levain à l’effigie de Johnny : « Nous avons confectionné un pochoir, expliquent-ils… Ensuite, le portrait a été réalisé avec de la farine et du cacao…

Des sablés Johnny et du pain au levain Johnny, Johnny dans les stades, Johnny dans les rues et même dans la cour d’un lycée... Et, bien sûr, ce samedi : un hommage en grandes pompes dans les rues de Paris : un convoi funéraire, qui partira de l’Arc de Triomphe, descendra les Champs-Elysées et rejoindra ensuite l’église de la Madeleine, église devant laquelle dorment d’ailleurs depuis hier quelques dizaines de fan… « Bien sûr qu’on va l’attendre », martèle Samuel, 36 ans… « Mais ce n’est pas la première fois… Pour chacun de ses concerts, on arrivait la veille et on dormait sur place… » Pour lui, Johnny, c’est tout : un père, un frère, un Dieu…

D’ailleurs, il semble bien que l’église, aujourd’hui, lui a tout pardonné. C’est ce que relève Vincent Montgaillard, toujours dans LE PARISIEN. Il n’avait pourtant guère le profil de l’enfant de chœur, Johnny… « Les 400 coups dans sa jeunesse, quatre divorces, pas mal d’excès… » Et pourtant, depuis trois jours, la canaille qui portait ostensiblement un pendentif de Jésus crucifié avec une guitare en bandoulière, a droit un concert de louanges de la part du clergé hexagonal… Du cardinal Barbarin à la Conférence des évêques, en passant par les prêtres qui célèbrent çà et là des messes en sa mémoire, les hommages sont légion… Parfois, on se dit même que l’on n’est pas loin de la canonisation.

Pour preuve, le témoignage de l’archevêque d’Auxerre, qui dit avoir appris ses premiers arpèges avec Les Portes du Pénitencier : « On est un peu comme Jésus, qui disait ‘Je suis venu pour les pêcheurs, et non pour les Justes »… Et puis « tout le monde a sa part de lumière et d’ombre », renchérit le père Berthout, qui officie à Caen… Du reste, Johnny compte à son répertoire quelques chansons à la gloire de la Genèse et des Evangiles… Si j’étais charpentier, Oh Marie, Avec une poignée de terre… Mais l’une d’elle, Jésus-Christ, avait cependant fait scandale en 1970. Une chanson décrivant un Messie hippie qui, « s’il existe encore », doit « fumer de la Marie-Jeanne » et « aimer les filles aux seins nus »…Remontant jusqu’au Vatican, le texte a bien failli lui coûter son excommunication, mais Johnny s’en était alors remis au Seigneur : « Je suis sûr, avait-il dit, que Jésus ne m’en veut pas. » En tout cas, le clergé, visiblement, ne lui en veut plus.

Et ce samedi, aura donc lieu « l’hommage du peuple »… C’est le titre à la Une du FIGARO, dans lequel Jacques de Saint Victor s’interroge tout de même sur _« l_’ambiguïté des cérémonies trop glorieuses »… Il questionne d’abord l’expression employée par le chef de l’Etat : « un héros populaire »… Héros populaire, pas héros national, mais tout de même, écrit-il : il est intéressant de saisir ce qui conduit Emmanuel Macron à qualifier de héros le mari de Laëtitia qui, après les hommages, sera enterré à Saint-Barth… Puis il revient sur les obsèques de Victor Hugo… Le cortège et la foule immense, 2 millions de personnes… Hugo l’écrivain, mais Hugo aussi et surtout, le combattant politique… LE FIGARO de l’époque avait d’ailleurs déploré le caractère vulgaire de la cérémonie, polluée par les marchands de souvenirs et la dégénération de la fête, transformée en orgies sur les Champs-Elysées comme dans les jardins des Tuileries…

Honnêtement, on n’imagine pas que des choses pareilles se produisent aujourd’hui… Une cérémonie qui se termine en orgies. Mais on est, toutefois, en droit de s’interroger… C’est ainsi que LE HUFFINGTON POST nous rappelle qu’en 1963, la chanteuse Edith Piaf, elle, n’avait pas eu droit aux honneurs politiques – le gouvernement les lui avait refusés, en raison de sa vie personnelle dissolue…

Dès lors, donc, pour Johnny, « n’en ferait-on pas un peu trop » ? C’est la question que pose, ce matin, Laurent Joffrin dans l’édito de LIBERATION… Bien sûr, il y a les fans, à l’authentique émotion… Il y a la ferveur des rockeurs nostalgiques… Mais le président ? Les pouvoirs de l’Etat ? La République ? Peut-on vraiment parler d’un héros national ?

Cela étant, le quotidien propose tout de même six pages sur « La France de Johnny », avec les analyses de plusieurs penseurs – sociologues, historiens, philosophes… « Johnny, c’était le chanteur des pauvres », dit l’un : _le chanteur de pratiquement deux générations qui ont les bras blessés par les tatouages, le cœur et les dents ébréchées par les coups durs et les trahisons… » « J_ohnny représentait ce que les baby-boomers ont été », dit un autre, précisant que malgré les années, « le rockeur est resté l’idole des jeunes pour une génération – la sienne, qui voyait en lui précisément le symbole de leur jeunesse. » Un troisième explique même qu’il y avait du Schopenhauer en Johnny Hallyday…  

Et puis on parle aussi de Noël dans la presse aujourd’hui. Avec, tout d'abord, cette étude du magazine QU'EST-CE QU'ON FAIT ?! - un magazine intéressant qui, à partir d'infographies, permet, notamment, de mieux comprendre nos façons de consommer. Et ce mois-ci, le thème du dossier, c'est donc Noël : « Make Christmas great again », ou comment faire en sorte que nos présents soient plus solidaires, plus éthiques et écoresponsables... Or ce que montre l'étude, c'est que moins de la moitié – 45% d'entre nous – prennent en compte l'impact environnemental dans le choix de leurs cadeaux... En premier lieu, en s'assurant qu'il s'agit de produits made in France... Cela dit, 45%, ce n'est déjà pas si mal...

Autre question, plus drôle, abordée dans l'enquête : « Quel est l'objet que vous redoutez de déballer ? » Vraie question, vrai problème... En tête, arrivent les vêtements – jamais sûr que ça plaise – un sweat imprimé léopard ou une écharpe en poil de gnou, et on doit avoir l'air content : « Ah ben c'est gentil, je suis ravi ! » Puis arrivent les fameux articles ménagers : presse-agrumes, yaourtière, ou bien centrale vapeur : près de 90% des femmes interrogées disent qu'elles aimeraient vraiment recevoir autre chose...

De son côté, LE PARISIEN s’intéresse aux cadeaux que certains vont offrir à leurs animaux de compagnie… Des cadeaux pour les chiens, des cadeaux pour les chats – en l’occurrence, il s’agit avant tout de friandises… 

Et le supplément des ECHOS nous raconte pour sa part l'histoire d'un jeu qui, certainement, trouvera sa place sous de nombreux sapins... Un jeu qui a séduit des générations de gosses depuis 70 ans... Ce jeu, c'est le LEGO... Et c'est donc une saga, débutée au début de la crise des années 30... Un menuisier danois ne trouve plus d'acheteurs pour ses meubles... Et il décide alors de faire des animaux en bois... Puis, quinze ans plus tard, il investit dans ses premiers moules à injection plastique... Et c'est la naissance des LEGO, qui n'ont jamais cessé, depuis, de se développer... Avec, cela dit, quelques périodes compliquées : au début des années 2000 – la naissance d'Internet, l'explosion des jeux vidéo – les experts du secteur estimaient que les petites briques étaient devenues has been... Mais chaque fois, le fabriquant a su se renouveler, s'adapter à l'époque – c'est ça que raconte le dossier : comment LEGO a su ne pas devenir has been... Notamment en signant un très juteux partenariat avec la société de production du cinéaste Georges Lucas, et ce, pour adapter l'univers de Star Wars... Et désormais, chaque fois que sort un nouvel épisode – ce sera le cas mercredi prochain, illico ça dope les ventes des briques et des personnages « guerre des étoiles »...

Et pour vous donner une idée du phénomène, une idée du succès de ce jeu de construction : sachez qu'il existe aujourd'hui davantage de figurines LEGO que d'êtres humains sur la planète ! Et je suis quasi certain qu’il y aura bientôt un LEGO Johnny Hallyday…

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