Dans la presse ce matin : le rouge et le gris "Notre rôle est de porter la plume dans la plaie" disait le reporter Albert Londres. La plaie ouverte en Syrie est béante. Rouge sang. Pour Libération, Aude Marcovicth décrit ce matin la Syrie torturée. Autant dire que les quelques lignes qui suivent sont difficiles à entendre. C'est le témoignage de Jihad, il a 34 ans, il a été arrêté en septembre lors d'une manifestation à Deraa. Lors de son interrogatoire, on lui demande de se prosterner devant une photo de Bachar-El Assad, il refuse et même il déchire l'image qu'on lui présente. Après avoir été fouetté avec des cables, reçu des décharges électriques sur les jambes, il est suspendu en croix, les yeux bandés. Il sent qu'on lui attache quelque chose à la main, il entend ses tortionnaires s'éloigner. Après quelques secondes, ils activent un détonateur et ils font exploser la main. Ce témoignage a été recueilli en Jordanie où Médecins sans frontières soigne les blessés de la révolte syrienne. Car non seulement le régime torture, mais il s'en prend à ceux qui soignent les blessés. Dans le Monde et La Croix, vous lirez des témoignages sur ce pays où les médecins risquent leur vie, où l'on arrrête les gens jusque dans les hôpitaux ou bien on les ampute sans autre forme de procès, où l'on ne sait jamais de quel côté se trouve celui qui vous soigne, où l'on tire sur les ambulances de fortune, où les infirmiers et docteurs se réfugient dans des hôpitaux clandestins improvisés dans des appartements et où évidemment on manque de tout. MSF travaille avec des réseaux de Syriens à l'étranger qui essaient de faire parvenir de l'aide médicale dans leur pays. Le rouge en Syrie, le gris en France La couleur de la France, c'est le gris, disait François Mitterrand, grand amateur de paysage. A la Une de la presse ce matin, la France dans le froid et sous la neige est encore d'un gris blanc. Dans la Voix du Nord, photo d'un brise glace, le tout temps qui qui semble lui même coincé sur le canal du Nord. En 8 ans dans la région, je n'ai jamais vu ça, dit le chef d'équipe. A certains endroits, on peut trouver une couverture de glace de 15 à 20 centimètres. Le froid est brulant, il brule les prix de l'électricité. Incroyable pic des prix, hier en bourse, écrivent les Echos. Tarif normal pour une journée d'hiver : de 100 à 200 Euros le megawatt heure. Hier en moyenne, il était à 368 Euros, avec un pic à près de 2.000 Euros. "La France ne dispose pas de suffisamment de capacités, il suffit d'un rien pour que les prix s'envolent." dit un expert. Les partisans du nucléaire retrouvent des couleurs. Dans la Voix du Nord, le directeur de la centrale de Gravelines assure qu'il faudrait des éoliennes jusqu'à la côte basque pour assurer la production de sa centrale. Le Figaro pointe le paradoxe allemand, en voie de sortie du nucléaire mais qui a du remettre en marche hier des centrales vouées à fermer.Alors la presse ce matin, c'est aussi la foire aux bonnes idées pour économiser l'énergie. La palme à Ouest France avec ce titre à la Une : un coup de fil et la rue s'éclaire. C'est un test mené à Préfailles sur la côte dans la région nantaise. C'est une station balnéaire, beaucoup de résidences secondaires, l'hiver il n'y a pas grand monde. Alors la mairie a décidé de réduire l'éclarage publique au minimum. Une lumière de veille. Si vous voulez plus, vous appellez un numéro de téléphonne : "que la lumière soir et la lumière arrive". Au bout de 20 minutes, les lampadaires repassent en veilleEconomie délectricité, économie tout court... Par ce temps, avoir des trous aux chaussettes est malvenu et pourtant, il faut encore faire des économies si l'on en croit le rapport de la cour des comptes qui se taille un franc succès dans la presse, Monsieur Migaud. Je ne rentre pas dans les détails, on en parle jusqu'à 9 heures. On relèvera la lecture politique que le Figaro fait du rapport : un socialiste (Didier Migaud) met en garde un autre socialiste (François Hollande) jugé dépensier par le quotidien. La France endettée, la France en crise, la France au moral gris. Est-ce si sûr ?Dans le Nouvel observateur, le sociologue Jean Viard insuffle de l'optimisme dans ce paysage glacé. "Dans les sondages, de manière constante, 75% des gens se déclarent heureux. Je connais le chômage, la précarité, l'enrichissement scandaleux des plus riches. Mais si on nie la force du bonheur privé du plus grand nombre, on casse la force même sur laquelle on peut reconstruire ! Et on favorise les extrémistes.""Le coeur de la société fonctionne bien, dit encore Jean Viard, mais le bonheur s'est individualisé, replié sur la sphère privée, il est sorti de l'espace public, qui, lui est en profond désarroi. Le malheur public, c'est qu'il n'ya plus de récit collectif nous disant d'où l'on vient, où on va et comment y intégrer les plus fragiles"Jean Viard relève encore une tendance démographique, la population augmente deux fois plus vite dans le grand périurbain et la France du Sud qu'en centre-ville.Alors, bienvenue à Saint-Bonnet-le-Froid ! Le magazine Geo en fait l'emblème de son dernier numéro. 1117 mètres d'altitude en Haute-Loire, aucune protection contre le vent du Nord. Mais ce n'est pas à cause des températures que l'édito de Geo en fait un emblème. C'est parce que ce village comme beaucoup en France, revit. Après l'époque de l'exode vers les villes, voici venu le temps de l'arrivée des urbains dans les campagnes et même les tout petits villages. Selon une étude de l'Insee, ces 5 dernières années, près de deux millions d'urbains se sont installés à la campagne. Rien à voir avec néo-éleveurs de chèvres des années 70. Ces nouveaux campagnards qui ont 30-40 ans et des enfants, restent à proximité des villes où ils travaillent bien souvent. Mais la maison est au village : on y trouve du lien social, moins d'inégalités, plus de sécurités, plus décologie... La France des clochers recèle les antidotes à nos crise écrit Geo. La cohabitation entre les nouveaux et les anciens campagnards n'est pas toujours aisée. Exemple cette femme qui voulait faire condamner son voisin agriculteur parce que son coq chantait trop fort et trop tôt le matin. Perdu. La France est en campagne et pour le Parisien, l'un des phénomènes de cette période électorale ce sont les foulards et les écharpes rouge-sang qui fleurissent dans les meetings de Jean Luc Melencgon. 10.000 personnes à Villeurbanne, se réjouit L'Humanité. Melenchon remplit les alles, constate le Parisien. Pour le meeting du 4 avril à Limoges, une salle de 2.500 personnes avait été réservée. Changement de braquet, ce sera finalement le Zénith, 6.000 places.

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