Prendre de la hauteur

Par Laetitia Gayet.

C'est un jardin extraordinaire de plus de 3 hectares qui verra le jour à l'horizon 2021-2022. En son centre, il accueillera un projet unique peut-on lire sur PRESSE OCEAN. L'Arbre aux hérons à Nantes. 22 branches qui surplomberont la ville. Le but dit-on, est de faire de L'Arbre aux hérons à Nantes ce qu'est la Tour Eiffel à Paris. Ses promoteurs plaident pour cette nouvelle vitrine du savoir-faire nantais. Un levier pour le tourisme. Car le visiteur pourra se balader à l'intérieur. Le directeur des Machînes de l'île à l'origine du projet rêve lui, de donner une visibilité mondiale à Nantes. Car c'est un projet artistique. Mais aussi économique, 35 millions d'euros. Qui sera financé en partie par la métropole. Les collectivités locales, l'Etat, le privé, le participatif. La métropole doit décider demain, de la forme juridique du financement.

Financer la culture, à l'heure où les comptes sont dans le rouge.

Au lendemain de la publication du rapport de la Cour des comptes. Un rapport qui critique pêle-mêle sur les dépenses chez les douanes, les hôpitaux corses ou encore l'immense gâchis de l'éco-taxe comme le titre à sa Une LE TELEGRAMME.

Pour L'OPINION, c'est d'ailleurs le scandale Royal. La ministre "Moi, je..."

Elle exige, tranche, confirme ou infirme sans toujours se soucier de savoir si l'intendance peut suivre. Ni de la nécessaire solidarité gouvernementale.

On traque l'enrichissement sans cause, écrit Nicolas Beytout. On néglige la dépense sans cause. Il faut désormais pouvoir tracer l'argent de chacun. Mais on se moque toujours autant de savoir ce que devient l'argent de tous. C'est l'argent de personne.

Au lendemain de ces critiques à foison donc, on peut se demander où l'argent public pourrait être utile.

Les écoles d'art répond TELERAMA. Car elles sont aujourd'hui, menacées du fait de la baisse des subventions et du désengagement de l'Etat. Il y en a 45 en France. Et qu'on ne s'y trompe pas. Artiste ou non, le taux d'insertion professionnelle dans les trois ans est de 85%. Entre les métiers du Web, l'évènementiel ou le cinéma, les possibilités sont multiples, du moment que l'on possède cette capacité d'innovation traquée par les DRH. Et pourtant, certains élus locaux ne voient pas bien le rapport entre l'art contemporain et leur territoire, ses racines, son patrimoine. Ils se débarrassent aujourd'hui, de leurs écoles en croyant faire des économies. Très mauvais calcul pour le premier adjoint au maire de Biarritz. En termes d'attraction et de rayonnement, il n'est pas meilleur outil pour une région.

Prendre de la hauteur avec L'Arbre aux hérons de Nantes, n'est peut-être pas une si mauvaise idée.

Prendre de la hauteur, certains l'ont fait ses derniers mois. Mais pas pour les mêmes raisons.

Direction Bure aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne. Sur le site de REPORTERRE, un arbre et une cabane en son sommet. 12 mètres carrés. Toilettes sèches, réchaud, mini-bibliothèque et lit sur lequel s’empilent de chaudes couvertures. Un havre de paix pour Lilou, qui vit perché depuis près d’un mois : « Le seul moment dur, c’est quand les chaussures ont gelé au petit matin », sourit-il. Ici, le thermomètre descend souvent en dessous de zéro.

A Bure, on résiste poursuit POLITIS.

On résiste au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs.

Face à cette offensive, les opposants investissent les arbres et s’implantent durablement, malgré la demande d’expulsion que le tribunal de Bar-le-Duc doit étudier ces jours-ci.

REPORTERRE et POLITIS décrivent les mêmes gens. Des jeunes, qui voient en Bure, un lieu qu'il faut revitaliser. Une terre de création ? Le terme fait débat.

Bure n'est pas sans rappeler la ZAD de Notre-Dame-des Landes ou encore Tarnac en Corrèze. LIBERATION est revenu sur les terres de cette commune passée à la postérité en 2008, à l'occasion d'une descente de police sur une dizaine d'activistes d'ultra gauche, soupçonnés d'avoir saboté des caténaires de lignes TGV. Aujourd'hui à Tarnac, même s'ils ont passé la quarantaine, on les appelle toujours les jeunes. Qu'ils plaisent ou non, en tout cas, ils font vivre le village. Avec leurs enfants, ils ont permis par exemple, le maintien de l'école. On est loin du cliché affirme l'un d'eux : tous sous la yourte aux ordres du gourou. Une septuagénaire confirme : "Si nos jeunes, c'est des terroristes, alors c'est quoi ceux que vous avez à Paris ? Nos terroristes, c'est des gentils !" Une employée de la Maison communale l'affirme : "C'est pas OK Corral. Tarnac, c'est un bled normal avec des trucs décalés. Comme l'été, le festival des chants révolutionnaires ! Sympa quoi." "Rien à foutre, dit un autre.

Le monde peut s'effondrer demain, je m'en fous !"

A Aulnay-sous-Bois en revanche, un certain monde s'est effondré.

On ne digère pas ce que MARIANNE et LE PARISIEN-AUJOURD'HUI-EN FRANCE n'hésitent plus aujourd'hui, à qualifier de bavure.

La police est clairement en accusation titre LA CROIX.

Alors LE PARISIEN reprend le fil des 5 minutes qui ont embrasé Aulnay.

On n'y apprendra pas grand-chose de plus que ce que l'on sait déjà. Si ce n'est une perception différente. D'après les policiers, Théo aurait dit aux policiers qui interpellait un de ses copains : "Tu fais pas ça ! J'm'en bats les couilles de ton contrôle. Tu fais pas ça !" Théo lui, assure avoir dit ceci : "Pourquoi vous faites ça ? Ça va envenimer les choses pour rien."

La colère gronde à Aulnay reprend LA CROIX. Le fils de Samira a été interpellé lors des violences. Elle est anxieuse. "Je ne comprends pas. J'ai donné à mes trois enfants, une éducation au respect. Je vous le dis franchement. Si mon fils a fait quelque chose, je soutiendrai la police. Mais je doute qu'il ait fait quelque chose. C'est un bon élève. Comment a t-il pu se retrouver là-dedans ? Et comment un policier a-t'il pu agir comme il l'a fait avec Théo ? Qu'est-ce qu'on va dire à nos enfants maintenant ?"

Samira pourra raconter que ce matin, la presse du monde entier s'époumone sur Donald Trump.

Sur les attaques du président américain sur le monde de la justice comme l'écrit le LOS ANGELES TIMES.

Sur Steve Bannon, son conseiller stratégique, son Raspoutine selon LE FIGARO.

Sur ceux qui aux Etats-Unis résistent au nouveau président américain, comme le titre L'HUMANITE à sa Une.

Ou encore sur ceux qui en ont un tout petit peu peur comme le premier ministre japonais. D'après LES ECHOS, Shinzo Abe va promettre lors de sa visite demain à Washington, 700.000 emplois à Donald Trump. Car il s'agit de ne pas braquer son allié, qui est aussi son plus grand partenaire commercial.

Et puis Samira pourra aussi dire que VALEURS ACTUELLES lance une pétition aujourd'hui.

Une pétition nationale destination des médias du service public. Le texte est assez clair. Rétablissons le pluralisme des opinions dans l'audiovisuel public.

Est-il normal qu'aucune émission ne soit confié à des animateurs ou à des spécialistes de sensibilités différentes.

Nous n'acceptons plus que sur France Inter, journalistes, éditorialistes et humoristes soient à l'unisson. Nous n'acceptons plus que les informations d'Arté prennent la forme d'un militantisme qui prône l'immigation sans frontière, le féminisme extrêmiste et une écologie jusqu'au-boutiste. Nous n'acceptons plus que la grande majorité des débats ignorent quasi complètement les classes populaires, les petites gens, les pauvres en général.

Prendre de la hauteur n'est décidément pas une si mauvaise idée finalement.

Bonne journée.

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