Tatamania... Voici une femme, vêtue d'un manteau trois-quart... Echarpe rouge et chapeau noir... Un dossier à la main... Elle est partout, et d'abord à la Une de "Libé"... Sous ce titre irrésistible de "Tatamania"... Mesdames, messieurs : Ségolène Royal. Ces temps-ci, prononcer son prénom et son nom, c'est comme annoncer l'arrivée d'une personnalité du plus haut rang... Ne manque que le tapis rouge... De sondage en sondage, et depuis l'automne dernier, elle monte, elle monte, Ségolène... Un véritable phénomène ponctué par une série de sondages qui, tous, semblent dire la même chose... Et si l'héritier de celui dont on célèbre la mémoire depuis une semaine était une héritière ?... Et si c'était elle. Ainsi, le sondage Louis-Harris que publie "Libé" ce matin confirme-t-il les deux derniers : ceux du "Figaro Magazine" et du "Journal du Dimanche"... il en est même une synthèse : que ce soit sur le terrain de la sympathie, de la compétence, des propositions économiques ou de la capacité à représenter la France à l'étranger, Ségolène Royal recueille l'assentiment de la majorité des personnes interrogées... Il n'y a que sur la stature d'un Président de la République que ce sondage ne confirme pas tout à fait les autres ... 42 % pensent qu'elle l'a, contre 48 qui estiment le contraire... Alors que, dans le sondage du "Journal du Dimanche", elle écrasait tous ses concurrents socialistes. Quoi qu'il en soit, le phénomène prend de l'ampleur, d'où cet autre titre de "Libé" : "Ségolène Royal, élue candidate". Ce ne sont plus des sondages, écrit Henri Jacques dans "La République des Pyrénées"... C'est de la rage. D'ailleurs, c'est fou le nombre d'éditoriaux consacrés à ce sujet dans la presse quotidienne régionale... Une cascade ! Patrick Fluckiger, dans "L'Alsace", note par exemple que l'élection d'une Chancelière en Allemagne a aidé à briser le tabou sexiste... Pour Gérard Noël, dans "La Liberté de l'Est", tous les clignotants indiquent que Ségolène est désormais une candidate crédible... Enfin, s'il faut retenir une image de ce dimanche à la campagne que les socialistes ont passé, en ce dimanche de pèlerinage à Jarnac, c'est que toute la famille socialiste était là... Oui... Mais pas Ségolène Royal, partie au Chili... "Le coup de Santiago", écrit Jean-Pierre Bel dans "La Nouvelle République du Centre-Ouest"... "Le coup de Santiago, plutôt que "le coup de Jarnac". Et il se trouve que Philippe Martinat, du "Parisien", a fait le voyage avec elle... Et dans son article, intitulé "Dans l'avion avec Ségolène Royal", il raconte. Au départ, il raconte qu'elle est détendue, au point de demander aux journalistes présents s'ils étaient sûrs de vouloir venir... "Vous allez être déçus, leur a-t-elle dit : je ne parlerai pas du tout de politique intérieure". Alors silence : aucun commentaire sur la vague de sondages qui la fait planer... En revanche, c'est peut-être un signe du destin... En descendant de l'avion, à Santiago, un Français lui lance : "J'espère que vous ferez comme Michelle Bachelet : on a besoin de vous". Pendant ce temps, à Jarnac hier... Commentant le voyage de sa compagne au Chili, François Hollande a dit : "Elle a raison". A part ça, Jack Lang était énervé... On retiendra aussi le chapeau de Fabius et le brushing de Kouchner... Parce que cette journée de pèlerinage était une journée d'image, qui a commencé, comme s'en amuse Myriam Lévy, du "Figaro", comme un film de Patrice Chéreau : "Ceux qui m'aiment prendront le train". Hier, effectivement, si l'on voulait compter les vrais amis de François Mitterrand, il fallait être gare Montparnasse à 7h55, pour le départ du TGV d'Angoulême. Et puis bien sûr, de Jarnac, on retiendra l'image, presque pieuse, de Mazarine... Vous la verrez dans tous vos journaux, avec une sorte de foulard noir sur la tête, qui lui donne un air de religieuse... Et juste à côté, avec sous le chapeau, la tête de Laurent Fabius, dont Mazarine était très proche hier. Alors, sentant le piège, parce que cette proximité n'a échappé à personne, Mazarine a dit qu'il ne fallait pas voir de symbolique dans tout ça... Que ce n'était pas une façon de dire sa préférence, non... Mais que quand même... Fabius, et Hollande aussi, n'ont jamais manqué ni de respect ni de fidélité à son père... Eux. Bon, on l'aura compris... Tout le gratin de la gauche socialiste était à Jarnac hier... Alors question : qu'est-ce que la gauche ?... Question qui ne peut pas fonctionner sans l'autre : qu'est-ce que la droite ?... Autrement dit, quelles sont les différences ? Le mensuel pour les jeunes "Eurêka" tente d'y répondre dans son numéro de janvier... Très pédagogique, sur le thème : "la gauche se veut révolutionnaire et progressiste, alors que la droite est plus attachée à la nation et à la patrie"... Ce qui, évidemment, est trop simple... D'où cette précision d'Eurêka : on peut être de droite et défendre la laïcité, les réformes... Tout comme on peut être de gauche et reconnaître les valeurs de la religion et de la famille. Alors, on peut se référer à quelques définitions, qu'on empruntera à des écrivains, et qui valent le détour... Jules Romain, par exemple, disait : "Etre de droite, c'est avoir peur pour ce qui existe"... Ou Antoine Blondin, qui déclarait : "Je n'ai jamais osé être de gauche quand j'étais jeune, de peur de devenir de droite en vieillissant"... Ou enfin cette citation de Charles-Ferdinand Ramuz : "La nature est de droite, l'homme est de gauche". Et entre la droite et la gauche alors, qu'y a-t-il ?... Rien... Parce que, jusqu'à preuve du contraire, les centristes se sont toujours ralliés à la droite, à l'heure de vérité. Alors François Bayrou, il est où ?... Justement, c'est la question que tout le monde se pose... Et précisément, c'est demain qu'il fera sa rentrée politique, mais dès aujourd'hui, dans le journal "Les Echos", il y va de ses critiques contre Jacques Chirac, parlant de "la cascade des promesses hâtives" du chef de l'Etat... Sur l'emploi, par exemple : "Il ne suffit pas de claquer des doigts", rappelle François Bayrou, qui se lamente sur le discours qu'on entend à chaque début d'année... Discour rituel, un peu anachroniques, avec sa cascade de priorités nouvelles... Suivez son regard. Si vous achetez "Le Figaro" aujourd'hui, vous vous apercevrez qu'il est plus lourd que d'habitude, parce qu'il contient un cahier central... Un numéro spécial de 24 pages, intitulé : "Que nous réserve 2006 ?". C'est une série de questions : une sorte d'agenda prévisionnel de l'actualité... La première de ces questions concernant Israël, bien sûr : "Sans Sharon, y aura-t-il une nouvelle donne ?"... Une chose est claire pour "L'Humanité" : tout retour d'Ariel Sharon sur la scène politique paraît exclu... Alors "Israël s'organise sans lui", titre "Le Figaro"... Oui, "les Israéliens se résignent à l'après-Sharon", écrit de son côté "La Croix" qui, comme beaucoup d'autres journaux, s'intéresse beaucoup au Premier ministre par intérim, Ehud Olmert, dont il résume le portrait en quelques mots : cet homme-là reflète les aspirations de la majorité des Israéliens... Comme eux, il est pragmatique, fatigué des idéologies, de la guerre et du débat sur les colonies. Oui, oui, vous m'avez posé la question, Alain... Parce que dans les locaux de France Inter, la cigarette est interdite... Comme dans l'immense majorité des entreprises, d'ailleurs... Et peut-être bientôt comme partout, y compris dans les cafés et restaurants... Comme le veut le député UMP Yves Bur, qui prépare sa proposition de loi que le deuxième fabricant mondial de tabac cherche à étouffer avec un lobbying qui prêterait à sourire s'il ne présentait pas le risque d'être efficace... Dans une note envoyée la semaine passée au député UMP... Note que "Libération" s'est procurée... Le lobby du tabac agite la menace de voir 13 millions de fumeurs élire un Président de gauche en 2007... Une cigarette dans une main, et le bulletin de vote dans l'autre. Les fabricants de tabac prennent leurs désirs pour des réalités... Remarquez : plus c'est gros, plus ça passe... On imagine mal que cet argumentaire fumeux parvienne à intoxiquer les soutiens d'Yves Bur... Et comme le remarque "Libération", il y a au sein même de l'UMP des députés qui traînent des pieds, et qui ne veulent surtout pas d'une loi contre le tabac en pleine période pré-électorale. En tout cas, en coulisses, c'est vraiment la guerre entre cigarettiers et défenseurs de la santé... Mais une chose est sûre : les fumeurs, ça représente 19.000 personnes par circonscription... Or, lorsqu'on sait que la plupart des législatives se jouent entre 50 et 800 voix... Eh bien, on a tout compris. Comme quoi, la cigarette, interdite dans tous les lieux publics, a un avenir incertain... C'est un combat ni gagné ni perdu, nicotine.

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