(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : terrain vague

Un terrain vague où l'on s'ennuie et où l'on regarde son voisin de travers.

Commençons avec une histoire de rumeur racontée ce matin par Sud Ouest . Ca se passe sur l'Ile de Ré, à la Flotte en Ré, précisément.

A l'automne, un quarteron d'habitants a lancé une rumeur. 200 chats auraient été torturés et assassinés dans la commune. Et on connait la coupable : elle s'appelle Katia Vidouta, c'est l'une des quatre médecins de la Flotte.

Les gendarmes ont relevé tout au plus deux mutilations de félin.

Mais le docteur est coupable, c'est sûr : alors on a jeté des excréments sur sa voiture, mis de la colle dans sa serrure, tagué une croix gammée sur la porte de son cabinet et on a dit à ses enfants que ses parents étaient des tueurs de chats.

Au lendemain du Nouvel an, de guerre lasse, le docteur Vidouta a mis la clé sous la porte, malgré la pétition de soutien signée par beaucoup d'habitants.

A l'image de cette drôle d'histoire ça va comme un lundi ce matin dans la presse, on s'ennuie ferme.

Et on s'ennuie en suivant la campagne électorale.

Campagne marquée par le flou des programmes, comme le titre Le Monde , toujours en kiosque.

Hollande-Sarkozy, l'écart se resserre, titre ce matin Le Figaro : sondage Ifop pour le JDD hier. Intention de votre au premier tour Hollande 28, Sarkozy 26.

« Mais la campagne déçoit, écrit Michel Urvoy, dans Ouest France . Au flou de François Hollande répondent les revirements de Nicolas Sarkozy sur la TVA sociale ou la taxation des flux financiers. » « Taxe Tobin, c'est le grand bluff » titre La Tribune . « Loin d'éclairer et de mobiliser l'électorat, reprend Michel Urvoy, la campagne obscurcit l'horizon présidentiel. »

Et à l'horizon désormais on en voit 4. Car Marine le Pen reste à un niveau élevé dans les intentions de vote : 30% des électeurs n'excluraient pas de voter Le Pen. Le chiffre et le conditionnel sont à la Une de Libération ce matin.

Libé qui essaie de mesurer plus précisément ce phénomène que beaucoup avouent ne pas maîtriser : où en est Marine le Pen.

Comment l'institut Viavoice en arrive à 30% ? En totalisant ceux qui voteraient certainement ou probablement pour elle si l'élection avait lieu aujourd'hui (18%) et ceux qui n'ont pas encore arrêté leur décision (12).

D'autres données témoignent de l'ancrage de Marine le Pen dans l'opinion.

Pour 26% des personnes interrogées, elle propose de bonnes solutions pour la France.

Et même au sein de l'électorat socialiste : 20% des militants font confiance à Marine Le Pen pour exprimer les problèmes des gens.

Comme l'écrit Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain , « le jeu est de plus en plus brouillé ».

Car il faut ajouter à cela la confirmation la confirmation de la percée de François Bayrou. 12% dans le sondage d'hier.

Il ferait quoi Bayrou au pouvoir, avec qui gouvernerait-il ?

Le flou de l'archipel centriste est assez bien résumé par un dessin dans le quotidien gratuit 20 minutes . On voit Hervé Morin tout seul sur une ile, Jean Louis Borloo sur un radeau avec Rama Yade notamment et François Bayrou au en capitaine de paquebot naviguant au milieu de l’archipel avec son ancien nouvel ami Philippe Douste-Blazy.

Pour Le Parisien-Aujourd’hui en France , c'est plutôt à bâbord, à gauche, que le commandant du Modem envisage l'avenir. Le journal prête ces propos au candidat Bayrou : "Si je gagne, je gouvernerai avec le parti en tête aux législatives, probablement le PS. Si je perds, je choisirai de m'allier sur un programme clair avec un vrai contrat de gouvernement. Je pense que ce sera avec le PS."

Dans l'actualité encore, un homme qui arrête le métier décrié et difficile d'homme politique. Dominique Perben met un terme à sa carrière. L'ancien ministre ne se représentera pas aux législatives dans le Rhône. Il était élu depuis 1986. C'est à la Une du Progrès de Lyon.

Terrain vague, ce matin dans la presse : direction Haïti à présent

Car deux ans après le séisme, Haïti est toujours en partie un terrain vague. Pour Ouest France Valérie Parlan s'est rendue sur l'île en novembre. Il reste 10 millions de mètres cube de pierre et de poussière. On tombe encore parfois sur des corps ensevelis en déblayant. Depuis le séisme la moitié des gravats a été déblayée.

800 camps de réfugiés sont toujours en place. Ce chiffre est choquant. Et pourtant, un spécialiste de l'architecture d'urgence affirme que vider les camps de réfugiés à Port au Prince n'est plus la priorité. Ils sont actuellement la seule solution qui garantisse un logement aux plus pauvres. Avant le logement, la priorité, c'est la réduction des risques, le désenclavement des quartiers isolés, l'éclairage la nuit et la lutte contre l'insalubrité.

Il est un sujet d'actualité où le vague se dissipe et la menace se précise

C'est le projet nucléaire iranien.

A la Une du Herald Tribune , cette annonce venue de Téhéran : un deuxième site d'enrichissement d'uranium est quasiment opérationnel.

Le Figaro ajoute : l'Iran enrichit déjà l'uranium à un degré de pureté sans rapport avec un usage civil. C'est donc bien une bombe qu'ils préparent. Et pour le quotidien, l'Union européenne s'apprête à répliquer avec une bombe économique et diplomatique : l'embargo sur le pétrole iranien. Il pourrait être annoncé lors du sommet du 30 janvier.

De leur côté, c'est la Une du Wall Street Journal , les Etats Unis cherchent le soutient de la Chine et du Japon dans la campagne de pression et de sanctions contre l'Iran.

Autre signe de crispation, selon Atlantico : Téhéran intensifie sa censure sur Internet et prépare le lancement de son propre réseau.

Dans ce contexte une histoire fait désordre. Selon l'agence de presse Bloomberg, une société d'informatique en Israël, ennemi juré de l'Iran, aurait vendu du matériel à une compagnie danoise, qui le réexpédiait en Iran. C'est à lire dans Le Monde , toujours en kiosque. Les produits permettaient d'intercepter des courriels et sms et de surveiller l'activité sur Internet. Les autorités israéliennes assurent ne pas être au courant. Le ministère de la Défense a ouvert une enquête.

Terrain vague... Et terrain de jeu pour finir.

L'océan comme un terrain de jeu. L'Equipe revient ce matin sur la performance de l'équipage de Loïck Peyrou, le tour du monde à la voile en 45 jours. Peut-on descendre sous les 40 jours ? La réponse est un peu à l'image de l'évolution du monde. Il est question de progrès technologique, de gros sous et de changement climatique. Les deux premiers vont de pair…

Le changement climatique se joue en Antarctique. En 2002, une partie de la banquise s'est détachée. Et 10 ans plus tard, les icebergs petits se baladent encore dans l'océan. Ils ont obligé Peyron et ses hommes à lever le pied dans le grand sud pour éviter le naufrage.

Mais les morceaux sont en train de fondre comme des glaçons dans l'apéro. Et l'hiver prochain, ou celui d'après, les marins devraient pouvoir couper beaucoup plus vite et beaucoup plus au sud.

On ne sait pas s'il faut s'en réjouir. En tout cas, quelles que soient les performances des hommes, la météo dicte toujours sa loi aux navigateurs. Dans ce domaine aussi et surtout, tout est affaire de vague…

A demain !

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