Slate et the Conversation parlent de Sonia qui fait des ménages et dont l'esclavage est étouffé dans le brouhaha des gilets jaunes. La loterie de la psychiatrie publique en France, excellent dossier de Libération. Les collectionneurs de vieux ordinateurs dans 01 net. Un lac souterrain révélé, merveilleux, par l'Eveil.

On parle de Sonia ce matin... 

Et il est temps de s'intéresser à Sonia nous dit Slate, Sonia, 42 ans qui vit en Île-de-France et qui chaque jour entre 6h à 19h fait le ménage chez des particuliers, mais aussi quatre soirs par semaine jusqu'à une heure du matin dans une entreprise nichée dans une tour de verre et ces soirs-là, elle rentre chez elle à trois heures , et repart deux heures plus tard, elle perd beaucoup de temps dans les transports en commun, Sonia qui gagne moins de 600 euros et qui  le 20 de chaque mois a peur de ne pas payer son loyer et appelle ses employeurs "pour voir s'ils ne peuvent pas me faire travailler encore plus d'heures, le dimanche ou le samedi."  Sonia qui s'inquiète pour son fils aîné qui à 17 ans « décroche au lycée et travaille déjà beaucoup pour gagner de l'argent, car il voit bien qu'on galère ».

Sonia donc, dans Slate qui reprend un article déjà publié sur The Conversation, un site précieux qui rassemble des contributions d'universitaires pour éclairer nos ombres et c'est une doctorante en sociologie, Alizée Delpierre , qui a rencontré Sonia en travaillant sur la domesticité, Sonia que l'on n'entend pas dans le brouhaha des gilets jaunes et des scandales, ils prennent tant de place.   

Le Parisien comme la Provence titrent sur le match des cagnottes, celle qui était destinée au boxeur de gendarmes, celle en faveur des gendarmes lancée par le président de la région paca Renaud Muselier... Le Parisien révèle aussi que le commandant Andrieux, que l'on a vu  samedi frapper des manifestants à Toulon, avait subi il y a douze ans une véritable mutinerie quand il dirigeait le GIPN de Marseille, ses hommes avaient dénoncé un chef qu'ils décrivaient surmené, fondant en larmes et avouant des pensées suicidaire... Le Figaro fait sa une sur le grand débat et insiste pour que la limitation de vitesse à 80 km heures fasse partie des palabres. A Bourges, me dit le Berry républicain, on s'inquiète car samedi prochain, les gilets jaunes doivent y tenir un rassemblement national...   Comment, avec tout ça, penser à Sonia?    

On apprend  dans les Echos que les entreprises du CAC 40 versent des dividendes comme jamais, 57,4 milliards distribués l'an dernier mais à côté, nos journaux, s'obsèdent de la crise, et derrière la crise révèlent d'autres fractures. La Dépêche me parle d'une station-service qui se bat pour ne pas mourir dans le Gers et souffre de la baisse du diesel. La République du centre me parle des boulangeries du Loiret qui n'y arrivent plus, une sur trois serait à vendre, la concurrence est trop rude  de la grande distribution et de ses panetons précuits venus de Roumanie... Les Français quittent l'argent liquide pour la monnaie virtuelle et le sans contact, lis je dans les DNA... Mais ensuite? Aux Etats unis, des commerces refusent le liquide, raconte la croix, mais du coup excluent les plus pauvres de leurs clients,  7% des américains n'ont pas de compte en banque. Est-elle payée, Sonia, de la main à la main?    

Libération raconte la misère de la psychiatrie.

Et plus encore que la misère, ce dossier passionnant révèle, la loterie que subissent les patients de l'hôpital public... A Saint-Etienne  les nouveaux malades mentaux ne sont plus pris en charge, faute de moyens, ou alors au compte-goutte, il faut entrer en crise pour être vu aux urgences et mais aux urgences, on attache sur un brancard ces malades en attendant de pouvoir les traiter... Mais à deux pas de Saint-Etienne, à Lyon, la psychiatrie a des des projets, et on essaye, là bas, de traiter le malade  en liberté, on appelle ça la réhabilitation, car passée la crise, on ait faire tant de choses...    

Dans un journal que l'on croirait aride, 01 Net, je vois justement des rêveurs, peut-être un peu dingues à leur manière, qui collectionnent les vieux ordinateurs, fondus de prototypes de Apple ou de l'Alcyane qui fut en 1975 le premier micro ordinateur du monde et il était français, ils sont gardiens de la mémoire et donnent une poésie à la sécheresse apparente des circuits intégrés...    

On termine avec un homme qui lit.  

Qui lit 200 livres par an, et s'appelle Charles Chu et qui est Américain, c'est Slate à nouveau qui nous le présente, Monsieur Chu auxquels les livres ont donné, il l'a raconté sur le site Medium, des héros et un monde, et chacun peut y arriver, la preuve. L'américain moyen lit entre 200 et 400 mots par minute. Un essai  fait en moyenne 50.000 mots, 200 livres font dix millions de mots, il faut donc 25.000 minutes pour en venir à bout, soit 417 heures.  Pour lire 200 livres par an,  il faut passer 417 heures à lire.  Facile: l'Américain moyen passe passe 705 heures par ans  sur les réseaux sociaux!  Ainsi parlait monsieur Chu il y a deux ans sur Medium (Oui, deux ans, il était temps que Slate le traduise...). Le 31 décembre dernier, dans le New York Times, un universitaire avait calculé, de même, qu'en renonçant à leurs smartphones, ses compatriotes  pourraient faire l'amour 16.000 fois (la durée moyenne du rapport sexuel aux Amériques étant de  5,4 minutes sans les préliminaires) ou bien, ils auraient eu  le temps de lire 71 fois "A la recherche du temps perdu" de Monsieur Proust.  

Si cette manière de voir les choses manque un peu de poésie, laissez-vous aller à la douce France, et lisez dans l'Eveil de la Haute-Loire cette merveilleuse nouvelle.  "Un lac dort sous la forêt de Jorance", au Pertuis. "Au fond du Puits des Juscles, par 84 mètres de profondeur, écrit l'Eveil/ repose une eau d'une pureté rare. Un lac dont l'existence est restée secrète jusque dans la plupart des maisons en pierres de lave qui bordent les flancs du Jorance."   Et ce lac, découvert par un spéléologue il y a trente ans, était resté secret, tant la descente est périlleuse, une vingtaine de personnes savaient, jusqu'à aujourd'hui, et l'Eveil nous le montre, des photos aussi, et nous fait rêver aux mondes qui nous ont précédé, et à ces Juscles qui inspiraient des légendes destinées à empêcher les enfants de s'aventurer dans les gouffres, où dit-on, on entendait la fée Mélusine, Saint Eloi, et des chants sacrés venus de Bethleem...

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