Bonjour... Tiens... Revoilà le Missel !... Le Missel, c'est le livre de messe des catholiques... Il va bientôt, à nouveau, être en latin... C'est Benoît XVI qui vient de libéraliser l'usage de ce Missel, dit "de Saint-Pie V"... La Croix nous explique que c'est aux curés que reviendra, en premier lieu, la décision d'autoriser la célébration de la messe selon le Missel de 1962... "Ne vous inquiétez pas !", dit aux catholiques Jean-Pierre Ricard, le cardinal qui préside la Conférence des évêques de France... "Je ne crois absolument pas que le Pape revienne sur les grands acquis du Concile Vatican II"... Pour Monseigneur Ricard, ce qui motive Benoît XVI, c'est le souci de l'unité de l'Eglise... Et comme l'explique Michel Kübler, l'éditorialiste du journal La Croix, "Benoît XVI ne demande pas aux uns de brûler ce qu'ils ont adoré, aux autres d'adorer ce qu'ils ont brûlé, mais à chacun de brûler ce qui le sépare des autres"... Michel Kübler rappelle que le Pape, quand il s'appelait le cardinal Ratzinger, avait échoué, en 1988, à convaincre Monseigneur Lefebvre de ne pas rompre avec Rome... Il n'empêche... Deux éditorialistes citent Brassens pour parler de la messe en latin... Jean-Claude Roussel dans L'Union, et Gilles de Bernardi dans Le Dauphiné Libéré... Dans les années 70, au lendemain du Concile Vatican II, Brassens prophétisait le pire... Selon lui, l'Eglise catholique renonçant au latin allait signer sa propre décadence... Jean-Claude Roussel cite Brassens dans le texte : "Ils ne savent pas ce qu'ils perdent, tous ces fichus calotins... Sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde"... Une quarantaine d'années plus tard, les "fichus calotins" en question viennent donc de décider de faire machine arrière... ce qui va jeter un trouble dans la communauté catholique... notamment son aile progressiste, soucieuse de voir Rome faire un tel cadeau aux héritiers de Monseigneur Lefebvre... Autrement dit, résume Gilles de Bernardi, "le vieux Missel, prématurément rangé des sacristies, reprend du service... Si les paroissiens l'exigent, les prêtres devront officier en langue latine, et le dos tourné à l'assistance... comme avant"... De Bernardi se demande si c'est une cure d'austérité pour soigner les crises de foi... Jean-Claude Roussel rappelle que la chanson de Brassens portait le titre : "Tempête dans un bénitier"... Prémonitoire ?... En tout cas, il cite aussi Monseigneur Ricard, qui résume l'affaire d'une image : "Il va y avoir des grumeaux dans la pâte"... Il va même révolutionner le 14 Juillet... Qui ça ?... Mais Nicolas Sarkozy bien sûr !... Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, écrit que "Nicolas Sarkozy veut à ce point tourner la page de l'ancien régime qu'il a décidé d'abolir l'un des symboles régaliens les plus spectaculaires de sa fonction... La traditionnelle grâce présidentielle, celle-là même qui, jadis, épargna la guillotine aux condamnés à mort, va être décapitée... Le jour de la fête nationale ne sera plus synonyme de libérations collectives... C'est tranché... Couic... n'en parlons plus"... Tous les éditorialistes saluent cette rupture avec une survivance de la monarchie... même si l'autre éditorialiste alsacien, Patrick Fluckiger, rappelle, dans L'Alsace, que "l'amnistie était destinée à réconcilier la France après de graves déchirures... Elle a permis au XIXème siècle de surmonter le drame de la Commune de Paris, et au XXème siècle de mettre fin aux épurations de la Seconde guerre mondiale et aux séquelles de la guerre d'Algérie... Mais ces dernières années, elle ne servait, par le jeu des remises de peine, qu'à vider annuellement les prisons surpeuplées, ce qui est d'une hypocrisie extrême"... Oui mais, reprend Olivier Picard, "la détermination présidentielle n'en est pas pour autant exempte de démagogie, d'imprudence, et d'une dureté hors de propos... Peut-on vraiment aller si vite, quand les prisons françaises sont en nombre notoirement insuffisant pour accueillir tous les condamnés que la justice leur envoie ?"... Laurent Joffrin, dans Libération, note que "la France continue de soumettre ses prisonniers à une double peine, totalement contraire à l'esprit du droit... Non seulement ils sont privés de liberté, mais encore ils doivent, trop souvent, endurer des conditions de détention dignes d'un Etat archaïque et tyrannique"... Et comme le souligne Alexandre Morel, dans La Montagne, "il est clair qu'avec 12.000 détenus en surnombre, l'annonce risque de mettre le feu aux poudres... En attendant que le budget de la justice soit conforme au rang de la France en Europe et permette les mises en chantier nécessaires, il devient urgent d'accélérer les alternatives à l'incarcération, type bracelet électronique... Sinon l'été pourrait être bouillant dans les prisons", prévient encore Alexandre Morel... Dominique Garraud, dans La Charente Libre, s'inquiète lui aussi... "car la nouvelle réforme pénale actuellement en discussion, avec l'introduction de peines plancher pour les récidivistes et un durcissement de la répression contre les mineurs de 16 ans, va inéluctablement générer une inflation carcérale dans des prisons déjà surpeuplées"... Et Dominique Garraud voit mal comment Rachida Dati, la Garde des Sceaux, pourra tenir sa promesse de donner une nouvelle impulsion à une politique d'aménagement des peines et d'alternatives à la prison, sans augmenter significativement un budget de la justice qui place la France à un piteux 17ème rang européen... Alors avant de passer à l'autre chapitre Sarkozy d'aujourd'hui, où le Président s'invite à la réunion des ministres européens des Finances à Bruxelles, arrêtons-nous sur ce sondage du Parisien-Aujourd'hui en France, dont la question pourrait se résumer ainsi : "Est-ce que Sarko, c'est trop ?"... autrement dit : est-ce qu'il intervient trop ?... pas assez ?... ou ni trop, ni pas assez, sur la scène politique française ?... Eh bien, les Français ne sont pas choqués... 52% estiment que le chef de l'Etat est dans son rôle... Evidemment, les sympathisants de gauche estiment, à 49%, qu'il en fait trop... Mais ce n'est l'avis que de 31% de l'ensemble des Français... Il y a quand même 10% des personnes interrogées par l'Institut CSA qui pensent qu'il n'en fait pas assez... Mais là, il faudrait sans doute que les journées soient plus longues... Comme dit Gaëtan de Capèle dans Le Figaro, "le chef de l'Etat est partout, s'occupe de tout, arbitre tout"... Ce que l'éditorialiste appelle "le style décoiffant de la Présidence Sarkozy"... En tout cas, c'est du jamais vu, dans l'histoire de l'Union européenne, comme le souligne encore Le Parisien-Aujourd'hui en France... A Bruxelles, les 13 ministres des Finances de la zone euro seront 14... Nicolas Sarkozy s'est auto-invité, aux côtés de Christine Lagarde... au motif que "l'économie, la croissance, le plein-emploi, sont des sujets si importants que les chefs de gouvernement et chefs d'Etat doivent s'en préoccuper directement"... citation de Nicolas Sarkozy... "Il défend son programme à Bruxelles", nous dit Le Figaro... C'est un "devoir d'explication", selon Gaëtan de Capèle... "Il n'est pas inutile, cette fois au moins, que la France justifie au plus haut niveau la voie dans laquelle elle a choisi de s'engager... Car en annonçant tout à trac que nous repoussions à 2012 l'objectif d'équilibre budgétaire que nous promettions voilà à peine trois mois pour 2010, il va de soi que nous avons un sérieux devoir d'explication à l'égard de nos partenaires européens... lesquels, on les comprend, ont commencé à donner de la voix pour s'inquiéter de notre indiscipline"... En fait... Anne Eveno le souligne dans La Tribune... "la présence de Nicolas Sarkozy aux côtés de Christine Lagarde à l'Eurogroupe, l'atteste : l'heure est grave... Alors que la zone euro connaît une phase de croissance, Paris choisit de manquer à ses engagements sur le redressement de ses finances publiques"... La France se retrouve ainsi à l'une des dernières places en Europe... Et Dominique Seux, dans Les Echos, enfonce le clou... "La nouveauté est que ni Bruxelles, ni ses principaux partenaires, comme l'Allemagne, ne sont enclins à entendre les arguments français... La France est depuis trop longtemps hors des clous pour être crédible auprès de ses partenaires"... "Dans ces conditions, la candidature d'un Français, en l'occurrence Dominique Strauss-Kahn, à la direction du Fonds Monétaire International, ne va pas de soi", note Frank de Bondt dans Sud-Ouest... "C'est le soutien des Européens, auxquels le poste revient, que cherchera aujourd'hui le chef de l'Etat à Bruxelles... Sa meilleure carte, c'est la qualité du candidat qu'il propose... Dominique Strauss-Kahn a été l'un des meilleurs ministres des Finances de ces 50 dernières années... Sa compétence est reconnue, affirme l'éditorialiste de Sud-Ouest... Et contrairement au Président de la République, il ne s'est jamais mis à dos le voisinage... L'option DSK était, pour Nicolas Sarkozy, la seule jouable, et politiquement la plus profitable"... Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, définit ainsi ce qu'il appelle "la Blitzkrieg sarkozyenne"... "Récupérer les meilleures compétences, où qu'elles se trouvent, et sans états d'âme... quitte à irriter certains de son camp"... Même chose pour le PS, si l'on en croit Pierre Taribo dans L'Est Républicain... "Avant de soupçonner DSK de la moindre traîtrise, il devrait se souvenir que le FMI n'est pas un organe qui dépend du gouvernement, dont la vocation serait de servir Nicolas Sarkozy... Pour autant, ajoute Pierre Taribo, l'arme qu'utilise Super-Sarko pour assommer la gauche est à double tranchant... En effet, ne vaut-il pas mieux, pour DSK, prendre de la hauteur, acquérir une stature internationale, avant de revenir plus tard dans le jeu, grandi par cette expérience ?... Après tout, se demande Pierre Taribo, pourquoi ne deviendrait-il pas un Delors avec des ambitions présidentielles ?... Là, on a le temps d'en reparler"... Notez encore que Ségolène Royal est à Ajaccio avec sa fille Clémence... La photo de "la détente corse pour Ségolène" est à la Une de toutes les éditions de Nice Matin... Et dans Le Progrès, Francis Brochet note qu'hier soir, à la télévision, Ségolène Royal confiait sentir intimement qu'elle peut encore devenir Présidente... Alors vous l'avez deviné, s'écrie Francis Brochet : "Sarko et Ségo : ce n'est pas fini"...

Denis ASTAGNEAU

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