"Les plaines, le désert de Gobi... Le Xinjiang est un si bel endroit ! Les minorités qui vivent ensemble depuis des générations y ont construit une belle vie. Le Xinjiang, c'est la prospérité économique, la stabilité sociale. Et la stabilité est la source du bonheur. Le peuple aime la paix. Mais il est confronté à des forces ennemies, dont les yeux sont comme des poignards. La raison est simple : plus la province est belle, plus le peuple aime sa patrie, plus il soutient la politique du gouvernement, plus il s'oppose aux activités destructrices et terroristes". Joli Xinjiang que voilà... décrit dans un édito d'une agence officielle chinoise, le seul paru, d'après Courrier International ce matin. Joli Xinjiang que voilà... qui diffère bien entendu de celui vu de l'Occident. Page 6 de Libération... Abel Segretin nous montre l'envers du décor, "avec des soldats casqués, souvent très jeunes, déployés derrière leur bouclier et leur fusil d'assaut dans les rues d'Urumqi, la capitale... des soldats accusés d'être bienveillants à l'égard des Hans, l'ethnie majoritaire chinoise". "Car qui se soucie des Ouïghours aujourd'hui ? C'est vrai ça : combien pour la vie d'un Ouïghour ?"... La question est posée par Jean Leclerc du Sablon, dans les pages Débats du Figaro. "Le Bac, les obsèques de Michael Jackson : les titres de la presse, hier, parlaient d'eux-mêmes. Nos médias sont à nouveau victimes de la propagande chinoise". Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Jean-Claude Kiefer va plus loin. Il dénonce "la très sélective bonne conscience occidentale : celle qui s'est indignée de la répression chinoise au Tibet et qui a chahuté la flamme olympique. Il est vrai, dit-il, que les Ouïghours n'ont pas un souriant Dalaï Lama pour les défendre. Les mouvements de résistance ouïghours figurent même sur la liste des terroristes de l'ONU". "Pourtant, reprend Jean Leclerc du Sablon dans Le Figaro, les Ouïghours ne sont pas animés d'un nationalisme aussi virulent que les Tibétains. Ils souffrent plutôt de leur condition de victimes de ségrégations". Dans son édito, Le Monde va plus loin : "La Chine colonise le Xinjiang". En fait, conclut Jean-Claude Kiefer dans les DNA, "le destin des Ouïghours ressemble à celui des Kurdes : un peuple à forte identité, sans Etat. Et comme les Kurdes, ils suscitent la méfiance, au nom des équilibres régionaux". A lire aussi dans la presse ce matin : le G8 en Italie... On parlait à l'instant des équilibres régionaux... Eh bien, pour l'ensemble de la presse ce matin, le G8, tel qu'il existe aujourd'hui, n'est plus équilibré. "C'est même sans doute le dernier de son espèce", explique Dominique Moïsi dans Ouest-France. "Il a perdu de sa légitimité. Car la crise économique mondiale n'a fait qu'accélérer un processus : le passage de flambeau de l'histoire de l'Occident vers l'Asie. Comment traiter des problèmes majeurs du monde sans la participation de la Chine, de l'Inde ou du Brésil ? Plus que le G8, le G20 est devenu incontournable". C'est l'avis aussi de Chantal Didier, dans L'Est Répulicain, pour qui "le G8 est dépassé, car rien ne s'y décide vraiment". "Et s'il perd de son crédit, c'est à cause du poids de sa dette", écrit Isabelle Croizard dans La Tribune. "Les pays nantis vont mettre des années à se relever de la crise. Face à la débâcle du monde occidental, le monde émergent fait son chemin. Et c'est pour ça que, depuis trois mois, le Brésil, l'Inde, la Russie et la Chine mènent une croisade contre l'hégémonie du dollar". Et Dominique Quinio, de La Croix, d'ajouter : "Les huit pays les plus riches de la planète ne peuvent ignorer les bruits du monde". Et parmi les bruits qui inquiètent, il y a la montée du chômage. C'est Aude Carasco, toujours dans La Croix, qui s'en fait l'écho... "Le nombre de chômeurs dans le monde devrait connaître un pic inégalé avec 59 millions de chômeurs en plus qu'en 2007. Il faudra créer 300 millions de nouveaux emplois d'ici 2015 pour simplement intégrer les 45 millions de personnes arrivant chaque année sur le marché du travail du fait de la croissance démographique. Si les Etats ne prennent pas conscience de la dimension sociale dans leurs plans de relance actuels, la crise sociale pourrait prolonger de quatre à cinq ans la crise économique". A propos de chômage... L'Equipe et La Tribune s'intéressent à celui des rugbymen professionnels. Ne souriez pas... D'après Renaud Bourel, de L'Equipe, "rapporté à l'échelle de la politique nationale, ce chiffre ferait l'effet d'une bombe. Le rugby pro affiche plus de 30% de chômeurs supplémentaires par rapport à la saison dernière. Conséquence de la crise, le monde du rugby a dû se serrer la ceinture. Les revenus issus des sponsors sont revus à la baisse. Résultat : 60 joueurs, de dimension internationale parfois, se retrouvent sans club. Et quand ils en ont un, leurs revenus sont revus à la baisse. Certains sont passés de 10.000 à 7500 € mensuels. Un salaire énorme pour le commun des mortels, reconnaît Renaud Bourel, mais ça paraît beaucoup plus maigre par rapport à celui qui doit terminer de payer des crédits et assurer son après-carrière". Affaires de gros sous... Il y en a beaucoup dans la presse, ce matin... On pourrait s'étendre, bien sûr, sur EDF, qui veut augmenter ses tarifs de 20%. C'est à la Une de France-Soir et de L'Union. Pierre Gadonneix, le patron d'EDF, s'en explique dans Paris-Match et La Tribune : "Il s'agit d'investissements nécessaires. Si nos tarifs n'augmentent pas l'an prochain, EDF réduira ses investissements". Autre histoire de gros sous : celle révélée par Le Parisien-Aujourd'hui en France ce matin. L'Etat va débourser 700 millions d'euros pour acheter 100 millions de doses de vaccin contre la grippe A. Quatre laboratoires se partageront le pactole : le français Sanofi, l'anglais GSK, le suisse Novartis et l'américain Baxter. Je pourrais aussi vous parler des 6 milliards d'euros d'impôts en moins dont vont bénéficier les entreprises grâce à la suppression de la taxe professionnelle. C'est à la Une des Echos. Mais, pour terminer cette revue de presse, j'ai choisi une destination : Saint-Barth, dans la Mer des Caraïbes. Vous n'avez pas de maison à Saint-Barth, Dominique de Villepin ? (...) C'est dommage. Vous ne faites donc pas partie des personnes les plus "hype" du moment. Cela dit, moi non plus, rassurez-vous... Enfin, je ne sais pas si ça vous rassure... Mais, d'après Le Point, c'est là-bas que se cachent les plus riches. Ce minuscule grain de sable de 21 km² est leur refuge. Alors il n'y a pas que les milliardaires qui s'y cachent. Selon Marie Bordet et Bruno Monier-Vinard, dans la catégorie "moins fortunés, mais tout va bien pour eux", Laurence Parisot et Johnny y possèdent chacun leur maison. Et d'après les habitués, Saint-Barth est une île à copains. On y vit entre soi, sans chichis. Il paraît même que, dans l'annuaire téléphonique de Saint-Barth, à la lettre A, on peut lire "Abramovitch Roman", 11ème fortune mondiale. Certains de ces riches habitants avouent même prendre du plaisir à aller au supermarché pour acheter du yaourt. Wouawww... Et puis, ce qu'il y a de bien aussi à Saint-Barth, écrivent les journalistes du Point, c'est que, contrairement à notre Saint-Trop national, il n'y a pas l'obsession de la sécurité. On peut même oublier un sac Hermès sur la plage arrière de sa voiture, revenir cinq heures plus tard, et le retrouver... J'imagine que c'est une décapotable, la voiture... quoique... A Saint-Barth, s'il y a beaucoup d'argent, il ne faut pas que ça se voie. On ne roule pas en Porsche, mais plutôt en BMW mini et en voiture électrique. Et bien souvent, celui qui est le plus riche, c'est celui qui est le plus mal fagoté. Vu comment je suis fagotée ce matin, on pourrait croire que je suis très riche. Mais ce n'est pas le cas. Bonne journée...

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