Football j'oublie tout

L'Equipe de France de foot pourrait entrer dans l'histoire, demain soir en finale de l'Euro alors... oubliés, pour un temps, le terrorisme, le chômage, la crise... à en croire Yves Thréard dans le Figaro "la grisaille quotidienne est mise entre parenthèse par l'épopée des bleus" de Didier Deschamps... "Les occasions sont trop rares de célébrer ensemble notre fierté Bleu-Blanc-Rouge pour ne pas en profiter".
A ce compte-là, le sélectionneur Didier Deschamps, requalifié en "gourou magnifique" par Le Figaro, est presque obligé de s'excuser que ses joueurs "n'aient pas avoir le pouvoir de régler tous les problèmes des français" Avant de reconnaître que cette Equipe de France a "le privilège de nous faire oublier le temps d'un match tous nos soucis [...]" Merci donc gourou Deschamps, Merci aussi à Laurent Joffrin, dans Libération, pour qui cette fière équipe de France qui a battu l'Allemagne jeudi est un symbole "de l'attente, de l'espoir, de l'utopie d'un peuple, ce fantasme collectif qui voudrait voir renaître une nation unie, sympathique et conquérante" "Ces Bleus-là sont loin de la mythologie Black-blanc-Beur, ils sont multiculturels sans y penser", se félicite ensuite Laurent Joffrin.
Il y a Griezmann, le "gendre idéal qui "rassure les français de souche" et puis il y les autres, ceux dont on nous explique que leur origine, africaine, marocaine, réunionnaise, "disparaît dans le melting-pot de la gagne" Le multiculturalisme sans y penser... ce n'est pas pour tout de suite à Libération.

Pendant que la France flotte sur son petit nuage, les Etats-Unis sont replongés au plus profond de leur fracture raciale.
Dans Le Monde du week-end, le cahier "Idées" fait un retour sur deux vidéos qui ont bouleversé l'Amérique cette semaine... et qui ne sont sans doute pas pour rien dans la tuerie de Dallas, 5 policiers blancs abattus par un tireur isolé. Ces vidéos, on les trouve sur Facebook, et elles montrent la mort de deux jeunes afro-américains, tués par des officiers de police. Des images tournées et diffusées en direct par des témoins, en l'occurrence même à Minnesota par la compagne de la victime. 
Ces images, elles ont alimenté la colère de dizaines de milliers d'américains. Impossible d'imaginer que le tireur de Dallas ne les avait pas vues et revues, avant de passer à l'acte jeudi soir. Et ces images, nous dit le Monde, posent un vrai problème à Facebook : le site et son service de vidéo en direct interdisent normalement la publication de vidéos violentes ou dégradantes : mais quand le géant du net a retiré celle sur la mort de Philando Castile dans le Minnesota, il a été accusé de censure et a dû la re-publier. Ces images, en fait, sont une arme juridique juridique pour les associations qui dénoncent les violences raciales commises par la police américaine - ou un moyen de combattre l'impunité dont bénéficient les agents de police quand, la plupart du temps, il n'y a pas de preuve pour les faire condamner. 
La vidéo qui montre un policier vider son chargeur sur Alton Sterling, à Bâton-Rouge en Louisiane, a été filmée par un membre de l'association "Stop the Killing" venu sur les lieux de l'interpellation au cas où elle tourne mal : et elle a mal tourné.
Ces vidéos ont été relayées des millions de fois : elles sont forcément arrivées sur le mur Facebook de Micah Johnson : ce réserviste de l'armée américaine, 25 ans, vétéran d'Afghanistan, a donc décidé jeudi de se cacher à la fenêtre d'un immeuble de Dallas et d'abattre, les uns après les autres, des policiers blancs.

Le New York Times nous apprend que le jeune homme avait récemment "liké" les comptes Facebook des associations de défense des afro-américains, le Black Power, le New Black Panther Party.

A lire également dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, cette interview de l'historien Paul Schor, qui estime que cette embuscade de Dallas "va forcément discréditer les mouvements antiracistes. Le message consistant à dire que les policiers assassinent les Noirs va être inaudible pendant un moment"... comme s'il était impossible d'imaginer qu'on puisse faire la part des choses.

Il va bientôt falloir installer un plafond de verre au 10 Downing Street

Dans les prochaines semaines une femme va remplacer David Cameron au poste de Premier ministre :  le Parti conservateur devra choisir entre les deux dernières candidats encore en lice, et ce sont des candidats Thérésa May et Andrea Leadsom. Forcément les comparaisons avec Margaret Thatcher sont déjà de sortie... et les prétendantes elles-mêmes ont du mal à s'extraire des clichés sexistes. Andréa Laedsom par exemple, glisse dans une interview au Times qu'elle a des enfants, que c'est sans conteste un plus, pour diriger le pays : et surtout... que ce n'est pas le cas de Thérésa May. La femme politique devrait donc forcément sacrifier au modèle de la maman ? Pour Leadsom, ça tombe sous le sens: avoir des enfants lui donne des "véritables enjeux" pour s'impliquer dans l'avenir de la Grande-Bretagne à l'inverse donc de sa rivale qui, dit-elle, doit "être (forcément) vraiment triste" de ne pas avoir enfanté. On rappellera, elle le fait-elle même d'ailleurs dans la plupart des interview qu'elle donne, qu'Andrea Leadsom est une fervente opposante au mariage homosexuel, parce que je la cite "ça fait du mal à de très nombreux chrétiens". Voilà au moins un sujet qui la réconcilie avec Thérésa May; on le rappelle, l'une de ces deux nouvelles "dame de fer"... sera bientôt à la tête du Royaume-Uni.

Pacification

La Vie qui bat en brèche une idée reçue : Non, le monde dans lequel nous vivons n'est pas plus violent que par le passé. Toutes les statistiques sur la mortalité dans le monde, et les actes de violences, sont à leur plus bas niveau. Jamais nos mœurs n'ont été aussi pacifiées. Alors où est l'illusion d'optique? Dans les médias, en partie : télévisions et réseaux sociaux. On subit beaucoup plus d'images, d'informations sur les horreurs du monde, alors qu'avant il y en avait plus, et des bien pire mais au moins on ne les voyait pas! Le sociologue Laurent Mucchieli soulève un paradoxe: nous y sommes plus exposés... et pourtant, nous supportons de plus en plus mal cette violence. "Ce n'est pas la société qui est plus violente, c'est nous qui sommes plus faibles parce que nous sommes plus seuls, éloignés des réseaux traditionnels de solidarité", analyse le chercheur " Le sentiment d'insécurité est d'avantage un sentiment de vulnérabilité".

Trécon

Aujourd'hui en France  évoque l'existence du village de Trécon... c'est dans la Marne, 76 âmes et une église... Trécon, qui devrait recevoir un bel accueil ce week-end pour son entrée dans le G.C.N.B., le groupement des communes au nom burlesque... je sais, c'est pas "trémalin", mais en tous cas si sur la route des vacances vous voulez allez faire un tour à Trécon, c'est facile, c'est juste à côté de Bergère-les-Vertus.

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