La revue de presse du dimanche 9 juillet, par Frédéric Pommier.

Un homme face à un animal : qui est le plus rapide ? Un homme face à un animal : qui est donc le plus fort ? Bien sûr, me direz-vous, tout dépend de l’animal. Et tout dépend de l’homme, aussi.

Voilà qui rend très intrigante la compétition inédite qui sera diffusée en France le 30 juillet prochain : le nageur Michael Phelps, sportif le plus médaillé de l’histoire des Jeux Olympiques – Michael Phelps va faire la course contre un grand requin blanc !

C’est pour un épisode d’une émission de la chaîne Discovery Channel, émission dont la bande-annonce évoque « un événement tout simplement monumental, un combat que personne n’a tenté auparavant ». Les règles du duel n’ont pas été précisées, mais on sait cependant qu’un requin peut nager à près de 40 km/h – loin, très loin des 10 km/h dont s’approche l’Américain à sa vitesse maximale.

Un nageur, un requin : ça semble un peu dingue, dit comme ça, mais comme nous le rappelle le magazine SOCIETY, ce n’est pas la première fois qu’un sportif défie un animal.

La boxe contre les ours

C’est ainsi que dans les années 30, époque où l’opinion publique se moquait totalement de la cause animale, une mode étrange traversa les Etats-Unis : la boxe contre les ours. Le premier combat filmé se tint à New-York en 1938, et il vit Gus Waldorf, boxeur de petite taille, se faire envoyer au tapis par un ours brun, muselé et ganté.

« On aurait dit que l’ours ne s’amusait même pas », écrira le lendemain un journaliste dans le NEW YORK TIMES. Ben non, il ne s’amusait pas, mais faut dire que les bêtes utilisées alors pour ces combats ridicules étaient bien souvent maltraitées voire mutilées.

Quelques années plus tard, un autre homme, d’autres animaux : le sprinteur Jesse Owens, à l’époque totalement ruiné, entame autour du monde une tournée de gala. Sa spécialité : la course contre des chevaux. Et souvent, il gagnait ! Mais, par la suite, il confiera que les organisateurs choisissaient de l’avantager : le coup de départ était tiré à proximité des canassons, ce qui avait pour effet de les faire paniquer, donc de les retarder.

Un homme, un cheval. Un homme, un ours. Un homme, un requin blanc. Et, ce dimanche, des hommes vont affronter successivement une biche et un chat !

Et cette fois, ce sont des cyclistes – les coureurs du Tour de France – 9ème étape avec une arrivée à Chambéry. C’est Clément Guillou qui nous décrit la course dans les colonnes du MONDE. « Le mont du chat, toutes griffes dehors. » Christopher Froome l’appelle affectueusement « mon chat », mais le sommet jurassien est considéré comme l’un des plus difficiles de France.

Près de 9 kilomètres avec une pente moyenne de plus de 10% qui vous lacèrent les cuisses. Sachant qu’avant même le début de l’ascension, « on est déjà usé », raconte le grimpeur Pierre Latour : « Ensuite, on monte en force et ça fait mal aux genoux – c’est un col tellement dur que t’es à bloc dedans même en montant tranquille. » Raison pour laquelle peu de cyclistes s’y risquent hors des compétitions. D’autant qu’en plus de la pente, il y a ce soleil qui tape l’après-midi, malgré les arbres bordant la route, et puis il y a cette descente rapide et sinueuse vers le lac du Bourget. Une descente assez dangereuse.

Avant le mont du chat, deux autres cols sont à franchir : le Grand Colombier et le col de la Biche

Des colombes, une biche, un chat qui pourraient, dit-on, faire très mal et porter de fatals coups de griffes au classement général. Confirmation de Romain Bardet, à la 7ème place ce matin : « Le mont du chat pourrait sceller le sort de nombreux coureurs. La moindre défaillance, dit-il, aura des conséquences en temps sans doute irrattrapables. »

Cela dit, c’est un autre cycliste français qui fait la Une ce dimanche : Lilian Calmejane, 24 ans, premier tour et première victoire d’étape hier à la station des Rousses. « Calmejane, quel panache ! », s’enflamme LA PROVENCE. « Le coup d’éclat de Calmejane », titre LA NOUVELLE REPUBLIQUE, tandis que L’UNION évoque « un joli tour... de force ».

D’autres tours et d’autres histoires à lire sur le sujet dans la très belle revue L’ALPE. Même si la Grande Boucle vous ennuie, je vous conseille ce numéro, totalement dédié à la bicyclette. « Le vélo, petite reine de la montagne ». Le vélo, inventé il y a tout juste 200 ans, et qui fut notamment facteur d’intégration des immigrés italiens. C’était durant la première moitié du XXème siècle. A l’époque, on scandait les noms de Bottechia, de Binda, de Garin sur les routes de France. Et ces hommes, grâce au vélo, ont fait la fierté de leur communauté d’origine !

De la fierté, c’est aussi ce que ressentent les nouvelles députées dont les journaux nous dressent le portrait ce matin

Portrait de deux nouvelles députées de La République en Marche. Portrait d’Aude Bono-Vandorme dans LE PARISIEN DIMANCHE. Mère de cinq enfants, élégante, 54 ans, femme de militaire. Jusqu’alors, elle était prof de mécanique des fluides en école d’ingénieur et elle raconte la bonne entente régnant entre les parlementaires débutant : « On se serre les coudes, on se donne des conseils, on se dit ce qu’on a compris. » Mais elle a vite compris qu’au Palais-Bourbon, les couloirs sont semés d’ambitieux, « comme dans une classe », dit-elle...

Autre portrait, autre enseignante dans LE JOURNAL DU DIMANCHE

Murielle Robert, 55 ans, maitresse dans un village de l’Aude. Elle, souligne l’hebdomadaire, elle n’a franchement pas l’allure d’une parlementaire, mais elle ne s’en porte que mieux. « J’ai qu’à aller m’acheter une tenue à 2000 euros, des talons aiguilles et prendre tout le monde de haut, et là je ressemblerai à une députée ! » Mais non, elle n’a pas l’intention de changer de look. Et de changer de mission la bouleverse un petit peu. La gorge serrée, elle évoque son école : _« Mes élèves me disaient : ‘Maîtresse, tu es belle ce matin !’ Qui va me dire ça maintenant ? » _Sans doute pas ses nouveaux collègues.

La politique n’est pas vraiment le lieu des compliments

La preuve avec cette petite flèche décochée par Marine Le Pen à Florian Philippot. Ce dernier, Philippot, il y a quelques jours, avait confié à l’AFP : « J’attends que Marine redevienne elle-même, elle a besoin de vacances. » Réponse de la bergère au berger : « C’est sûr que lui n’a pas besoin d’en prendre, des vacances. Ses vacances, il les a prises pendant la campagne des législatives. » Bonne ambiance au Front National !

Gérald Darmanin à la Une du JDD

Un autre homme politique fait la Une ce matin, le ministre de l’Action et des comptes publics.« Oui, les impôts vont baisser », assure-t-il à l’hebdomadaire, précisant que cette baisse se fera avant tout grâce aux économies que compte réaliser le gouvernement – « Moins de dépenses publiques, c’est moins d’impôts », dit-il, évoquant une baisse d’un point du prélèvement obligatoire sur cinq ans.

Cela étant, la mesure phare de 2018 reste inchangée : augmentation de la CSG au 1er janvier – une hausse d’1,7 point. Principaux perdants, selon les calculs du journal : les travailleurs indépendants, les retraités et les fonctionnaires. En revanche, grâce à la suppression des cotisations chômage et maladie, les salariés devraient y gagner un peu : pour un smicard, le gain est estimé à 264 euros sur l’ensemble de l’année.

Exclusion

Dans LE PARISIEN DIMANCHE, on apprend par ailleurs que le Premier ministre Edouard Philippe a reçu sa convocation d’exclusion du parti Les Républicains, tout comme Gérald Darmanin et le député Thierry Solère, initiateur du groupe des « constructifs » à l’Assemblée. « Je ne sais pas si je m’y rendrai », indique-t-il en précisant qu’il « veut en finir avec les postures partisanes, mais sans pour autant donner un chèque en blanc au gouvernement ».

Quant à Valérie Pécresse, elle annonce, dans le JDD, le lancement de son propre mouvement – « Libres » - avec un ‘S’, et puis un point d’exclamation – mouvement pour incarner, dit-elle, « une droite authentique – ni soumise à Macron, ni poreuse avec le FN » - et là, c’est une pique à l’adresse de Laurent Wauquiez. Elle laisse par ailleurs entendre qu’elle ne sera pas candidate à la direction de LR. Elle refuse de participer à « la guerre des chefs ».

35 lieux sauvages à couper le souffle

Nettement plus dépaysant pour finir. « 35 lieux sauvages à couper le souffle » : c'est le dossier à la Une de ÇA M’INTÉRESSE et c'est vraiment intéressant. Des sites où aller se baigner à l'abri des regards ; dans un lac de cratère ou bien à l'ombre d'un château. Le mensuel s'arrête par ailleurs sur les origines du tourisme, un mot qui nous vient d'une pratique apparue dès le XVIIIème siècle.

Dans les familles de la haute société européenne, il était de bon ton, une fois ses études terminées, de partir plusieurs années sur les routes pour un voyage initiatique, voyage qu'on appelait « le Grand Tour », et qui était donc bien davantage qu’un Tour de France.

Enfin, pour déconnecter, on peut aussi se plonger dans la lecture de la revue L’ÉLÉPHANT. C'est de la culture générale, et dans son numéro d'été, vous pourrez notamment parfaire vos connaissances sur les grands opéras et sur l'histoire mouvementée de la Bande Dessinée, laquelle, à l'origine, n'était pas du tout destinée aux enfants. C’est très chouette, la revue L’ÉLÉPHANT. Cela dit, je me permets ce conseil : ne tentez jamais de faire la course avec un éléphant !

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